Exposition Universelle de Paris 1867

Agriculture, Industrie et Beaux-Arts

1er Avril 1867 - 3 Novembre 1867


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Chalet du Commissaire général

Chalet du Commissaire général à l'exposition de Paris 1867

L’habitera-t-il jamais, M. le Play, ce chalet si finement construit et découpé que la Commission Impériale a mis à sa disposition ? J’en doute, pour ma part, quoique la demeure soit bien attrayante. M. le Commissaire général, qui a eu tant de traverses et d’injustices d’opinion à surmonter, ne consentira jamais à se séparer de ses dévoués collaborateurs, de ses chefs de service, si âpres au travail, il le sait bien et nous le savons tous, Croyez-vous qu’il fût bien facile, en effet, de contenter près de 43000 exposants, sans compter les commissaires étrangers et nos fiers journalistes français, deux sortes de gens peu maniables, pour le dire en passant et sans autre intention que de faire ressortir le zèle patient et les bons offices des coadjuteurs de M. Le Play? Disons, pour en finir, pu M. le Commissaire général a mené cette immense machinerie de l’Exposition universelle de 1867 avec moins de quarante employés. Oui, voilà tout l’état-major de ce général qui a commandé la plus grande armée industrielle qu’on ait jamais vue, et qu’on verra jamais.

Je n’ai, pour ma part, ni à me louer ni à me plaindre de 31. le Play, mais il trouvera toujours en moi un homme qui lui rendra justice, parce qu’en toute circonstance je l’ai trouvé juste, ce qui commande toujours l’estime, sinon la sympathie.

Il est donc probable que le chalet de M. le Commissaire général sera plus visité qu’habité. Il sera visité, dans tous les cas; il ;en vaut la peine, ne serait-ce que comme difficultés résolues de travail mécanique appliqué aux constructions.

Cette fois, ce sont des entrepreneurs de menuiserie, MM. Huret et fils, qui ont été à la fois charpentiers et architectes. Le principe de la construction est le bois, auquel les bétons de MM. Coignet ont servi d’imbrication. Figurez-vous que, pour faire l’ossature de l’édifice, on a transporté des arbres entiers, tels qu’ils sortaient de la forêt, et qui ont été livrés successivement aux machines, engrumes, scies circulaires et sans fin, toupies, machines à raboter, à mortaiser, à découper, que sais-je encore? si bien qu’on est arrivé, sans avoir, pour ainsi dire, recours à la main de l’homme, à édifier une construction se montant et se démontant à volonté.

A quoi bon décrire ce chalet? Tout le monde peut le voir, et notre dessin le montre. Le corps principal, à deux étages, est établi sur un soubassement. A l’un des angles, s’élève un campanile à quatre étages servant d’observatoire. Le rez-de-chaussée de ce campanile communique aux diverses parties de l’habitation.

Le premier étage du corps principal est occupé par une grande salle en forme de nef, qui est censée devoir servir aux réunions de la Commission impériale, si j’en crois la grande table à tapis vert qui s’y trouve. Toutes les pièces, aussi bien que le grand salon, sont commandées par des vestibules et des galeries servant d’accès.

Ces dispositions, aussi simples que commodes, donnent à l’ensemble de la construction un aspect original et agréable à l’œil.

Le campanile, avec le pignon de la face principale, présente une ordonnance toute particulière. Dans la partie supérieure du pignon est une grande baie qui éclaire le salon du premier étage dans toute sa largeur. Le toit se prolonge en encorbellement au-dessus de la baie qu’il abrite.

Une scierie mécanique, mue par deux machines à vapeur de la force de cinquante chevaux et un personnel de cinq cents ouvriers, mettent à même MM. Huret et fils d’édifier des maisons d’habitation dans le genre du chalet de M. le Commissaire général, à des conditions de rapidité et d’économie qu’on n’avait pas abordées jusqu’ici.

Pour les aménagements intérieurs, la décoration et l’ameublement, MM. Huret et fils ont eu de nombreux collaborateurs dont nous aurons occasion de parler plus tard dans la revue des classes.

©L'Exposition Universelle de 1867 Illustrée