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Pavillon Officiel du Congo Belge


Pavillon Officiel du Congo Belge à l'exposition de Bruxelles 1935

© L'Epi
Architecte(s) : René Schoentjes

Le Pavillon officiel était situé au sommet de l'avenue Coloniale, non loin du Stade et y couvrait une superficie de 2,000 mètres carrés. Il était l'œuvre de l'architecte René Schoentjes qui avait voulu évoquer chez le spectateur, à l'aide d'éléments choisis dans l'art indigène, les sensations de rudesse, de contraste et de mystère qu'il éveille.

Les ruptures brusques de rythme et de couleur, telles les frises verticales asymétriques, constituent en effet un des caractères les plus originaux de l'art africain.

Le Pavillon se composait de deux ailes comprenant chacune quatre vastes salles et d'un Salon d'Honneur, situé à l'entrée et dont le faîte se terminait à 28 mètres de hauteur par une coupole élancée. Les parois en étaient tapissées d'un tissu rappelant les nattes connues sous le nom de velours du Kasaï. Les angles de la tour étaient garnis de masques, de sceptres de chefs, de lances, de boucliers et de trophées.
Au centre du salon se dressait un socle de marbre noir portant le buste en ivoire du roi Léopold III, exécuté par le statuaire Courtens.

Un diorama du peintre Lantoine, montrant un des aspects grandioses du Congo, occupait le fond de ce salon où l'on avait placé aussi six jolis bas-reliefs du sculpteur Matton, représentant les étapes de la pénétration du Centre Africain par la Côte Occidentale.

Le premier hall à droite était consacré aux œuvres de civilisation et aux missions catholiques. Le public y pouvait admirer une maquette de la mission de Kisantu; quatre groupes plastiques représentant les œuvres missionnaires; une carte agricole des missions; un tableau « Le Congo au Christ »; des vues montrant les agrandissements d'églises au Congo; des vêtements et objets nécessaires au culte et aux écoles, de l'ouvroir du Sacré-Cœur; ainsi que divers dioramas montrant l'œuvre civilisatrice des missions dans la colonie.

Celle-ci est actuellement divisée en 23 vicariats et préfectures apostoliques groupant 1251 Pères et Frères et 1,009 religieuses, qui exercent leur action sur 1,105,838 chrétiens et 764,519 catéchumènes.

Quant aux missions étrangères, elles comptent 806 hommes et femmes et s'étendent sur 216,481 chrétiens et 142,047 catéchumènes. Seule, la mission protestante qui a le Ruanda-Urundi comme champ d'action, est belge.

L'action des associations religieuses ne s'est pas bornée à la seule évangélisation; elle s'est exercée dans les domaines de l'enseignement, de l'hygiène et de l'assistance sociale envers les indigènes.

Le hall suivant était consacré à l'éducation coloniale, à l'enseignement au Congo, à la documentation scientifique, dont voici les rubriques :
Enseignement au Congo : Carte lumineuse représentant les progrès de l'enseignement. Carte en relief indiquant par un jeu de lumière les maisons de formation;
Enseignement pour filles : Cinq maquettes représentant les différentes phases de l'enseignement. Meuble lumineux avec vues. Travaux d'élèves;
Enseignement pour garçons : Grandes photos représentant l'enseignement primaire, moyen, professionnel et normal. Trois meubles lumineux avec photos se rapportant à l'enseignement. Objets confectionnés dans les ateliers par les enfants;
Enseignement colonial en Belgique : Université coloniale d'Anvers. Programme des cours et agrandissements photographiques;
Musée du Congo Belge : Vues du Musée; Laboratoire du service chimique et onialogique : Tableaux synoptiques. Echantillons de produits;
Bureau Ethnographique : Divers ouvrages ;
Institut Royal Colonial : Tableau mentionnant les différentes sections. Publications, bulletins, mémoires;
Revue Congo : Tableau-programme. Publications. Ouvrages;
Union Coloniale Belge : Tableau exposant l'activité de l'Union Coloniale. Programme des cours. Comités;
Universités de Bruxelles, Louvain, Gand et Liège : Tableaux donnant le programme des cours coloniaux;
Institut Agronomique de l'Etat à Gembloux : Programme des cours coloniaux;
"Hoogere Landbouwschool" à Gand : Programme des cours coloniaux;
Ecole Moyenne d'Horticulture de l'Etat à Vilvorde : Programme des cours.

