Exposition Universelle de Paris 1867

Agriculture, Industrie et Beaux-Arts

1er Avril 1867 - 3 Novembre 1867


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Jardin central vu de l’intérieur du Palais

Jardin central vu de l’intérieur du Palais à l'exposition de Paris 1867

Nous avons donné ou nous donnerons successivement les différents aspects tant du Palais que du Parc, afin que nos lecteurs puissent recomposer tout le monument du Champ de Mars dès qu’il aura disparu.

Lorsqu’on pénètre dans le Palais et qu’on arrive à la latitude de la galerie des Beaux-Arts, on a devant soi la vue du Jardin central telle qu’elle est figurée dans notre dessin d’aujourd’hui. Cette vue est prise par la rue d’Alsace, mais on arriverait par toute autre voie rayonnante, que l’aspect serait, à peu de chose près, le même. Comme le Jardin central est très-étroit relativement à sa longueur, il n’y a que les voies diamétrales du grand et du petit axe qui s’ouvrent directement sur le pavillon des monnaies, qui foi me le milieu exact du Jardin central. Par toutes les autres voies rayonnantes, on ne découvre en arrivant que l’une ou l’autre moitié du Jardin central, qui sont absolument semblables. Un peuple de statues, dont quelques-unes remarquables — nous vous en parlerons une autre fois —en occupe les bords et l’allée médiane. Des rosiers sont plantés entre les socles. Une double guirlande de fleurs en plate-bande forme ceinture. Un jet d’eau jaillit au milieu du double massif.

L’arcade par laquelle on aperçoit ces massifs et la marquise extérieure du côté opposé du point par lequel nous accédons au Jardin, celte arcade, dis-je, est ornée de tapisseries des Gobelins relevées par des embrasses.

On a déjà entretenu nos lecteurs des dessins archéologiques qui tapissent les parois de la marquise : nous parlerons une autre fois, je le répète, des statues prodiguées dans les contre-allées'. Parlons aujourd’hui du Jardin même.

Ce n’est pas là le jardin que nous avions rêvé. A la place de rosiers étiques, de bassins lilliputiens, et de plates-bandes en miniature, il avait d’abord été question de transporter des arbres à feuillage ornemental, des arbustes à fleurs et des plantes à grande flèche, de creuser entre une chaussée centrale deux grands bassins qu’on aurait traversés sur des ponts pour aller d’un côté à l’autre du Jardin, et d’où se seraient élancés de grands jets d’eau.
Mais, avec le retard qu’on avait mis dans les installations du Palais, il eût été impossible de transporter jusqu’au Jardin central les arbres destinés à son ornementation. Et voilà comment le Jardin réservé a profité de ce qui manque au Jardin central. Le pavillon des monnaies, qu’on aurait aussi bien pu placer dans le Parc ou sous la grande galerie des machines, a remplacé la grande chaussée transversale projetée, et dont le milieu aurait été occupé par un orchestre.

Le Pavillon des monnaies est très-ingénieusement installé, mais il manque d’élégance, et il coupe désagréablement en deux la vue du Jardin, qui, malgré cela, est fort agréable en détail.

Il avait été question également de couvrir tout le Jardin par un immense vélum : cela eût été facile, vu le peu de largeur du Jardin et je ne sais pourquoi on a renoncé à ce projet: le repliage du vélum aurait été pour 1er visiteurs une distraction de tous les soirs.

Mais on n’a pu tout faire, et il fallait rigoureusement calculer les dépenses.

Les merveilles réalisées font largement compensation d’ailleurs aux merveilles promises.

©L'Exposition Universelle de 1867 Illustrée