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Société Auxiliaire de Propagande Coloniale "Soprocol"


Société Auxiliaire de Propagande Coloniale

© L'Epi

Il comprenait :
a) Un bâtiment d'une superficie de 3,500 m2 abritant le panorama des peintres Alfred Bastien et Paul Mathieu et constituant une évocation remarquable des sites montagneux du Bas-Congo.
Des dioramas, œuvres de M. James Thiriar et de ses collaborateurs Swyncop et Léonard révélaient de façon saisissante les beautés si particulières des régions incluses dans le Parc national Albert. Ils avaient été édifiés d'après les exquis-ses rapportées par M. James Thiriar d'un voyage au Ruwenzori, où il avait accompagné la mission scientifique envoyée dans cette région par le Fonds National de la Recherche Scientifique.
Autour du panorama étaient installés le hall du tourisme et une salle de dégustation du café du Congo;
b) Le restaurant colonial Léopold II d'où l'on découvrait un admirable panorama de la Ville, dominant la magnifique roseraie;
c) L'esplanade se trouvant à front des divers bâtiments de la section coloniale et qui présentait au premier plan un éléphant gigantesque, œuvre du sculpteur Colin. Certaines parties en étaient aménagées en jardin colonial avec huttes congolaises où les indigènes présentaient en vente des objets exotiques fabriqués sous les yeux des visiteurs.

La section coloniale fut inaugurée par M. Rubbens, ministre des Colonies. Un grand nombre de personnalités assistaient à la cérémonie.

Le colonel baron Liebrecht, président du groupe, dégagea la signification de la participation de la Colonie à l'Exposition.

Après avoir rendu un vibrant hommage à la mémoire du roi Léopold II, l'orateur déclara :
L'Exposition qui est inaugurée aujourd'hui illustre de façon éclatante le chemin parcouru depuis, sous l'égide de nos Rois. Elle nous permet d'examiner en toute conscience, si, malgré les défaillances humaines, nous avons accompli ce qu'on attendait de nous en suite de nos engagements solennels.
Le programme de haute philanthropie exposé aux yeux des visiteurs de l'Exposition Coloniale, la Belgique l'a adopté et est décidée à le poursuivre malgré les larges ressources qu'il faudra y consacrer. Livrée à elle-même pas plus que n'y consentent les autres puissances coloniales africaines, elle ne pourrait en supporter l'entière charge. Heureusement, et la visite du pavillon de la collectivité des entreprises coloniales en donne la preuve, notre colonie possède des richesses minières et végétales qui s'augmentent chaque jour, et qui permettent tous les optimismes.
Notre Roi Léopold III n'a-t-il pas entrevu que c'est par la mise en valeur du sol, que les indigènes trouveront à s'enrichir, à sortir de leurs conditions d'existence actuelles qui sont une entrave sérieuse à leur évolution morale. D'autres démonstrations qui sont faites, mettent en lumière les résultats surprenants qu'ont donnés les tentatives d'élevage du gros bétail, tandis qu'on en prédisait l'échec certain, à cause dé la présence de la mouche tsé-tsé qui en est l'ennemie mortelle. Aujourd'hui, le cheptel s'étend dans des proportions telles qu'on se trouve dans la nécessité de rechercher de nouveaux débouchés pour en écouler le surplus. La persévérance et l'obstination mettent ainsi successivement fin à bien des préjugés africains.



L'orateur montra ensuite le développement des transports et du commerce dans la Colonie et termina comme suit :
Quelques pionniers africains, répondant à l'appel de leur Roi, ne disposant en rien des puissants moyens mis généralement à la disposition des conquérants par les grandes puissances, n'hésitèrent pas à entreprendre une opération d'une envergure énorme. Au prix de pertes cruelles, grâce à des dévouements toujours renouvelés, quelques Belges s'accrochèrent aux rives de l'immense Congo et, en s'y maintenant, procurèrent au Roi les arguments de droit sur lesquels il basa ses revendications territoriales. Mais bientôt les résultats acquis furent mis en péril par les progrès des hordes esclavagistes dont l'avance semblait ne pouvoir plus être enrayée.
Léopold II para aux dangers, et dès 1891 il ordonna une offensive générale, et les nôtres prirent successivement d'assaut les repaires des esclavagistes, dispersant leurs bandes et délivrant à jamais l'Afrique des horreurs de la chasse à l'homme.
Peu après, ce fut la marche glorieuse et décisive vers le Nil, ou notre drapeau fut hissé sur la forteresse de Redjaf, le dernier refuge de la barbarie dans le Soudan égyptien.
Et en 1914, quand les Allemands, au mépris des traités, tentèrent d'envahir nos provinces congolaises, nos couleurs triomphèrent à Tabora et à Mahengé.
Aujourd'hui, ce sont d'autres hommes qui poursuivent l'œuvre commencée, mais pourquoi douter d'eux ? Issus de la même race, ils possèdent les mêmes qualités d'obstination et de réflexion que leurs aînés et, en outre, ils profitent de l'expérience acquise, d'une organisation solide, ainsi que d'importantes découvertes scientifiques qui facilitent singulièrement leur tâche.
Nous répondrons à ceux dont l'âme fléchit : le passé témoigne de l'avenir.

Après que M. Gaston Périer eut traduit ce discours en flamand, M. Rubbens, ministre des Colonies, rappela la participation du Congo aux Expositions antérieures.

Après avoir rendu hommage au colonel Liebrecht, il rappela les paroles prononcées par le roi Albert lors de l'inauguration de l'Exposition de 1910 :
Les entreprises aussi vastes que la nôtre, disait alors le Roi, imposent de grands devoirs et nécessitent d'incessants efforts. Si les premiers pionniers de l'Etat Indépendant du Congo n'avaient pas déployé une activité inlassable, s'ils n'avaient pas toujours fait de généreux sacrifices, nous ne posséderions pas le Congo. Suivons ce magnifique exemple, continuons à déployer une constante énergie et ayons conscience surtout de notre propre force.

Le Ministre poursuivit en félicitant les architectes et les organisateurs du pavillon. Il souligna les ressources énormes dont dispose notre Colonie, notamment en or, en cuivre, en coton, en étain, en diamant, en argent, en copal, en café, en ivoire, en bois, etc.
Malgré la crise, dit-il, ces produits trouvent un débouché auprès des nations les plus protectionnistes. Depuis la nouvelle politique monétaire, introduite en Belgique et dans la colonie, ce progrès s'est accentué encore dans de grandes proportions et la belle espérance qui s'est levée pour la production et le commerce congolais paraît devoir assurer à notre province africaine un renouveau d'activité.
C'est dans ce sentiment, conclut le ministre, que je déclare ouverte la section coloniale de l'Exposition de Bruxelles.

A ce moment la parole fut donnée au micro. Au milieu du silence religieux de l'assistance, celui-ci diffusa une brève déclaration prononcée à Leopoldville par M. Ryckmans, gouverneur général du Congo. Le Gouverneur général y exprimait sa foi dans les destinées de la Colonie et sa joie d'apprendre que l'Exposition de Bruxelles s'enrichissait d'un pavillon colonial qui mît en relief auprès de l'étranger les ressources énormes du Congo Belge.

© Le Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Bruxelles 1935