L'enseignement au Congo comprend d'abord l'enseignement pour enfants européens. Les principales écoles sont celles d'Elisabethville (enseignement primaire et moyen); de Jadotville (enseignement primaire) et quelques cours organisés dans divers centres. 676 élèves suivaient cet enseignement en 1933, groupés en 11 écoles que desservaient 54 instituteurs et institutrices.
L'enseignement pour enfants indigènes est donné :
dans les écoles officielles;
dans les écoles libres.
Les écoles officielles, au norrbre de 11, fonctionnent dans les principaux centres. En 1933, elles étaient fréquentées par 5,649 élèves sous la direction de 76 instituteurs et institutrices européens et 124 instituteurs et monitrices indigènes.


Les écoles libres des missions nationales donnent l'enseignement primaire et secondaire. Elles accusaient en 1933 une population totale de 202,425 élèves, répartis en 4,096 écoles dirigées par 789 missionnaires assistés de 5,362 moniteurs et monitrices indigènes.
En ajoutant à ces chiffres, ceux de la population scolaire de certaines écoles non subsidiées, on peut fixer à 400,000 le nombre d'écoliers, soit 12 % de la population.

L'enseignement colonial en Belgique comporte de son côté diverses institutions :
Le Musée du Congo Belge à Tervueren, comprenant 7 sections : sciences morales, politiques et historiques ; économiques ; ethnographiques ; d'anthropologie et de préhistoire ; de géologie et de minéralogie ; des sciences naturelles ; botanique ;

Le laboratoire de recherches chimiques et onialogiques à Tervueren;
L'institut royal colonial belge à Bruxelles ;
L'Université coloniale d'Anvers ;
L'Ecole coloniale de Bruxelles ;
6. L'Ecole de médecine tropicale d'Anvers.?Le hall III groupait tout ce qui a trait à l'hygiène et aux œuvres sociales. Il comprenait :

1- Un diorama relatif à l'assistance médicale aux indigènes. Œuvre de l'artiste Henri Kerels, il représentait la scène suivante : Le médecin, l'agent sanitaire et les infirmières indigènes, au cours d'une tournée médicale itinérante, sonl arrivés depuis quelques heures dans un village, où les habitants eux-mêmes ont bâti un petit dispensaire, sur les conseils du médecin. Toute -.a population des environs s'est rassemblé autour du dispensaire. Le médecin et l'agent sanitaire ont rapidement examiné chaque indigène, pour dépister les malades. Les malades retenus sont examinés à fond et traités.

2- Maquettes et Groupes. Cadres sur chevalets. L'assistance médicale aux Européens est assurée au Congo Belge par des établissements hospitaliers modernes, dont le plus important est l'hôpital des Européens de Léopoldville : la Clinique Reine Elisabeth. C'est cette clinique que représentait la maquette placée au milieu de la salle.

Trois groupes sculpturaux évoquaient l'aide des Missions religieuses nationales dans l'assistance médicale aux indigènes : Le groupe de la maladie du sommeil, celui de la lèpre, celui de l'assistance aux mères et aux nourrissons.

Quatre grands cadres montraient :
a) Carte de l'occupation médicale du Congo Belge ;
b) Carte de la répartition des Maisons médicales itinérantes destinées à combattre la maladie du sommeil, avec l'indication de l'intensité de l'endémie au Congo Belge ;
c) Le tableau des graphiques, par sous-secteurs, de l'enquête démographique faite par le Fonds Reine Elisabeth pour assistance médicale aux indigènes, dans sa zone d'action du Bas-Congo.
d) Le tableau des graphiques, par sous-secteurs, des maladies endémiques diagnostiquées et traitées par FOREAMI dans sa zone d'action du Bas-Congo.

3. Panneaux muraux : Les différents panneaux étaient garnis de photographies, de graphiques, de cartes et de notices explicatives concernant l'activité des différents services et des différentes œuvres représentées. En faisant face au diorama, on voyait à gauche des tableaux graphiques et des représentations des principaux hôpitaux du Service d'Assistance du Gouvernement, qui groupe à lui seul un peu plus de la moitié des médecins de la Colonie.

Au milieu, entourant immédiatement le diorama, le Fonds Reine Elisabeth pour l'Assistance médicale aux indigènes avait exposé le buste de la gracieuse Souveraine, exécuté par le sculpteur Vinçotte. Des tableaux statistiques, des vues photographiques résumaient le but et l'activité du Fonds.

