Exposition Universelle de Paris 1867

Agriculture, Industrie et Beaux-Arts

1er Avril 1867 - 3 Novembre 1867


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Kiosque du Bosphore

Kiosque du Bosphore à l'exposition de Paris 1867

Pour être apprécié sous son vrai jour, il ne faudrait à ce pavillon élégant, copie exacte des anciennes maisons de plaisance, situées le long du Bosphore sur la côte d’Asie, que son entourage de jasmins, de sycomores ou de caroubiers en face de la mer bleue, sillonnée par des kaïcs à longues voiles. Sa décoration extérieure, dont les détails de peinture, les vitraux, les briques émaillées et les arabesques dorées excitent la curiosité générale, est un spécimen exclusif de l’art turc.

Ah ! nous, Occidentaux, qui croyons tout savoir en fait de raffinements de luxe, il nous reste beaucoup à apprendre des Orientaux, non-seulement dans l’art balnéaire, mais aussi dans l’art des décorations intérieures. Et si nous voulions écouter M. Léon Parvillée, architecte adjoint de la Commission impériale ottomane, qui nous a l’apporté de si belles choses de ses longues explorations jusqu’en Perse, il nous en apprendrait long là-dessus.

Voyez ce salon qui tient le milieu du kiosque, laissant aux coins de l’édifice quatre retraites séparées. Un large divan l’entoure, couvert de ses belles étoffes de laine frisée d’un rouge éclatant. Au centre, est un bassin qui lance de petits jets d’eau parfumés au jasmin. C’est là que le musulman contemplatif fait le kief, laissant passer les heures en fumant le chibouque ou le narghiléh et prenant du café, promenant son regard rêveur de la voûte ornée d’arabesques, aux lambris dorés et aux vitraux éclatants.

Nous devons à M. Léon Parvillée l’importation en France de ces belles briques émaillées dont le secret était jusqu’ici resté en Orient, et qui finiront par supplanter le stuc dont nous avons tant abusé. De la Perse, qui probablement les avait prises à la Chine, les briques émaillées étaient passées en Turquie, où les Vénitiens, dans leurs guerres séculaires, les avaient prises à leur tour. Si nous nous en rapportons à l’attrait qu’elles exercent sur les visiteurs du kiosque du Bosphore, il est probable que la France héritera désormais des anciennes fabriques de l’Orient pour les briques émaillées.

©L'Exposition Universelle de 1867 Illustrée