Exposition Universelle de Paris 1867

Agriculture, Industrie et Beaux-Arts

1er Avril 1867 - 3 Novembre 1867


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Salle des conférences

Salle des conférences à l'exposition de Paris 1867

L’architecte qui a construit la Salle des conférences a dû laisser dans sa conception générale une large place à l’imprévu. — La science en est à ce point arrivée de nos jours qu’il faut de sa part s’attendre à tous les prodiges.

La disposition d’ensemble de l’édifice est comprise dans un style simple et sévère; le grand axe qui domine toute porte par laquelle doit avoir accès notre grande souveraine du dix-neuvième siècle, la science, laisse comprendre que là est l’asile des grandes conceptions et des grands prodiges. Deux rotondes fermées s’avancent sur la façade, semblables à deux bras tendus vers le passant pour l’inviter à pénétrer dans le temple du génie humain.

L’intérieur de la salle est orné avec goût, et symbolise les diverses gloires de la France. Des gradins sont disposés en pente douce et ménagée habilement de façon à ne gêner la vue de personne.

L’acoustique est également étudiée avec conscience.

L’éclairage qui empruntera, selon les heures, aux vitraux leur couleur chatoyante et leur effet si doux à l’œil, au gaz, au magnésium, à l’électricité, leurs engins et leurs matières premières, complétera par ses nouveautés le caractère de ce monument, véritable et dernière expression du progrès de notre époque.

La chaire du conférencier sera placée de façon à pouvoir favoriser les démonstrations faites, sur l’image projetée, et dont la place est toute prévue dans ce grand panneau qui s'étale en face du public, et qui le sépare du laboratoire destiné à préparer le mécanisme des merveilles qu’on lui expliquera.

Des dégagements sont ménagés en nombre suffisant, l’aération est très-bien comprise, et nous ne pouvons même achever cette description qu’en félicitant l’architecte, M. Allard, du talent qu’il a déployé dans cette construction, tant au point de vue architectural qu’au point de vue scientifique.

Maintenant à l’œuvre, messieurs les conférenciers, un large programme vous est tracé : le point de vue historique et le point de vue technique vous ouvrent une carrière bien belle à parcourir.

Savoir comment sont sorties du néant ces inventions qui étonnent notre imagination, connaître leurs auteurs, apprendre quels obstacles étaient amoncelés, et comment la persévérance aidée du génie a pu les renverser; apprécier ensuite l’utilité de ces mêmes découvertes et en voir jaillir sous les yeux les étincelantes déductions; voilà la noble tâche qui vous est confiée, et nous sommes assuré d’avance que vous serez à la hauteur de votre mission.

©L'Exposition Universelle de 1867 Illustrée