A droite du diorama, on pouvait admirer le magnifique Institut de Médecine Tropicale « Prince Léopold », inauguré à Anvers en 1933. Des vues représentant les laboratoires de parasitologie, de bactériologie et d'hygiène de la Colonie, occupaient la partie voisine du panneau. L'Institut Prince Léopold et les laboratoires du Congo devaient être ainsi réunis, en raison de la collaboration active qui existe entre eux.

A gauche de l'arcade, un groupe d'oeuvres sociales s'adressant aux indigènes, exposait l'activité qu'elles ont déployée au Congo.

A droite de l'arcade, les principales sociétés coloniales montraient chacune, par quelques vues photographiques, l'organisation de leur service médical, destiné notamment à leur main-d'œuvre indigène.

Faisant face au diorama :
a) La Fondation Médicale de l'Université de Louvain au Congo (F.O.M.U.L.A.C.) qui consacre son activité à Kisantu (Bas-Congo), à Yasa (Kwango) et à Katana (Kivu), à l'assistance médicale et à la formation d'infirmières indigènes ;
b) L'Aide Médicale aux Missions, qui soutient les œuvres médicales des missions nationales ;
Les œuvres sanitaires multiples réalisées au Congo dans les nombreux postes des Missions nationales : dispensaires, hôpitaux, consultations pour nourrissons, participation au Service Médical itinérant ;
c) La Croix Rouge du Congo, qui consacre son activité au Nepoko, à la lutte contre la lèpre, et à toutes les formes de l'assistance médicale aux indigènes et qui a, en outre, organisé des services de médecine sociale dans certaines cités indigènes des grands centres, notamment à Léopoldville.

Les Missions religieuses étrangères avaient représenté en quelques tableaux et photographies lumineuses les nombreuses œuvres médicales et sociales qu'elles ont organisées ainsi que leur activité dans 1'evangélisation et l'enseignement.

Enfin, un ensemble d'œuvres et de groupements rappelait l'activité déployée pour secourir médicalement ou socialement les coloniaux rentrés en Belgique.

4. Meubles lumineux : Sur une grande partie du pourtour de la salle, des meubles lumineux étaient garnis de nombreuses photographies diapositives (installations médicales ou scènes d'assistance).

Le hall IV était consacré aux œuvres d'inspiration congolaise. A l'entrée de ce hall, deux vitrines réunissaient notamment les ouvrages littéraires.

La littérature coloniale compte un grand nombre d'écrivains : pour encourager ceux-ci, le Roi Albert créa en 1922 un prix triennal de littérature coloniale. Depuis, toute une pléiade d'écrivains coloniaux a pris davantage conscience de la valeur de sa tâche. Des livres belges, édités en français ou en flamand, tracent un panorama attrayant de nos possessions d'outre-mer. Une section leur était entièrement réservée, tandis qu'une autre découvrait, au hasard d'une sélection forcément restreinte, des volumes étrangers (anglais, américains, français, allemands, hollandais, suisses, polonais, hongrois, italiens, etc.) se rapportant au Congo Belge et au Ruanda-Urundi ; tant il est vrai que ces régions « merveilleuses », comme les désignent le titre de l'un d'eux, ont conquis l'imagination des voyageurs de toute nationalité. Bien mieux, elles devaient littéralement pousser dans la carrière des lettres Joseph Conrad, l'un des plus puissants romanciers de la vie maritime et coloniale. Le Congo est à la fois une source de richesses matérielles et d'émotions intellectuelles.

Deux vitrines avaient été réservées à l'art nègre, dont la fraîcheur d'inspiration avait déjà frappé les premiers explorateurs.

Le Gouvernement a d'ailleurs institué unecommission pour la protection des Arts et Métiers indigènes.

Ce salon comprenait aussi un nombre considérable d'oeuvres belges d'inspiration congolaise.

L'Office Colonial du Ministère des Colonies a pour objet de faire connaître tous les produits du Congo susceptibles d'intéresser le consommateur métropolitain et de documenter le producteur belge sur les débouchés que lui offre la Colonie.

Il occupait le hall suivant, dont les parois étaient ornées de vitrines où étaient représentés les principaux produits d'exportation : l'or, le cuivre, l'étain, l'uranium, le diamant, le caoutchouc, le copal, le café, le cacao, le sésame, l'huile de palme et la noix palmiste, le coton, les peaux, l'ivoire et les bois. Des diagrammes montraient la progression de l'exportation, de 1908 jusqu'en 1934. Une carte murale indiquait les régions de production. L'exécution de cet ensemble était l'œuvre du peintre de Vaucleroy.

