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Alberteum


Alberteum à l'exposition de Bruxelles 1935

© L'Epi
Architecte(s) : A. et Y. Blomme

L'alberteum — et le Planétarium, qui le complétait — formaient un des ensembles scientifiques les plus intéressants qui aient jamais été réalisés à l'occasion d'une Exposition Universelle. Les promoteurs de cette entreprise ambitionnaient de créer à Bruxelles un Musée analogue à ceux de- Ken-sington et de Munich, consacrés à l'histoire et à la vulgarisation des sciences. Ils obtinrent les concours nécessaires à la réalisation de leur œuvre, placée sous l'égide du Roi Albert — avec l'autorisation de S. M. le Roi Léopold III — et désignée sous le nom de « Alberteum — Aedes Scientiae ». Dès les débuts, l'appui du Fonds National de la Recherche Scientifique et du Comité Central Industriel leur était acquis; par ailleurs, ils eurent la bonne fortune d'obtenir les concours diplomatique et financier du Gouvernement belge, ainsi que l'appui bienveillant de la Ville de Bruxelles.

Le Comité Scientifique était présidé par le Docteur Bordet, Prix Nobel, directeur de l'Institut Pasteur du Brabant; il comprenait de nombreuses personnalités du monde universitaire, militaire, médical; le Président du Comité de Direction était M. Maurice Travailleur.

Le Palais de la Science s'élève sur un terrain de près d'un hectare; les bâtiments à eux seuls couvrent un espace de 7,500 m2. Ils comprennent un vaste bâtiment, avec des salles d'Exposition, des auditoires, une salle de spectacle et de cinéma — œuvre des architectes A. et Y. Blomme; et le Planétaire, construit par les architectes Keym et Van Nueten, abritant une coupole qui reproduit la voûte céleste et le mouvement des astres.

En pénétrant dans l'Alberteum, on trouvait d'abord un large hall au centre duquel se dressait une statue équestre du Roi Albert, œuvre du sculpteur Marnix d'Haveloose; les murs étaient ornés de deux grandes fresques montrant l'une la conquête des profondeurs marines, l'autre celle de la stratosphère. Il faut bien se contenter ensuite d'une énumération, tant dès son ouverture, ce véritable musée des sciences était déjà riche et presque complet. Les visiteurs y trouvaient la première nacelle stratosphérique du Professeur Piccard, une rétrospective d'appareils radiophoniques depuis les origines — dont le micro de l'illustre Melba. A droite, se trouvait le grand Auditorium, avec ses six cents fauteuils, sa vaste tribune d'honneur, sa scène équipée pour la projection des films sonores ou la présentation de spectacles théâtraux. L'installation lumineuse, le jeu d'orgues électrique, d'une rare perfection, permettaient notamment la projection de décors lumineux sur un fond dioramique.

Puis venaient, entourant le grand hall, la reproduction d'un poste d'émission radiophonique, une collection d'appareils" de téléphonie automatique, trois salles consacrées à la Physique, où de nombreuses démonstrations étaient présentées au public. Une section des Arts Décoratifs montrait plusieurs pièces meublées avec une somptuosité, un goût très modernes et constituant l'appartement d'une vedette de cinéma. Puis, des appareils, des projecteurs initiaient les curieux aux plus récentes découvertes de la biologie et de la médecine spéciale — notamment à l'emploi du Cardiographe de Leyde, qui aide à déceler les affections du coeur...

Le Microvivarium offrait le spectacle de la vie des infiniment petits, projetés en images géantes sur l'écran; l'Insectarium permettait d'étudier les insectes dans le milieu où ils vivent.

Dans les sous-sols, fonctionnait un studio d'enregistrement et de radiodiffusion; tout auprès, le petit auditoire abritait des manifestations aussi nombreuses qu'intéressantes : causeries, démonstrations, projections de films scientifiques ou documentaires.

L'Alberteum fut inauguré au cours d'une brève cérémonie : MM. Travailleur et Hubert, président du Conseil d'Administration et administrateur-délégué, reçurent MM. Lippens, président du Sénat, Paul Hymans, Jules Destrée, Emile Francqui, Jean Willems, le professeur Piccard, Max Cosyns, les recteurs des Universités de Bruxelles et de Liège, M. Adolphe Max, de nombreuses personnalités.

Le Palais de la Science enregistra 650,000 entrées et reçut de nombreux visiteurs de marque : le Roi Léopold III, des ministres, MM. Devèze, Bovesse, De Schrijver, des membres de l'Institut colonial international, du Comité international Radio-Maritime, de la Société belge des Ingénieurs et Industriels...


Ses locaux furent le théâtre de nombreuses manifestations scientifiques ou cinématographiques : citons, parmi les principales, la manifestation en l'honneur de M. Louis Lumière, l'inventeur du Cinéma; le Festival International du Cinéma; le concours du meilleur Film d'Amateur; les Trois Journées nationales pour la protection des Plantes Cultivées, où des spécialistes belges et étrangers présentèrent une quarantaine de communications du plus vif intérêt sur les moyens de lutter contre les maladies qui s'attaquent aux plantes horticoles, forestières ou de grande culture. Il y eut encore la radiodiffusion internationale organisée pour l'anniversaire de la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb — un programme musical étant transmis par ondes courtes à destination des Etats-Unis et de l'Argentine; une conférence de M. Bourgeois pour le centenaire de l'Observatoire Royal de Belgique; une séance consacrée à 1' « Information filmée », à l'occasion de la XVIIme Semaine Sociale Universitaire; une séance cinématographique organisée par l'Ambassade du Brésil, et la séance au cours de laquelle un record de vitesse et de distance fut établi en matière de communications radiophoniques : un message transmis de Bruxelles à New-York, Montréal, Sydney, Londres, Buenos-Ayres, Tokio et Beyrouth, revint finalement à Bruxelles, après avoir fait deux fois le tour du monde. Pour parcourir cette distance, qui s'élève à 80,000 kilomètres, le message a mis exactement 1 minute 40 secondes.

© Le Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Bruxelles 1935