Exposition Universelle de Paris 1867

Agriculture, Industrie et Beaux-Arts

1er Avril 1867 - 3 Novembre 1867


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Cascade

Cascade à l'exposition de Paris 1867

Nul n’est tenu d’aimer les cascades; et les rochers artificiels ne plaisent pas à tout le monde.

Ces réserves dûment établies, j’ose avouer mon faible pour l’eau qui tombe au milieu des rochers vrais ou faux. Ce mouvement continu et pourtant varié anime les jardins et leur donne un air de vie; la vapeur d’un ruisseau qui se pulvérisé en tombant répand dans l’air une fraîcheur visible et tangible. Et puis, connaissez-vous rien de plus doux, de plus discret et de plus harmonieux que cette chanson des petites cascades? Les chansons du théâtre moderne et ses cascades de goût douteux me charment beaucoup moins, quant à moi.

Les rochers ont été confectionnés (c’est le mot) par M. Combaz. Ils ont des formes variées, agréables et assez rustiques. On les a savamment émaillés d’arbustes verts. L’eau tombe dans un petit lac où les carpes de Fontainebleau doivent emménager la semaine prochaine. Ces bonnes vieilles s’y griseront le premier jour: elles boiront une eau fouettée par le mouvement et si richement oxygénée que des truites de torrent s’en accommoderaient.

J’ai vu des charpentiers construire un petit radeau que les Chinois déguiseront en île flottante. Si l’expérience réussit, tous les propriétaires d’étangs se donneront le luxe d’une île flottante avant six mois, et le moindre bourgeois de Rueil lancera sur sa mare une Délos de poche.

La profondeur du lac (puisqu’on l’appelle ainsi) n’est pas partout la même. Vous remarquerez vers le milieu un long banc de bitume, qui s’étend sous l’eau de bout en bout. Cet écueil sous-marin (pendant que nous y sommes) est dans l’axe de l'École militaire. Il vous représente un égout qu’il était impossible de détruire, mais que M. Barillet a rabaissé par un tour de force très-méritoire, dont personne ne lui saura gré, car le public n'en devinera rien.

©L'Exposition Universelle de 1867 Illustrée