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Plaine des Attractions


Plaine des Attractions à l'exposition de Bruxelles 1935

© L'Epi

Le Parc des Attractions fut le plus grand qu'on eut réalisé à l'occasion d'une Exposition Universelle; il ne couvrait pas moins de 7 hectares et renfermait des « métiers » très variés, et tels que l'on en voit rarement en Europe. L'organisation de la Plaine des Attractions fut l'œuvre d'une Société coopérative, la S. E. B. L, qui en assura le financement. Le Conseil d'Administration était composé de MM. Willy Friling, président; Georges Aras, directeur général; Jean Combaz, architecte, chargé de la direction technique; Henri et René Bolle, administrateurs; Raymond Vuylsteke, secrétaire général et Wil-lichts, ingénieur-électricien.

Le terrain sur lequel se trouvait le Parc offrait de grandes difficultés pour son aménagement.

Pour assurer l'équipement électrique de ce « Luna-Park », on dut construire trois cabines à haute tension et placer tout un réseau de câbles; la force électrique employée était six fois supérieure à celle qu'on utilisa à l'Exposition d'Anvers.

La Plaine des Attractions comprenait quatre grandes sections : on y voyait un magnifique Scenic Railway dont le majestueux décor représentait les cimes neigeuses de l'Himalaya; les fameux « Flying Turns » de Chicago; un « shim-my »; un autodrome de 1,000 mètres carrés environ, des « Scota-Boats » de la même étendue; une roue.géante, une grue qui enlevait les spectateurs à 20 mètres de haut et leur offrait sur l'Exposition et la Plaine des Attractions des points de vue impressionnants; une tour métallique de 25 mètres, du sommet de laquelle les amateurs de sensations fortes pouvaient se précipiter, un parachute solidement attaché aux épaules; le « Cyclone », immenses montagnes russes de plus d'un kilomètre de long; « l'Arche de Noé » à la façade amusante, aux surprises nombreuses; le Musée des Phénomènes de Barnum; le village où trente lilliputiens habitaient des maisons à leur taille, groupées autour d'un Hôtel de Ville, d'un corps de garde, d'un bureau des P.T.T. en miniature; la loge où l'on voyait des serpents démesurés; celle par contre où l'on présentait en activité, des couveuses d'enfants; et le curieux village nègre — qui devint, vers les derniers jours de la World's Fair — (et par un louable souci d'actualité) — un village abyssin; enfin, mille et un stands, loteries, jeux d'adresse, loges où des caricaturistes, à des prix défiant toute concurrence, « croquaient » la tête du client. Et les marionnettes hollandaises de « Klibo », imitant avec une perfection hallucinante, les mouvements humains; et des débits de toute espèce, envahis dès la nuit tombée par des visiteurs en liesse, ajoutant aux chefs-d'œuvre du savoir et de l'art cette grosse gaîté, inséparable des Expositions et qui n'est, en somme, que le délassement nécessaire au soir d'une journée passée toute entière dans cet univers en réduction.

Ceux qui ont vu le Parc des Attractions, aux beaux soirs d'été avec ses allées montant et descendant, ses baraques étincelantes de lumières, ses mécaniques en mouvements perpétuels, ses auberges et ses débits bondés, ses visiteurs en liesse, en ont gardé l'image d'une immense kermesse où sous les atours 1935 revivait, débridée, joyeuse et bon enfant, l'âme des contemporains de Pieter Breughel — l'effigie du « Drôle » s'élevant, comme d'un dieu protecteur, à l'entrée même du Parc.

© Le Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Bruxelles 1935