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Palais du Licteur, Pavillon Principal de l'Italie


Palais du Licteur, Pavillon Principal de l'Italie à l'exposition de Bruxelles 1935

© E. Sergysels
Architecte(s) : Libera et de Rengi

D'une étendue de 25,000 mètres carrés, la Section italienne comprenait une quinzaine de pavillons, séparés l'un de l'autre, tous entourés de fleurs et de verdure. Les différences de niveau qui marquaient l'emplacement choisi avaient permis une présentation très variée; c'est ainsi que, à front de l'Avenue du Gros Tilleul se trouvait le Pavillon du Tourisme, juché sur un talus herbeux, à l'entrée du Parc Forestier; et plusieurs mètres en dessous, les perrons imposants qui menaient au Palais du?Licteur. Celui-ci était l'œuvre des architectes Libéra et de Renzi, qui s'étaient inspirés du Palais de l'Exposition de la Révolution Fasciste.

?Il étendait de longues murailles noires et nues, sur quoi tranchaient quatre énormes haches de licteurs, en verre et fer; et une haute construction grise incrustée de carrés de verre que les lumières illuminaient le soir. Des degrés de marbre blanc menaient à des portes surbaissées, par où l'on entrait dans une grande salle bleue, sobrement décorée de bannières italiennes, de hauts faisceaux stylisés. Ce palais était divisé en compartiments étroits et nus, seulement ornés, au-dessus de la tête des visiteurs, de curieux montages photographiques ou de dessins, montrant les étapes de la Révolution fasciste, la création et le développement de ses initiatives : œuvres d'assistance, enseignement, marine, armée, industrie, colonies, etc.; et les grands travaux, routes, ponts, autostrades, chemins de fer, assèchement des marais Pontins, où des champs cultivés, des villes ultra-modernes ont pris la place des marécages.

Deux salles étaient consacrées au fascisme; la première avec l'armée italienne reconstituée et les formations de jeunesse — les balillas notamment — qui préparent tous les jeunes Italiens au service armé; la seconde, à l'organisation corporative des travailleurs; une belle mosaïque symbolisait cette organisation, tandis que des tableaux et des diagrammes illustraient les réalisations obtenues dans une de ces corporations, celle de l'industrie sucrière choisie à titre d'exemple.

Un petit salon assemblait des éditions de luxe, précieusement reliées, réalisées par la « Librairie d'Etat » ou « Institut Polygraphique de l'Etat »; d'autres vitrines, très intéressantes au point de vue documentaire, imageaient la contribution apportée, depuis des siècles, par toutes les provinces qui constituent l'Italie actuelle, à la civilisation universelle, dans tous les domaines; les saints, les généraux, les inventeurs, les écrivains, les architectes et les peintres y étaient évoqués par un portrait — et mieux encore, par la reproduction d'une de leurs œuvres les plus caractéristiques, exécutées à l'étranger.

Quelle que fut son opinion personnelle, le visiteur emportait de la visite du Palais du Littorio, présenté avec un sens spectaculaire évident, une impression profonde des réalisations dues au régime fasciste.

© Le Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Bruxelles 1935