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Bulgarie


Bulgarie à l'exposition de Bruxelles 1935

© L'Epi
Architecte(s) : De Bouver

Le Pavillon bulgare, adossé à un massif forestier, était un des rares édifices de l'Exposition qui ne fut pas de style moderne. L'architecte avait reconstruit une habitation de paysans aisés, avec ses murs blancs, son balcon de bois en encorbellement, son toit de tuiles rouges, semblable au logis que Lamartine habita en 1881 à Philippopoli.

Cependant, la porte reproduisait une des entrées du vieux couvent de Rila, dans les monts Rhodopes, le monastère le plus célèbre de la Bulgarie, dont la fondation remonte au Moyen-Age. Et le haut de la façade s'ornait des armoiries royales et de la devise du royaume, pareille à la nôtre « l'Union fait la Force ». Les bustes du Roi Boris et de la Reine Johanna décoraient le salon d'honneur; à gauche, on trouvait la reconstitution d'une des salles les plus caractéristiques de la maison bulgare, le « boliar », sorte de salle-à-manger-cuisine, avec son âtre et sa longue banquette à tiroir, chargée d'objets d'art rustique, en cuivre ou en bois gravés au feu.

Le rez-de-chaussée était consacré aux ressources principales de la Bulgarie : céréales, vins, roses, tabacs, riz, maïs, yoghourt, si bien que ce pays semble singulièrement privilégié, puisqu'on n'y cultive que des choses belles ou parfumées : le vin, le tabac, les fleurs... Un balcon de bois sculpté courait tout autour du pavillon, à hauteur du premier étage. De beaux tapis, jetés sur sa balustrade ajourée, ajoutaient à l'aspect intime et somptueux à la fois de ce pavillon fort original.

Au haut d'escaliers polis, des vitrines enfermaient de merveilleuses broderies bulgares faites à la main, remarquables par leurs coloris et la finesse de leur confection. Les cuirs aussi étaient travaillés avec un art délicat, de même que les objets de bois pyrogra-vés et peints de vives couleurs. On voyait encore des costumes bariolés, des photographies et des maquettes représentant des coins de vieilles villes bulgares, particulièrement pittoresques. Une vitrine enfin contenait de précieux objets d'orfèvrerie ancienne, prêtés par un collectionneur, M. Van Ackere-Goddyn : poignard en argent, ceinture d'or, colliers ornés de pierres naturelles, boucles d'oreilles, bagues, bracelets, diadèmes, disques byzantins d'un beau travail en argent doré, porte-reliques, icônes, bénitier qui servit à la bénédiction des Patriotes, comme ils partaient combattre les Turcs, sculptures sur bois et sur nacre...

A côté de ces reliques vénérables, figuraient les œuvres de quelques artistes modernes; toiles de MM. Nicholas Mikhaïloff, Vladimir Dimitroff, portraitistes; Boris Deneff, Peter Ourou-moff, paysagistes : Vassil Zaccharieff, graveur. Aussi, des sculptures de M. Paul Meteorov, ancien élève de» l'Académie des Beaux-Arts de Bruxelles.

© Le Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Bruxelles 1935