Exposition Universelle de Paris 1867

Agriculture, Industrie et Beaux-Arts

1er Avril 1867 - 3 Novembre 1867


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Classe 91 - Poteries à bon marché

Classe 91 - Poteries à bon marché à l'exposition de Paris 1867

Nous avons vu, dans la classe 17, la céramique, somptueuse et parée, reçue dans les palais, servie par de nombreux et remarquables artistes. Nous la retrouvons, mais plus modeste, dans la classe 91, qui comprend les meubles, vêtements et aliments de toute espèce, distingués par les qualités utiles, unies au bon marché. Le but qu'elle se propose, c’est de garnir, aux meilleures conditions possibles, la cuisine et la salle à manger.

Ici, point de descriptions à faire ; l’argile se façonne en services de table, en lavabos, en cuvettes, en marmites, en pots, en casseroles; mais elle n’affecte point de formes ambitieuses. Elle ne connaît point les distinctions de peintures sur émail cru et de peintures après la cuisson. La beauté des produits céramiques de la classe 91 consiste principalement dans la solidité. Ils sont à leurs similaires de la classe 17 ce qu’est un robuste homme du peuple à un fils de bonne maison.

Quelques-uns, pourtant, ne sont pas exempts de recherche. Nos faïenciers, sans élever leurs prix, s’attachent à propager le bon goût, à développer le sentiment de l’élégance et du confort.

M. Utzschneider apporte dans la fabrication de ses faïences communes autant de soin que dans celles des grès artistiques, des jardinières, des plaques et cache-pots qu’on admire dans la classe 17. Son établissement, situé à Sarreguemines (Moselle), est le plus important de l’est de la France.

M. Moreau, de Paris, a trouvé des procédés ingénieux et économiques pour appliquer l’or et l’argent sur le grès. MM. Duréault, Motte et Cie, de Grigny (Rhône), ont des porcelaines opaques d’une grande blancheur, et dont la couverte translucide se distingue par sa dureté.

Un problème qui n’a pas encore été résolu complètement, c’est celui de produire, surtout à bon marché, des porcelaines et faïences allant au feu. Il est peu de ménagères qui n’aient acheté des plats qu’un prospectus présentait comme aussi réfractaires que des creusets, et qui, dès la première expérience, laissaient, en se fendant, échapper les œufs dans le-brasier. Nous ne pourrions juger qu’à l’épreuve les porcelaines et faïences allant au feu, de MM. Gosse, de Bayeux; Fermont, père et fils, de Saint-Vallier (Drôme).

Un gentilhomme tourangeau, M. le comte de Boissimon, ne croit pas déroger en exploitant avec succès une manufacture de poteries, de grès céramiques, de grès de ménage, à Langeais (Indre-et-Loire), ville dont les briques réfractaires, les carreaux mosaïques, les vases d’ornement, sont depuis longtemps estimés.

Mentionnons encore les poteries de terre deM. Faure, et de Mme veuve Brunet, à Pou-sas; de M. Chaunivert, à la Montagne, (Nièvre); de MM. Perrigault, Charpentier et fils, à Saint-Aignan (Loir-et-Cher).

M. Cher-et, modeleur à Vitry-le-Français (Marne), a entrepris de vulgariser l’art en exécutant des statuettes en terre cuite, pour lesquelles il se contente d’un prix rémunérateur modique. Nous devons rendre justice au sentiment patriotique qui lui a inspiré la défense du drapeau, l'abolition des traités de 1815, figurine allégorique; après la bataille, etc.; c’est de la vraie sculpture populaire.

Trois nations étrangères, l’Autriche, l’Italie et l’Égypte réussissent dans leurs efforts pour fabriquer à de très-bas prix les ustensiles de ménage et les poteries communes. On peut louer sans réserve celles deM. Simon Marth, à Vienne, et de M. Franz Knittl, d’Essegg, en Esclavonie. D’excellentes et solides marmites, gamelles, pots, tourtières, brocs et soupières nous viennent de Pistoie, de Lodi, d’Arezzo, d’Albisola Marina, et principalement de la province de Macerata, où sont groupées les fabriques de MM. Gaoni, Mentonelli, Santeolini, Nardi, Bianchedi et Venanzuoli. Quant aux poteries que nous envoient les habitants d’Assouan et de Kéneh, sur la rive droite du Nil, elles se distinguent par leurs teintes et leurs formes originales.

Nous aurons à revenir sur la classe 91, qui comprend des tissus, des habits, des meubles, de la verrerie, des articles de Paris, des glaces, des appareils de chauffage, des fers à repasser, des peignes, et autres objets de première utilité. C’est certainement une des classes les plus intéressantes de l’Exposition, puisqu’elle a en vue l’amélioration du bien-être des travailleurs.

©L'Exposition Universelle de 1867 Illustrée