Exposition Universelle de Paris 1867

Agriculture, Industrie et Beaux-Arts

1er Avril 1867 - 3 Novembre 1867


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Trophées de métaux ouvrés

Trophées de métaux ouvrés à l'exposition de Paris 1867

Ils ont le charme de la force unie à la grâce. A droite, le fer, à gauche le cuivre rouge et le laiton.

De ce dernier côté sont deux monuments élevés par les maisons Laveissière et Letrange.

Cette dernière a construit l’édifice le plus rapproché de l’escalier. C'est un temple à quatre colonnes avec dôme et soubassement.

Les colonnes sont des tuyaux de cuivre soudés reliés en faisceau. Le fronton est une grande pièce de chaudronnerie en cuivre. Au milieu de la base, des clous en cuivre, placés de champ, dessinent un aigle aux ailes déployées, et jusqu’à la foudre qu’il tient dans ses serres. Çà et là sont distribués sur ce socle, en manière d’ornements, des clous en différentes substances: clous à ardoises, clous à doublages, clous abordages, clous à river, clous fondus, clous faits à la mécanique. Entre les colonnes repose une cuve en cuivre rouge, qui a 2m,750 de diamètre 1m,250 de profondeur, 7 millimètres d’épaisseur et qui pèse 670 kilogrammes. Des rubans d’acier, de cuivre et de zinc ornent le fronton de leurs festons. Enfin, devant l’édifice est couché un rouleau de plomb laminé, formé d’une feuille large de 2m,90, longue de 20,m20 et qui pèse 3 125 kilogrammes.

L’édifice de MM. Laveissière est une sorte de pyramide à base carrée formée par la superposition de parallélépipèdes de moins en moins larges et qui, surmontée des pavillons de tous les pays qui emploient les produits de celte maison, va presque toucher à la voûte de cette galerie.

Ces parallélépipèdes sont, comme les colonnes de M. Letrange, formés d’un assemblage de tuyaux en cuivre, mais ici les tuyaux sont sans soudure ; ils ont été étirés.

Autour de cet édifice principal, divers échantillons, groupés avec art, permettent d’apprécier les qualités propres à ce genre de tuyaux. L’un d’eux, qui pèse 120 kilogrammes, est long de 4™,55, large de 307 millimètres et épais de 2 millimètres. On en voit qui ont été, celui-ci aplati, celui-là ployé, cet autre fendu, tous à froid et par la presse hydraulique ; l’effort nécessaire pour les déformer ou pour les rompre est considérable. Pour fendre l’un, il a fallu une pression de 250 000 kilogrammes; 50 000 kilogrammes de plus ont été nécessaires pour ployer l’autre. Il y en a d’un diamètre et d’une épaisseur considérables qu’on a noués comme on noue une corde, sans y déterminer de gerçures. Notons encore des tuyaux en plomb à cinq conduites intérieures, et de magnifiques plaques tubulaires renforcées pour locomotives.

Derrière cette double exposition est celle de de MM. Estivant frères, principalement composée de tubes martelés sans soudure, et qui, à tous égards, soutient la comparaison avec celles qui viennent de nous occuper.

A droite de l’escalier, et faisant pendant au temple et à la pyramide de MM. Estivant et Laveissière, est une sorte d’arc de triomphe, édifié par les forges d’Ars-sur-Moselle. et entièrement formé de fers spéciaux. Derrière cette porte, s’appuie, le long du mur de la galerie, l’exposition de la Compagnie des forges de la Franche-Comté qui figure assez bien un autel; au milieu se dresse une plaque de tôle haute de 6m,55, large de 2 mètres et pesant 1200 kilogrammes. De chaque côté, des fers spéciaux sont placés debout. Devant ceux-ci, des paquets de fils d’acier et des spirales de ressorts à sommiers simulent des lustres. Des supports en porcelaine pour fils télégraphiques, des échantillons de fonte brisés, pour en montrer le grain brillant ; de jolis fers tordus et étamés, destinés à fournir des balanciers de pendules; des fils galvanisés, un immense assortiment de clous de toutes sortes agrémentent la construction, flanquée de gros blocs de minerais et sur laquelle courent des guirlandes de fils métalliques et de chaînes en fer.

©L'Exposition Universelle de 1867 Illustrée