Exposition Universelle de Paris 1867

Agriculture, Industrie et Beaux-Arts

1er Avril 1867 - 3 Novembre 1867


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Poste Russe

Poste Russe à l'exposition de Paris 1867

Dans les nombreuses provinces que ne dessert pas la voie ferrée, les Russes voyagent assez volontiers en traîneau pendant l’hiver. Il existe pourtant chez eux d’excellentes voitures de poste, bien garnies de fourrures : on y est d’autant plus commodément assis que le courrier n’admet que deux voyageurs dans les compartiments qui se suivent et communiquent entre eux par de petits vasistas.

Mais pour courir sur la neige, les voitures doivent, à l’instar des traîneaux, reposer sur un patin qui remplace les roues et imprimer au véhicule un balancement proportionné à sa longueur. Il en. résulte pour les voyageurs un malaise, cousin germain du mal de mer et que tout le monde ne saurait supporter.

En été la variété des voitures est infinie : le Drojki rond, sorte de cabriolet sans capote ; le Drojki long, à roues, qui consiste en une banquette rembourrée, sur laquelle trois ou quatre hommes peuvent s’asseoir à la file et à califourchon, en arrière du siège étroit du cocher; la Kibitka, espèce de charrette sans ressort, couverte en toile qui forme tente, etc., etc., se croisent sans cesse avec les équipages particuliers qui égayent toutes les routes, car les Russes durant la belle saison ont la fièvre du soleil et du voyage.

Souvent on parcourt, sans rencontrer le moindre village, des distances de deux à trois cents verstes, mais partout on trouve très régulièrement la maison de Poste qui vous fournit des chevaux, du thé, parfois un peu de lait, et même, lorsqu’elle est supérieurement montée, quelque volaille maigre et dure.

De plus elle contient, ainsi que vous pouvez vous en assurer en visitant la Poste russe du Parc, une grande salle dans laquelle des canapés recouverts de cuir offrent aux voyageurs fatigués le lit le plus confortable d’un pays où les lits sont inconnus. De chambre particulière, n’en demandez pas ! quand on a sommeillé côte à côte sur une banquette, on peut bien dormir quelques heures sur des canapés voisins les uns des autres. C’est du reste le plus sûr moyen d’éviter l’invasion d’insectes que vous attirerait une couverture à l’usage de beaucoup d’occupants.

©L'Exposition Universelle de 1867 Illustrée