Exposition Universelle de Paris 1867

Agriculture, Industrie et Beaux-Arts

1er Avril 1867 - 3 Novembre 1867


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Arts chimiques

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La scène change, et c’est maintenant le matériel des arts chimiques que nous-avons devant nous. Le laboratoire d’essais, les fabriques de savons, de bougies, de caoutchouc, d’essences et vernis, de produits chimiques et de produits pharmaceutiques, les usines à gaz, les manufactures de tabac, les blanchisseries, les verreries, la tannerie et la galvanoplastie ont apporte là leurs machines, appareils et ustensiles, du moins ceux qui ne nécessitent pas l’emploi direct du feu, car quant aux autres ils ont dû par mesure de sécurité et d’hygiène être relégués soit dans le Parc sous l'abri de pavillons isolés, soit, sur la berge dans un pavillon où vous verrez à l’heure, les plus hautes températures que la science ait pu produire et l'industrie utiliser.

A droite, appuyée au mur de la galerie, vous avez l'exposition du gaz portatif, industrie intéressante qui a su se maintenir, malgré la concurrence de son puissant rival le gaz courant. Tout auprès, une vitrine qui pour la richesse vaut celle d’un orfèvre, exhibe d’admirables ustensiles en platine, entre autres deux énormes alambics, du magnésium sous forme de fils et de rubans destinés à produire par leur combustion, cette éblouissante lumière, aussi pure que le jour, qui est une des plus récentes conquêtes de la science et qui, selon toute apparence, entrera dans la pratique domestique avant la lumière électrique. A côté encore, les produits des manufactures de caoutchouc disposés en un tableau immense, vous montrent tout ce qu’on sait faire aujourd’hui, d une substance dont on a appris si récemment à tirer parti, et qui inutilisée dans notre enfance est déjà de celle.-, dont on ne saurait plus se passer.

A droite, en face par conséquent, sont exposés les appareils en terre cuite. Auprès d’eux est un ingénieux appareil de galvanoplastie qui de lui-même interrompt le courant électrique, dès que le métal déposé suites pièces en fabrication a atteint l’épaisseur et le poids qu’on veut lui donner.

Au milieu de la galerie de puissants soufflets de forge attirent notre attention par leur ronflements ; une feuille de papier approcher de leur bouche est emportée comme un projectile par le souffle qui s’en échappe : expérience souvent répétée par l’exposant. Ces cuves métalliques percées d’une multitude de petits trous et placées à l’intérieur de cuves pleines sont des essoreuses; animées d'un rapide mouvement de rotation, elles ont bientôt débarrassé de son humidité le linge mouillé qu’on place dans leur intérieur. — Cette longue machine, si elle sort de son repos, ce que j’espère, vous fera assister aux nombreuses et intéressantes opérations qui transforment le suif en cet humble et précieux produit : la chandelle. — Ceci est une machine qui sert à extraire des tournures de cuivre la limaille de fer qui s’y trouve mêlée : une simple roue verticale, au-dessus un tamis. La jante de la roue est formée d’un certain nombre d’électro-aimants, du tamis la tournure s’écoule sur la roue. Celle-ci dans son mouvement descendant abandonne la limaille de cuivre qui tombe dans un compartiment spécial et dans l’autre partie de son mouvement, se laisse dépouiller par le frottement d’une brosse plus forte que l’attraction magnétique, de la limaille de fer qui s’amasse dans un autre compartiment. Non loin de là est le matériel d’un nouveau mode de blanchiment des fils, fibres et tissus d’origine végétale et animale par les permanganates; cette industrie toute nouvelle et pleine d’avenir a pour créateurs les célébrés verriers de Metz : MM. Tessié Du Motay et Maréchal. — Vous ne pouvez manquer de vous informer de la destination de ces grands appareils en cuivre et d’un si beau poli, qui s’élèvent presque à mi-hauteur de la galerie; ils fervent a la distillation et à la rectification des alcools qu’ils permettent d’opérer sur place : ce qui est d’un grand prix pour l’industrie agricole.

En cet endroit, nous voyons, pour la première fois, la plate-forme sur laquelle nous cheminons, s’élargir pour former sur notre droite un large palier de forme carrée; ce premier palier est occupé par de grandes et belles machines de sucrerie, parmi lesquelles nous distinguons un moulin à cannes à trois cylindres, muni de son moteur et de sa transmission.

©L'Exposition Universelle de 1867 Illustrée