Un Hall était dédié à l'agriculture. Il comprenait :
1. Un grand diorama représentant le paysannat indigène dans la zone des hauts plateaux de l'Est. Il était l'œuvre du peintre Kerels ;
2. Deux dioramas relatifs au Parc National Albert, œuvres également de M. Kerels. Le Parc National Albert est une vaste réserve où faune et flore sont sévèrement protégées. Le premier diorama représentait la plaine du Lac Albert; le second la région des volcans, avec ses montagnes et ses forêts de bambous;
3. Une toile peinte évoquant une palmeraie au Congo;
4. Des photos et des diagrammes relatifs à la sélection de l'Elaeis, de l'Hévéa, du coton et du café; et aux progrès réalisés par les grandes cultures coloniales;
5. Une carte des élevages de la Colonie;
6. Des tableaux relatifs aux maladies du bétail;
7. Des sculptures : un okapi/ exécuté par M. de Meester de Betzen-broeck et un gorille, du même sculpteur.

Le Hall VII était relatif aux affaires économiques et aux travaux publics. L'activité de la Direction générale de ce département était représentée comme suit :

AU STAND OFFICIEL DE LA COLONIE :
Première Direction : Service des terres. — Une carte lumineuse indiquait les captages des chutes d'eau, complétée par des photographies de ces travaux, ainsi que des centrales électriques.
Une autre carte montrait les concessions de terres accordées dans le Mayumbe; elle était illustrée par des photographies, donnant une idée de la région et des exploitations qu'on y rencontre.

Deuxième Direction : Service des mines et de la main-d'œuvre. — La Commission de géologie créée par Arrêté Royal, exposait une grande carte géologique de la Colonie, donnant les derniers aspects du travail fourni par la Commission.
Outre les feuilles éditées et les feuilles en préparation, la carte géologique exposée donnait en teintes estompées, les régions qui n'ont pas encore fait l'objet d'une étude approfondie. Cette carte était complétée par des photographies et des échantillons minéralogiques ; d'autre part, quatre colonnes de marbre supportaient quatre types caractéristiques de minerais découverts au Congo.
Une autre carte, lumineuse celle-ci, indiquait les gisements miniers; des photographies en montraient certains aspects et un dessin reproduisait les traits du géologue Cornet.
Une carte de la main-d'œuvre montrait pour chaque région, le nombre maximum d'ouvriers susceptibles d'être sollicités d'engager leurs services dans les entreprises européennes, sans qu'il y ait un risque de déséquilibre social.

Troisième Direction : Commerce. — Une carte lumineuse de la production du sol et du sous-sol du Congo Belge avec l'indication du tonnage produit en 1934 par district. La production se rapporte aux arachides, au bois, au cacao, au café, au copal, au coton, à l'huile de palme, aux noix palmistes, au maïs, au riz, au sésame, au sisal, à l'ivoire, au charbon, au cobalt, au cuivre, à l'étain, à l'or, aux diamants.
Au bas de la carte étaient posées des photographies lumineuses qui avaient trait à la production ou au traitement de ces divers produits.
Les statistiques d'exportation étaient figurées par des silhouettes allégoriques et par des échantillons de produits.

Quatrième Direction : Travaux publics. — A côté d'une carte lumineuse des voies de communication, indiquant les chemins de fer, les fleuves et rivières navigables et les routes, se trouvaient une carte et des diagrammes des passes du Bas-Congo. Le service des voies navigables au Congo était également présenté sous forme de cartes, de diagrammes et de commentaires, tandis que le curage des rivières et la construction des routes étaient présentés au public au moyen de textes et de photographies appropriées.

Cinquième Direction : P.T.T. — Une carte lumineuse indiquait le réseau de T.S.F. et les lignes postales. Des graphiques donnaient une idée de l'importance du mouvement des correspondances et des télégrammes, et un tableau de timbres-poste rappelait les principales émissions de timbres de la Colonie.
Le vélum des Halls VII et VIII avait été exécuté par Mademoiselle Desguin.
Venait ensuite le Hall VIII, consacré au Gouvernement et à l'Administration, à la Cartographie ; à la Force Publique et aux Finances.
Le service cartographique et géodésique exposait : une carte du Graben, du Tanganyka-Nord; du Ruanda-Urundi; du relief de la région des volcans du Kivu; une carte du Congo Belge politique, au 4,000,000ème, géologique, courriers postaux, politique, hypsométrique, voies de communications, hydrographique; juridique du Congo Belge; hypsométrique du Bas-Congo. Un levé du cours du Kasaï; une carte de Léopoldville. Diverses cartes du Congo Belge au 4,000,000ème/ de 1902, 1907, 1910 et 1913; des agrandissements photographiques de divers aspects géographiques.

