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Soukhs


Soukhs à l'exposition de Bruxelles 1935

© L'Epi

A l'origine, la participation française coloniale à l'Exposition de Bruxelles^ apparaissait comme ne devant être que d'importance secondaire. Il n'avait été prévu, en effet, qu'une somme de un million de francs pour réaliser le Palais qui devait abriter les sections officielles de toutes les colonies.

Or, en faisant appel à l'initiative privée le Ministère français des Colonies put faire construire en addition au Palais, et sans qu'il en coûtât rien à l'Etat, une véritable cité couvrant plus de 3,000 mètres carrés : la section officielle des Soukhs. C'est là que furent installées les principales firmes coloniales indigènes.

Les Soukhs (on en trouvera la description au chapitre du « Pittoresque ») étaient divisés en quartiers correspondant à chacune des principales colonies, chaque section ayant à sa tête un commissaire nommé par le Gouvernement. Les exposants, choisis et agréés par leur commissaire respectif, ne vendaient que des produits de la colonie dont ils étaient originaires. Ils occupèrent 94 petits pavillons, chacun ayant son caractère propre. Par lcf variété des marchandises et objets exposés, par la somptuosité orientale de certains stands, les Soukhs devinrent un des plus grands centres d'attrait de l'Exposition. Près d'eux se dressaient un « Théâtre Colonial », un restaurant, un café maure, qui obtinrent un vif succès.

Pour rehausser la représentation de la France d'Outre-Mer, le Ministre des Colonies n'avait pas hésité à envoyer un détachement de tirailleurs sénégalais, sous la conduite d'un officier de l'infanterie coloniale. L'ambiance locale se trouvait encore accentuée par la présence de gendarmes noirs de l'A. O. F. et de chameliers du plus pur type mauritanien. Ceux-ci avaient grand air, et leur promenade quotidienne à travers les avenues de l'Exposition constituait une vivante attraction. Quant aux gendarmes noirs, c'étaient des hommes superbes, d'une taille imposante et d'une tenue impeccable. Le Président de la République, lors de sa visite des sections françaises, ne manqua pas de féliciter ces magnifiques soldats dont certains avaient été au service de la Résidence, au temps où M. Albert Lebrun était en Afrique.

L'ensemble des constructions de la France d'Outre-Mer couvrait près de 7,000 mètres carrés; il fallait en effet ajouter aux édifices que nous avons énumérés le pavillon des vins de la Chambre de Commerce d'Alger, et le Corps de Garde des tirailleurs.

© Le Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Bruxelles 1935