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Roumanie


Roumanie à l'exposition de Bruxelles 1935

© L'Epi
Architecte(s) : Mosinski

Le pavillon de la Roumanie était situé à côté du pavillon des Pays-Bas, à l'angle des Avenues de Bouchout et du Gros Tilleul; oeuvre de l'architecte Moscinski, il était de style moderne et classique à la fois. Un large perron donnait accès à un sobre péristyle, orné de ce mot « Romania » et des armes du royaume. Derrière le Pavillon, une galerie était décorée de cadres contenant des photographies de paysages, de monuments, de stations balnéaires; les parois extérieures portaient de grands motifs décoratifs, sculptés par M. Marc Constantinescu. Des pelouses et des parterres fleuris s'étendaient en contrebas tandis que des jarres rustiques, débordant d'hortensias bleus, mettaient au bas des murs blancs des taches de couleur vive.

Dès l'entrée, on se trouvait dans un hall meublé de vitrines, au milieu desquelles se dressait une statuette équestre du Roi Carol; ces vitrines enfermaient des trésors d'art ancien, prêtés par les Musées Royaux, des églises et des monastères : tapisseries, étoffes précieuses, tapis d'autel tissés d'or et d'argent, orfèvreries religieuses pour la plupart, remontant au XVe et XVIe siècles. De petites armoires contenaient des moulages du célèbre trésor de Petroasa, que les Goths abandonnèrent sur les bords du Danube lorsqu'ils quittèrent le sol roumain; ainsi qu'une reproduction fidèle du casque découvert à Prahova par un paysan et qui date-
rait de mille ans avant l'ère chrétienne.

Dans la grande salle du milieu, le Commissariat Général roumain, rompant heureusement avec des usages immuables, assemblait des peintures, des sculptures, oeuvres d'artistes roumains, représentant les principales tendances de l'art moderne. De même, un compartiment entier était réservé au livre, français et roumain. Des portraits de romanciers, d'essayistes, de philosophes, de savants entouraient celui de la Reine Marie.

Les autres compartiments étaient consacrés au tourisme, à l'industrie et à l'art paysan; ici, l'on trouvait de curieuses sculptures sur bois, des broderies aux nuances bariolées — de ces fameuses broderies roumaines dont un stand offrait des échantillons aux visiteurs. Par ailleurs, les grandes industries du pays étaient sobrement représentées; le pétrole, l'agriculture, les vignobles, l'exploitation des forêts, celle des mines. Un peu partout, les diagrammes, les statistiques avaient cédé la place à des graphiques illustrés, à des photographies, à des dioramas, à des vues stéréoscopiques, autrement éloquents que la sèche documentation habituelle.

Ce très bel ensemble avait été réuni par M. le Professeur A. Tzigara-Samurcas, commissaire général du Gouvernement Roumain, avec la collaboration de la Commission d'Exposition présidée à Bucarest par le professeur Gusti, directeur d'une des Fondations Royales, et de MM. Busuioceanu, Bucuta, Badauta, ainsi que de Mlle Irineu, représentant la Direction des Chemins de fer et M. Gairaux, du Ministère de l'Agriculture. Leurs efforts furent soutenus ici par le Ministre de Roumanie, le Prince Ghika et ses collaborateurs de la Légation de Bruxelles. S. A. R. le Prince Michel, prince héritier de Roumanie, visita longuement l'Exposition et le pavillon roumain; il rendit, en achevant sa visite, un éloquent hommage à l'amitié sincère qui unit les deux peuples; « Pour nous, déclara-t-il, ce n'est pas tant la Belgique héroïque que nous admirons, mais bien le pays qui donne au monde un exemple unique de travail, d'organisation, de modération, sûres valeurs de la civilisation ».

© Le Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Bruxelles 1935