Exposition Universelle de Paris 1867

Agriculture, Industrie et Beaux-Arts

1er Avril 1867 - 3 Novembre 1867


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Grues et Appareils de levage

Grues et Appareils de levage à l'exposition de Paris 1867

Le dessin représente un de ces puissants appareils de levage qui sont aujourd’hui employés dans les ports au déchargement des navires.

Les grues installées sur les bords de la Seine ont familiarisé les Parisiens eux-mêmes avec les machines de ce genre.
La grue ordinaire — il y en a de nombreux et de beaux spécimens dans le Parc — se compose, comme la chèvre, d’un treuil et d’une ou de plusieurs poulies. Une corde s’enroule sur le treuil, s’en détache, passe sur des poulies, descend verticalement, s’enroule sur la gorge d’une poulie mobile armée d’un crochet, puis remonte et va s’attacher à un point fixe. En outre, toute la machine peut tourner autour d'un axe vertical. Tout le monde a vu faire la manœuvre. La grue est d'abord amenée dans une position telle que la poulie mobile soit placée directement au-dessus du bateau qu’on veut décharger.

Après avoir fait descendre cette poulie, ce qui oblige la corde enroulée sur le treuil à se dérouler, on attache le fardeau au crochet et on fait tourner la treuil: la corde s’enroule de nouveau et le fardeau s’élève. Lorsque celui-ci a atteint une hauteur suffisante, on fait tourner la grue autour de son axe vertical, jusqu’à ce que le fardeau soit suspendu au-dessus du point où il doit être déposé; enfin on livre le treuil au mouvement que tend à lui imprimer la tension de la corde; le fardeau descend, et dès qu’il est convenablement appuyé soit sur le sol, soit sur la voiture qui doit servir à le transporter, on le décroche pour opérer de même sur un autre fardeau.

Les mêmes appareils sont fréquemment employés dans les ateliers où l’on a à remuer des corps très-lourds, notamment dans les établissements de construction de machines et dans les fonderies. Plusieurs grues étant disposées à cet effet, la première saisit la pièce à transporter, et l’amène dans le voisinage de la seconde, qui s’en empare à son tour pour la conduire plus loin, et ainsi de suite. On se sert également des grues pour transporter du foyer à l’enclume les grosses pièces de fer à forger, et pour les maintenir sur l’enclume pendant que les marteaux fonctionnent.

Dans l’appareil de M. Claparède, les choses soumises aux mêmes principes se passent un peu différemment. Ici la machine ne tourne pas autour d’un axe vertical, mais le treuil, susceptible d’un double mouvement dans deux directions rectangulaires, permet, comme dans les grues dont il vient d’être question, d’amener la poulie juste au-dessus du fardeau à enlever et de le conduire ensuite juste au-dessus du point où il doit être déposé.

On a pu voir sur la berge même, à deux pas de cette machine, une machine du même genre, mais mobile sur un chemin de fer, déposer sur leurs affûts les grosses pièces d’artillerie fondues à Ruelle, et qui sont maintenant placées en batterie à l’entrée du tunnel par lequel la berge communique avec le Parc.

La machine exposée par M. Claparèle est vendue à la marine de l’État. Sa force est de 40 tonnes.

©L'Exposition Universelle de 1867 Illustrée