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Zoo


Zoo à l'exposition de Bruxelles 1935

© L'Epi

Dû à la collaboration technique du Jardin Zoologique d'Anvers et de M. Hagenbeck, le Zoo de l'Exposition se trouvait à la droite du visiteur entrant par la porte « Attractions ». Sans avoir l'étendue du Zoo de Vincennes, il s'inspirait des mêmes principes : la présentation des animaux en liberté, dans un cadre naturel, la protection du public étant assurée, non plus par des barreaux et des grilles, mais par des fossés laissant aux visités comme aux visiteurs, l'illusion de la liberté. Les rochers, des étangs, des arbres donnaient à cette « attraction » l'aspect d'un vaste parc, d'une « réserve » où les bêtes vivraient à l'abri des chasseurs.

Dès qu'il avait franchi l'entrée, percée dans un amoncellement de rochers gris, le visiteur apercevait, dans une fosse rocheuse, des ours blancs et bruns, puis des « ratons laveurs », originaires de l'Amérique du Nord. Venait ensuite le bassin des phoques et des otaries, bonnes bêtes familières, friandes de poisson et de qui les repas ne manquent jamais d'attirer un public amusé. Le bassin voisin assemblait des animaux très rares : éléphants de mer, géants de leur famille, venus de la Nouvelle-Zélande et des îles de l'Océan Pacifique.

Comme les extrêmes se touchent, ces « éléphants » marins, (certains pèsent environ 3,000 kilos...), avaient pour voisins les amusants pingouins — qu'un caricaturiste français popularisa sous le prénom d' « Alfred ». Des carfous royaux, des pingouins dorés ou à lunettes semblaient composer un étalage de marchand de fétiches, une assemblée de maîtres d'hôtel, les longues basques de l'habit s'ouvrant largement sur le gilet blanc...

Le Musée d'Histoire Naturelle de Bruxelles avait organisé un stand du plus vif intérêt; on y voyait une collection de coléoptères, la coupe d'un nid de guêpes, un grillon devant son logis, la reproduction d'un des fameux iguanodons de Bernissart, les résultats d'une étude sur l'émigration des oiseaux, faite au moyen du procédé du baguage d'oiseaux capturés puis remis en liberté : le pinson d'Ardenne, l'étoumeau, la grive musicienne, le moineau domestique, le héron; des collections entomologiques — des papillons, notamment, et la reproduction d'une fourmilière. A côté du Musée, une grande volière abritait la grue couronnée (Afrique Occidentale), des canards et des oies d'espèces rares et de provenance exotique, quelques spécimens d'échassiers. Dans un décor égyptien, des singes de dix espèces attiraient les curieux qu'ils amusaient de leurs mille tours; un ours à collier, des chèvres faisaient avec les quadrumanes le meilleur ménage, et le plus imprévu. D'autres cages enfermaient des chimpanzés à la haute taille, à la face presque humaine; ou des cobayes (cochons d'Inde), collaborateurs inconscients d'expériences utiles à la science et à l'humanité.

On rencontrait ensuite la cage des serpents, avec plusieurs pythons aux dimensions impressionnantes, la faisanderie, un élevage de lapins domestiques, auxquels une tortue qéante des Iles Galapaqos tenait compagnie...; une superbe allée de perroquets conduisait à des rochers sur lesquels vivaient dans une entente parfaite des ours, des lions, des tigres...

© Le Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Bruxelles 1935