Retour - Liste Pavillons

Egypte


Egypte à l'exposition de Bruxelles 1935

© L'Epi
Architecte(s) : Mineur

Il s'élevait en bordure de l'Avenue Charlotte, à l'angle du jardin des dahlias et non loin du Hall International. Œuvre de l'ingénieur égyptien Sarkhawi, de l'architecte belge Mineur, il couvrait une superficie de 700 mètres carrés et représentait un temple modernisé; sur le fronton, se voyaient le Croissant et les trois étoiles, qui distinguent le drapeau de l'Egypte; l'entrée et le hall d'accès étaient la reproduction fidèle de la Porte de Karnak, à Louqsor; les ornements décoratifs, aux chatoyantes couleurs, avaient été réalisés d'après les indications de notre émi-nent compatriote, l'égyptologue Jean Capart.

Des reproductions de statues antiques, entre autres celles des rois Rhamsès II et Tchotmos,
foulant aux pieds les quatorze royaumes qu'il conquit, voisinaient avec les oeuvres bien modernes du sculpteur Mouktar, enlevé naguère dans la pleine force de son talent.

A plusieurs stands, les visiteurs admiraient des bois précieux incrustés de nacre et d'ivoire, des meubles d'un goût raffiné, des moulages des principales pièces découvertes au cours des fouilles exécutées au pied des pyramides par le professeur Sélim Hassan, des objets en cuivre travaillé, des poteries au dessin très pur, l'ensemble constituant un véritable petit musée de l'art égyptien, ancien et moderne.

Plusieurs ministères collaboraient à la représentation des activités nationales, dans les domaines de l'agriculture, de l'industrie, de l'enseignement — général ou professionnel — des œuvres sociales. Des compartiments aménagés avec goût montraient le rapide développement d'Héliopolis, ville qui fut créée par des Belges, sous l'impulsion du baron Empain, ainsi que les produits de l'agriculture : céréales, coton, riz, sucre, huiles, conserves de fruits et de légumes; les produits des mines et des carrières.

Les Ecoles professionnelles étaient représentées par des travaux de leurs élèves, dont beaucoup âgés de moins de treize ans; on admirait entre autres un mobilier en bois d'ébène orné de figurines dorées, un tapis, fabriqué par les élèves de l'Ecole des Arts appliqués du Caire; ce tapis qui a demandé plus de deux ans de travail, comprend par centimètre carré, cent points noués. L'Ecole de Damanhour exposait de belles soies tissées à la main, des cadres en bois précieux rehaussés de nacre, des cuivres gravés. L'Ecole de Dassiour avait envoyé des coffrets de chêne incrustés d'ivoire, celles d'Assouan et de Tania, des tapis, des plateaux de cuivre et d'argent, des coupes, des statuettes de granit. Il existe aussi une Ecole d'art décoratif, fondée par Mme Hoda Charami Pacha, où des jeunes filles apprennent la peinture, le tissage, etc.

Dans la section des industries chimiques, on trouvait une démonstration de la méthode de poinçonnement de l'or, qui garantit la valeur des bijoux fabriqués en Egypte; des vitrines contenaient de fort beaux spécimens de l'art des orfèvres égyptiens, dignes héritiers de ceux qui ciselèrent les joyaux que révèle chaque découverte archéologique. Enfin, on admirait les résultats obtenus par l'organisation ultra moderne de l'Assistance publique; des avions, des autos peuvent très rapidement transporter malades et blessés jusqu'aux hôpitaux munis des derniers perfectionnements scientifiques.

Le tourisme était représenté dans un stand orné de photographies et d'affiches artistiques.