Exposition Universelle de Paris 1867

Agriculture, Industrie et Beaux-Arts

1er Avril 1867 - 3 Novembre 1867


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Usine électro-métallurgique

Usine électro-métallurgique à l'exposition de Paris 1867

Il est difficile de tout voir dans le Parc : on y a tout disséminé en suivant les caprices d’une fantaisie artistique, précisément parce qu’on ne pouvait y appliquer, comme dans le Palais, la disposition méthodique établie par le classement.

Aussi, heureux sont les exposants qui, comme ceux dont notre gravure est le sujet, ont su attirer le regard par des juxtapositions gracieuses de statues et de plantes, entourant un édifice agréable lui-même; le visiteur s’arrête, et poussé par la curiosité, pénètre dans ces petits temples de l’industrie. C’est ce qui nous a conduit nous-même dans le pavillon contenant les produits de l’usine électro-métallurgique d’Auteuil.

Deux exposants ont ici concouru à ajouter au Parc un ornement nouveau. L’auteur du kiosque en fonte, qui abrite des statues et des bas-reliefs galvanoplastiques, est M. Barbezat, dont les expositions sont multiples, et l’industriel éminent, locataire de ce pavillon, est M. Oudry, dont le nom est bien connu et dont les expositions sont non moins multiples que celles deM. Barbezat. Nous retrouverons souvent, dans la suite de nos descriptions, cette association du contenant et du contenu ornée d’une foule de variantes.

Évidemment ce kiosque est une serre à exposition, à moins qu’il ne soit une exposition de serre, n’ayant pas trouvé sa place dans le jardin réservé. La disposition des vitrages, la façon dont la lumière est introduite, l’architecture elle-même, tout est très-bien approprié à ce double but. L’ornementation en est élégante, et si nous entrions dans le domaine des explications techniques, nous aurions tellement à dire qu’il en faudrait faire un chapitre spécial.

Forcément incomplet pour M. Barbezat comme pour M. Oudry, nous préférons donner rapidement une appréciation générale, en nous réservant d’entrer dans les détails au moment où nos dessinateurs seront à même de nous offrir la vue des objets spéciaux de la fonderie et de la galvanoplastie, qui sont les industries de ces deux exposants de mérite. Les difficultés vaincues par le fondeur, le choix des modèles artistiques qu’il exécute, la perfection apportée dans leur exécution sont autant de traités industriels dont nous ne pourrions qu’effleurer l’introduction. Quant aux travaux galvanoplastiques de M. Oudry, la hardiesse de ses procédés, la grandeur gigantesque de ses bas-reliefs, et l’idée ingénieuse qu’il a eue de blinder les vaisseaux en les soumettant à l’électricité dans un océan de sulfate de cuivre, ne sont que le sommaire d’une histoire scientifique palpitante d’intérêt, et nous invitons nos lecteurs à visiter les œuvres avant d’étudier les secrets de leur conception.

Nous reviendrons donc prochainement sur des détails un peu plus techniques au sujet des produits que renferme le pavillon électrométallurgique de M. Oudry, construit par M. Barbezat.

©L'Exposition Universelle de 1867 Illustrée