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Pays-Bas


Pays-Bas à l'exposition de Bruxelles 1935

© E. Sergysels
Architecte(s) : Dirk Roosenburg

La section néerlandaise, aux abords de la Roseraie, couvrait 6,000 mètres carrés, dont 2,500 pour le pavillon, œuvre de l'architecte Dirk Roosenburg. Bâti sur des données rigoureusement modernes, il offrait aux regards des parois rectilignes à l'armature métallique, recouvertes d'un matériau neuf, c'est-à-dire de plaques en fibres de bois comprimé, peintes de façon à présenter un dessin marbré. Les deux façades principales étaient ornées de grandes fresques; l'une, du peintre Hermann Rosse, de l'Université Technique de Delft, figurait l'activité des onze Provinces Réunies, représentées par des jeunes hommes brandissant des drapeaux et se détachant d'une carte schématique où l'activité des industries hollandaises était évoquée. Le portique de l'Avenue du Foot-Ball avait été décoré par M. Charles Eyck, d'Utrecht; une déesse aux douze bras symbolisait l'Orient et l'empire colonial néerlandais, de ITnsulinde à la Guyane; dans la section coloniale, un panneau de grande allure décorative composé par Joep Nicolas de Roermond, représentait la Hollande et ses colonies.

Une tour légère surmontait l'ensemble de la section; le soir des lampes dessinaient à son faîte les trois couleurs du pavillon des Pays-Bas. A l'ombre du Pavillon, une ferme pittoresque, la « Juliana Hoeve », servait à des démonstrations agricoles, à la présentation, à la dégustation, dans un décor rustique des produits de l'industrie laitière.

La Hollande était encore représentée au Palais de l'Art Ancien, par des oeuvres de Rembrandt, Vermeer, Frans Hais, Maes, Hobbema, Ruysdael...; au Salon de l'Art Moderne, par des toiles originales et dans la section d'architecture, par des plans et des photographies d'édifices dignes de la renommée universelle de la jeune école d'architecture néerlandaise. Enfin, aux abords du Commissariat Général, se trouvait un pavillon révélant aux visiteurs les merveilles de la faune et de la flore de la Mer des Indes, tandis qu'un restaurant javanais initiait ses hôtes aux mille et une manières de préparer et de servir le riz.

Le Pavillon des Pays-Bas était disposé, aménagé de façon très artiste et très pratique à la fois. Le plan comportait une vaste salle de 66 mètres de largeur; une salle pentagonale, constituant le Salon d'Honneur et quelques autres petits locaux.

De l'Avenue du Gros Tilleul, un escalier large de 6 mètres menait à une terrasse; quatre portes donnaient accès au Pavillon, ce qui permettait de régler la circulation en cas d'affluence. Un escalier conduisait à la galerie de l'industrie, laissant à gauche les degrés menant au balcon de la grande salle ainsi qu'au bureau du Pavillon, ouvert au public; les bureaux du Commissaire Général se trouvaient au-dessus. Plus haut encore, il y avait l'entrée de la Tour, dans laquelle une installation radiophonique dotée d'un haut-parleur donnait chaque matin un concert de carillon.

Pour l'éclairage naturel, l'architecte s'était décidé en faveur des fenêtres en dents de scie dirigées vers le Nord, ce qui laissait libre l'entière té des parois.

Dans les trois premières salles, on rencontrait successivement la participation du Département des Affaires Economiques, avec des données très complètes sur la Hollande industrielle; le Département du Waterstaat, exposant des plans et des maquettes des voies d'eau principales et les grands travaux, notamment ceux de l'assèchement du Zuyderzee. Amsterdam, Rotterdam, Dordrecht avaient pris part à une représentation commune; une maquette représentait l'aérogare de Schiphol.
Plusieurs artistes avaient collaboré à la mise en lumière de ces documents, que complétait une carte mondiale en relief signalant, par des ampoules lumineuses, les communications entre les Pays-Bas, leurs colonies et le reste du monde par navires, avions, radio-télégraphie, radiotéléphonie. Une cabine téléphonique en verre surmontée d'un globe terrestre permettait de communiquer avec Java, Bornéo, Batavia, aux conditions du tarif en vigueur dans la Métropole. Plus loin, l'industrie charbonnière, l'industrie royale néerlandaise des sels, les hauts fourneaux royaux néerlandais étaient représentés collectivement. Dans la même salle, on trouvait les stands de la Société des ports et ceux des plages de la Mer du Nord.

La salle centrale était réservée à la Hollande agraire et à ses produits : laiterie, chevaux, carton-paille, sucre, fécule, arboriculture, élevages divers, légumes, fleurs et fruits — chaque province étant évoquée en ses aspects caractéristiques.

La salle III était consacrée à la Hol-lande d'Outre -Mer : maquette de
l'Archipel, statistiques imagées des relations entre la Belgique et les Indes Néerlandaises, productions de ces dernières, étendue, population, administration, transports aériens. La salle longue, voisine de celle-ci, contenait les envois des principales usines et fabriques des Pays-Bas, les moteurs Diesel notamment, les constructions navales, la soie artificielle.

Enfin, le Salon d'Honneur décoré de beaux vitraux, montrait dans des vitrines les produits des industries d'art : reliures, orfèvreries, verreries, faïences; les bustes de huit Hollandais, qui obtinrent le Prix Nobel, formaient une sorte de Panthéon.

Cette section était éminemment instructive; elle s'orna souvent d'expositions de fleurs, tulipes, roses, etc. — dont l'une organisée en l'honneur de S. M. la Reine Wilhelmine.

© Le Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Bruxelles 1935