Exposition Universelle de Paris 1867

Agriculture, Industrie et Beaux-Arts

1er Avril 1867 - 3 Novembre 1867


Retour - Liste Pavillons

Bouquets

manque image

Dans un kiosque construit par M. Jacquemin, Mlle Lion doit exposer et vendre des bouquets de fleurs naturelles.

Je n’y vois aucun mal, mais j’imagine qu’on pourrait faire mieux.

Paris est assurément la ville d’Europe où l’on vend le plus de bouquets, et où cet aimable commerce rapporte les plus gros bénéfices. Paris est peut-être aussi, grâce au goût parisien, la ville où l’on rencontre les bouquets les mieux faits et les plus artistiques. Nice et Gênes, ces pays privilégies du ciel, nous envoient des fleurs magnifiques, mais entassées, pressées en cercles concentriques, dans un style qui violente et attriste la nature. Serrer énormément de violettes et de camelias dans un étroit espace, c’est prouver qu’on est riche et non pas qu’on a du goût. Les fleuristes de Paris, les Lachaume, les Bernard et vingt autres, font mieux; ils savent aérer leurs bouquets et leurs corbeilles de table, donner aux fleurs agglomérées un air d’aisance qui réjouit les yeux. C’est par là que nous avons une école parisienne.

J’aurais voulu que cette école pût étaler concurremment ses produits au Champ de Mars, disputer les récompenses, et instruire par l’exemple ces pauvres fleuristes des marchés, qui sont la bonne volonté même, mais qui n’ont pas fait un progrès depuis vingt ans.

Il faudrait enseigner à ces braves femmes qu’on peut faire un bouquet charmant avec la moitié des fleurs qu’elles étouffent dans un bouquet plus que médiocre.
Tout le monde v gagnerait, les marchandes d’abord, puis les consommateurs du peuple et de la petite bourgeoisie qui s’approvisionnent presque tous au marché.

©L'Exposition Universelle de 1867 Illustrée