Exposition Universelle de Paris 1867

Agriculture, Industrie et Beaux-Arts

1er Avril 1867 - 3 Novembre 1867


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Pavillon des colibris

Pavillon des colibris à l'exposition de Paris 1867

Le pavillon des Colibris est un kiosque vitré de belles et fortes glaces. La forme en paraît assez agréable, mais la coupole en verres de couleur rouge, est peut-être d’un goût trop allemand. Quant aux hôtes de cette volière, on les attend encore, et je fais (soit dit entre nous) des vœux pour qu’ils ne viennent jamais. Vous est-il jamais arrivé, en fermant une fenêtre, d’emprisonner par mégarde un oiseau du jardin ? C’est un drame qui fait mal à voir. Le pauvre petit animal se jette tête baissée dans le vitrage. Abusé par la transparence du verre, il croit se rendre libre, il se heurte et il tombe étourdi, quelquefois mort, avant que vous ayez pu lui rendre la clef des champs.

Voilà pourquoi je souhaite que les colibris attendus et promis n’arrivent pas. Les glaces de M. Chamouillet sont d’une si belle eau que l’on dirait de l’air en tranches.

Je n’ai pas la prétention d’épuiser la liste des curiosités et des beautés éparses dans l’enceinte. A quoi bon? Fussé-je complet aujourd’hui, je ne le serais plus demain. Tous les jours on achève une chose et l’on en commence une autre; ce lieu, pour emprunter une locution platonique, est dans un perpétuel devenir.
Nous n’avons encore rien dit de la galerie des fruits et des légumes, fort bien comprise par M. Tronchon, ni de la galerie de l’industrie horticole, très-ingénieusement disposée par M. Arneither;ni du diorama Meissonnier et Marville, où l’on doit vous montrer les plus belles plantes exotiques sous leur forme, leur grandeur et leur couleur naturelle : ni de la galerie des plans de jardin (moins heureuse) ; ni du joli café Gousset, un bijou. Rien de plus frais, de plus riant, de plus champêtre à la dernière mode de Paris. L’architecte, M. Hochereau, en a fait bien d’autres : le grand salon d’honneur, le pavillon de l’orchestre, le bureau de M. Barillet. Tout cela est d’un goût charmant, d’une grande légèreté et d’une dépense très-supportable.

©L'Exposition Universelle de 1867 Illustrée