Exposition Universelle de Paris 1867

Agriculture, Industrie et Beaux-Arts

1er Avril 1867 - 3 Novembre 1867


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Espagne

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L’exposition espagnole est une des mieux organisées dans toutes ses parties : un goût parfait a présidé à toutes les installations.

Barcelone, la ville la plus industrieuse de l’Espagne, a envoyé des machines à vapeur aussi bien exécutées que celles des pays les plus réputés pour le travail du fer, et, en outre, une chose fort originale, un gigantesque miroir d’acier, de plusieurs mètres de superficie, soutenu par un Hercule coulé en fonte. Celte glace de cyclopes fera bonne figure dans la salle des gardes d’un château seigneurial.

La direction générale des travaux publics a exposé une série de modèles non moins remarquables que ceux de notre École des Ponts et Chaussées, dont nous avons parlé longuement, il y a quelque temps.

Il y avait en Espagne, au commencement de l’année, plus de 5000 kilomètres de chemins de fer en exploitation; en outre, 2000 étaient concédés, 3000 à l’étude. Il n’existait pas dans cette contrée un seul kilomètre de voies de fer il y a vingt ans, et la rapidité de la construction est d’autant plus remarquable que presque toutes ces lignes ont été exécutées en pleines montagnes. Voici un fait qui donnera une idée des difficultés qu’il a fallu vaincre. Sur la ligne de Cordoue à Malaga, on fut arrêté, en perçant un tunnel, par un abîme qui séparait la montagne en deux et sur lequel il fallut jeter un pont. Quoique la crevasse s’élevât jusqu’à la cime, on ignorait son existence, car il est impossible d’escalader la montagne sous laquelle on perçait le tunnel.

Le modèle le plus intéressant se rapportant à ce genre de travaux est celui d’un pont provisoire en bois, long de plus de 300 mètres, construit en vingt jours, et qui fait encore bon service. Il ne faudrait pas pourtant s’y fier trop longtemps.

Les modèles de phares sont nombreux et soignés. Le phare en fer de l’embouchure de l’Ebre est un remarquable spécimen de ce nouveau genre de constructions; il faut encore noter un très-pittoresque fanal des côtes de Majorque, construit sur une voûte naturelle de rochers, et surtout le phare du cap Palos : l’édifice est un monument, le modèle est une œuvre d’art.

Nous terminerons en citant le canal d’Isabelle II, qui amène de 19 lieues les eaux potables nécessaires à la consommation de Madrid. Les réservoirs de cet aqueduc auront une capacité totale de 236000 mètres cubes; comme point de comparaison, on peut se rap peler que les fameux réservoirs à deux étages, de Ménilmontant ne peuvent contenir plus de 131 000 mètres cubes d’eau.

©L'Exposition Universelle de 1867 Illustrée