Exposition Universelle de Paris 1867

Agriculture, Industrie et Beaux-Arts

1er Avril 1867 - 3 Novembre 1867


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Amérique

Amérique à l'exposition de Paris 1867

Frère Jonathan après Jean Taureau, son aîné. Nous ne quittons pas les Anglo-Saxons. Toujours même esprit inventif avec plus de hardiesse.

Le mouvement est donné à toute la section par une fort belle machine française de Flaud, à deux cylindres inclinés. Elle n’a obtenu qu’une médaille d'argent; c’est bien peu.

La machine américaine de Corliss qui fonctionne à côté a été mieux partagée. Elle méritait d’ailleurs la médaille d’or quelle a reçue, par la nouveauté et l’excellence du système d’introduction et d’échappement de la vapeur. Ce système consiste à remplacer le tiroir par des robinets dont la manœuvre est beaucoup plus prompte.

Les Américains, gens graves et pratiques, sont fort ennemis du clinquant, mais ils font une exception pour leurs machines qu’ils décorent comme des bijoux. La machine Corliss est argentée et dorée sur toutes les faces.

Nous avons constaté une tendance à employer les machines à pression d’eau; nous pouvons également remarquer que les machines à vapeur rotatives sont nombreuses à l’Exposition. L’Angleterre a les machines de Thompson et de Hill, l’Amérique celle de Behrens. Elles sont fondées sur ce principe : au lieu de donner par la vapeur à un piston un mouvement de va-et-vient (transformé en mouvement circulaire, par l’intermédiaire d’une bielle), produire directement le mouvement rotatoire du piston sur son axe, ce qui évite les points morts, n’ébranle pas le bâtiment où se trouve la machine, comme le fait la course du piston, et supprime la destruction de force acquise qui a lieu à chaque renversement dans le sens du glissement du piston. Il y a longtemps que l’on cherche à construire des machines de ce genre, mais ce n’est guère que cette année que l’on semble y avoir réussi.

Les machines-outils américaines sont bien ingénieuses. Remarquez ces machines qui font des machines, par exemple cet outil à fabriquer les cardes, c’est-à-dire des courroies hérissées de pointes de fer, des espèces de brosses, qui peignent le coton. Cette petite machine coupe et loge à la minute trois cents pointes de fer dans le cuir.

D’un autre côté c’est une machine qui taille le bois avec tant de précision et de vitesse qu’en quatre mouvements vous avez une boîte solide, presque une ébauche de meuble. Ailleurs une miniature de machine à vapeur oscillante, grande comme un chapeau d’homme, élève 4000 litres d’eau par minute à l’aide d’une pompe centrifuge.

Réduit par l’abondance des sujets à l’emploi du style télégraphique, nous ne savons plus que citer. Un mot encore sur le tunnel, creusé sous le lac Michigan, pour l’alimentation de la ville; ce canal souterrain va recueillir à trois kilomètres et demi de la rive, de l'eau pure, et non mélangée de sable comme elle l’est près du bord.

©L'Exposition Universelle de 1867 Illustrée