Exposition Universelle de Paris 1867

Agriculture, Industrie et Beaux-Arts

1er Avril 1867 - 3 Novembre 1867


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Fontaine de la Dhuys

Fontaine de la Dhuys à l'exposition de Paris 1867

Ceux qui boivent l’eau de la Dhuys au Champ de Mars ne se doutent guère de ce qu’elle coûte aux Parisiens. Paris est un être fort altéré; il a plus besoin d’eau que toutes les capitales, et il en a moins qu’aucune, moins que Londres, moins que Vienne, moins que New-York et moins que Rome, toutes proportions gardées. Le régime auquel M. Haussmann a mis Paris n’est certes pas fait pour ménager ses réserves. Le macadam insatiable ne laisse pas un instant de répitau canal de l’Ourcq, chargé de l’alimenter. Les besoins d’arrosage sont devenus tellement incessants qu’il faut même arroser quand il pleut. Et les squares ? Je ne chiffrerai pas les milliers de mètres cubes que leur entretien exige. Entre temps il faut encore trouver assez d’eau pour entraîner les détritus qui s’amassent dans les canaux souterrains.

La Seine ne peut fournir même assez d’eau potable; et si on lui faisait plus d’emprunts en amont, le cours en aval deviendrait une véritable décharge de vidange.

Il a donc fallu implorer les naïades voisines et lointaines au secours de la Capitale altérée. La Dhuys n’a pas donné tout ce qu’on lui demandait, et l’a fait payer plus cher qu’on n’avait prévu. Après la Dhuys trop avare, il a fallu recourir à la Somme-Soude. Cela ne suffira pas encore; et l’on songe déjà à implorer une déesse plus puissante, — la Loire. Les travaux exécutés et ceux qu’on prépare exigent d’autant plus de dépenses qu’ils sont ou seront plus admirables. Mais que faire? «Une goutte d’eau dans le désert, dit l’Arabe, vaut un diamant. »

Donc, que les visiteurs du Champ de Mars se désaltèrent à la fontaine de la Dhuys : mais... qu’ils nous en laissent quelques gouttes pour la soif ! Nous en avons si peu, et elle nous coûte si cher !

©L'Exposition Universelle de 1867 Illustrée