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Palestine


Palestine à l'exposition de Bruxelles 1935

© L'Epi
Architecte(s) : Blockx et de Lange

Le pavillon « Israël en Palestine » donnait un aperçu de la Palestine juive en construction, montrait toutes ses forces à l'oeuvre et permettait, grâce aux tableaux, aux statistiques, aux diagrammes, aux produits exposés, de mesurer l'étendue des réalisations déjà atteintes.

Le Pavillon fut construit sous les auspices d'un Comité présidé par MM. Alfred Goldschmidt et Numa Torczyner, président de l'Organisation Sioniste de"Belgique, d'après les plans des architectes de Lange et Blockx. L'aménagement de l'intérieur était confié aux soins de l'architecte palestinien El-Hanani.

La salle principale et le hall d'honneur étaient tapissés de diagrammes illustrant le développement de l'établissement des Juifs en Palestine. On y voyait l'accroissement des possessions juives, rachetées morceau par morceau soit par la Keren Kayemeth (le Fonds National) à titre inaliénable du peuple juif, soit par la Palestine Land Development Company (dont le plus grand nombre d'actions appartient à la Keren Kayemeth); la croissance de la colonie juive, œuvre de la Keren Hayessod (Fonds de Colonisation) qui établit sur cette terre des colons et y construit des villages; un tableau illustrant la production agricole qui, pour la plupart des produits, augmente d'année en année; des statistiques relatives à l'émigration, des premiers émigrants isolés, venant terminer leurs jours en Terre Promise, jusqu'à la colonisation organisée actuelle.

On y voyait également un tableau montrant le développement de l'industrie, qui pendant ces dernières années a fait d'immenses progrès.

Quelques fresques illustrant des citations bibliques représentaient les migrations vers la Palestine depuis le temps d'Abraham, en passant par l'Exil Babylonien, le Moyen Age et les premiers essais de colonisation du Baron de Rotschild, jusqu'à nos jours et symbolisaient la nostalgie éternelle du peuple juif pour sa Patrie.

Au centre se trouvait exposée une série de 160 photographies, donnant une impression d'ensemble du pays. A côté de Tel-Aviv, la ville surgie en une vingtaine d'années sur une terre en friche, avec ses constructions modernes et saines, des vues représentaient des écoles où la jeune génération grandit, libre et heureuse, sur son sol natal. Des travaux de défrichage, de drainage et d'assèchement des marais, à l'endroit où se trouvent actuellement la forêt Balfour et la baie de Caïffa, témoignaient du labeur incessant des pionniers.

Puis des vues pittoresques de Jérusalem, le tombeau de Rachel, le Pourim (Carnaval) à Tel-Aviv.

Aux murs, quelques photos de l'Université située sur le Mont Scopus et de sa bibliothèque, dotée de nombreux livres et manuscrits.

Un plan en relief de la quatrième Foire de Tel-Aviv (1934) montrait les différents pays qui y ont pris part, entre autres la Belgique avec qui la Palestine entretient d'importantes relations. En l'honneur du grand Roi disparu, qui s'était profondément intéressé à cette oeuvre de reconstruction, l'organisation sioniste de Belgique a résolu de planter une forêt portant le nom d'Albert Ier.

Enfin la Palestine Shipping Company Ltd. montrait le premier bateau navigant sous drapeau juif avec un équipage presqu'exclusivement constitué par des Israélites.

Dans la seconde salle, quelques firmes palestiniennes avaient exposé les principaux produits du pays.
Au fond de la salle un diorama du Comité de Propagande des Citrus, représentant la plantation des oranges de Jaffa. Puis des vins, produits des vignobles du Mont Carmel; des produits Shemen (huile d'olive, savons, pâtes dentifrices, parfums, etc.), les Chocolateries Liber; les manufactures d'objets en raphia et cuir, de casseroles en aluminium, etc.

On y voyait également des marbres de Meretz, une des rares richesses naturelles du sol.

Enfin, dans des vitrines étaient exposés quelques objets d'art : ménorah (le chandelier à sept branches), couverts ciselés en argent, gravures et peintures sur bois, presque tous oeuvres de l'Ecole d'Art de Bezalel.

Un stand de propagande sioniste documentait les visiteurs désireux de pénétrer plus avant la question de l'Etat juif en construction.

Voisin des Pavillons de l'Egypte et de l'Iran, le Pavillon de la Palestine érigeait ses murs blancs, percés de baies ogivales, et sa claire coupole, au-dessus des parterres du jardin des dahlias. L'intérieur très lumineux, était orné avec une élégante sobriété.

© Le Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Bruxelles 1935