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Planétarium


Planétarium à l'exposition de Bruxelles 1935

© L'Epi
Architecte(s) : Keym et Van Nueten

Derrière les bâtiments géométriques de l'Alberteum, à front de l'avenue des Athlètes, s'élève un édifice de forme circulaire, coiffé d'une coupole et pouvant recevoir cinq cents spectateurs. Le plafond est constitué par une voûte hémisphérique de 23 mètres de diamètre; ce dôme construit en béton et recouvert de cuivre, protège une voûte céleste artificielle aménagée en dessous. De nombreuses difficultés techniques ont été rencontrées et résolues ici, comme dans la construction de l'Alberteum; il a fallu notamment rendre les parois complètement insonores, de manière à permettre le fonctionnement des divers services durant toute l'Exposition, d'autant plus que le Palais de la Science était voisin du Parc des Attractions.

L'hémisphère en béton armé contient un écran en toile blanche; au centre de la salle se dresse l'appareil projecteur, actionné par 17 moteurs et comprenant 119 projecteurs mobiles et reproduisant sur l'écran, avec une scrupuleuse fidélité, les mouvements de tous les astres. Une fois les spectateurs installés dans la salle, celle-ci est plongée dans l'obscurité; un jeu de lumières permet de reproduire toutes les teintes dont se pare le firmament; et la voûte scintille de l'éclat de 9,000 étoiles. La Voie lactée, les étoiles filantes, le soleil, la lune, les planètes, les comètes y figurent; la perfection des mouvements des projecteurs, les dimensions de la coupole, reproduisent les phénomènes qui se déroulent dans le ciel, sous les différentes latitudes; et les vitesses auxquelles se déplacent les astres ont été accélérées, sans que les proportions aient été le moins du monde offensées. Si bien que le visiteur a l'illusion absolue de se trouver dans un observatoire muni d'instruments singulièrement perfectionnés et de voir se dérouler sous ses yeux la féerie nocturne dont seuls les astronomes sont d'habitude les témoins émerveillés.

Le planétaire est un instrument d'une perfection rare; il n'en existe à l'heure présente que quinze exemplaires dans le monde, car la construction d'un de ces projecteurs d'une extrême précision scientifique demande dix années de travail. Le conférencier dispose d'un appareil qui lui permet de modifier à son gré la direction de la projection. Si bien que les astres, en quelque manière, obéissent à son commandement et viennent illustrer l'incomparable leçon d'astronomie que reçoivent les auditeurs.

L'Alberteum et le Planétarium survivent à la World's Pair, construits pour bonne part en matériaux durables, ils constituent pour la Capitale et le quartier du Centenaire une attraction scientifique de première valeur — et seront peut-être l'amorce d'un Musée moderne et vivant.

© Le Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Bruxelles 1935