Les Finances (Impôts-Douanes) montraient :
1°) Un tableau des billets et monnaies émis par l'Etat Indépendant du Congo;

2°) Un tableau des billets de la Banque du Congo Belge et monnaies en métal inférieur émis par la Colonie;
3°) Un graphique de la dette directe, flottante et consolidée de 1908 à 1934;
4°) Un graphique de la dette indirecte de 1908 à 1934;
5°) Un tableau comparatif des recettes de la Colonie en francs papier, stabilisés depuis 1908 à fin 1933.

Devant ce panneau, le Service exposait une vitrine de 2 mètres, contenant des monnaies primitives, etc.

Deux cloisons basses étaient réservées au Service de la Force Publique. L'une portait de très beaux agrandissements photographiques relatifs au passé. L'autre était réservée aux photos des troupes récentes.

Sur une estrade basse était disposé un groupe militaire (canon Nordenfelt, avec affût à roues); trois mannequins (l'officier et deux soldats de la période de campagne anti-esclavagiste) et trois mannequins (officier et deux soldats de la période actuelle).

Une vitrine contenait une réduction de canon Saint-Chamond et des objets fabriqués dans les camps militaires.

L'occupation de plus en plus complète de l'immense territoire de la Colonie a nécessité en ces dernières années un accroissement considérable du personnel administratif.

Celui-ci comprend actuellement 1,850 agents. Le Gouverneur général est assisté par des Inspecteurs d'Etat. A la tête des six provinces se trouve un Commissaire assisté d'un Commissaire de district principal. Les seize districts sont divisés eux-mêmes en cent et quatre territoires.

Le service de l'Etat-Civil a pris une extension particulièrement importante. Il y a actuellement cent et quatre bureaux principaux, soit un au chef-lieu de chaque territoire et de nombreux bureaux auxiliaires.

La population blanche qui était en 1890 de 744 personnes, a atteint 17,588 en 1933.

L'organisation judiciaire a pris, elle aussi, un développement considérable. Il existe deux cours d'appel, six tribunaux de première instance, seize tribunaux de Parquet, seize tribunaux de district, cent et quatre tribunaux de police, seize conseils de guerre et six conseils de guerre d'appel. La création de tribunaux indigènes complétera bientôt l'organisation judiciaire.

Au point de vue pénitentiaire, il existe actuellement six maisons centrales et cent et quatre maisons de détention, soit une au chef-lieu de chaque territoire.

Le service dactyloscopique, qui est en plein développement, sert à l'identification des travailleurs indigènes et au recensement de la population.

Les localités importantes sont dotées d'une police urbaine, indépendante de la Force Publique. Le cadre se compose d'éléments européens spécialisés, ayant sous leurs ordres de nombreux agents de couleur.

Aux chefs-lieux des territoires et dans les agglomérations secondaires, l'administration territoriale dispose d'un détachement de soldats de la Force Publique. Enfin au sein des chefferies, le chef exerce le pouvoir de police.

De 1885 à ce jour, la législation a pris une extension considérable; le code civil, le code de commerce complété par de multiples décrets relatifs aux matières commerciales, forment un arsenal de lois d'une importance primordiale.

Les services foncier, cartographique et géodésique se sont développés parallèlement.

La Force Publique est placée sous la haute autorité du Gouverneur général, assisté par un officier général ou supérieur. Elle comprend les troupes campées et les troupes en service territorial. Officiers et sous-officiers doivent avoir appartenu à l'armée métropolitaine. Les soldats et gradés sont des indigènes recrutés par le système du volontariat.

La Force Publique participe largement à l'œuvre de civilisation entreprise par la Belgique. L'instruction générale et l'enseignement professionnel dont bénéficient les soldats indigènes leur rendent d'inestimables services lorsqu'ils sont rendus à la vie civile.

Le développement du système bancaire a permis d'organiser sur une vaste échelle le crédit de la Colonie.

Le tarif douanier à l'entrée, appliqué également dans les territoires du Ruanda-Urundi, est basé en général sur la taxation « ad valorem » qui, en raison de la mobilité des prix des marchandises, est plus souple, plus juste et sauvegarde tous les intérêts.

Ce tarif est conçu de façon à favoriser l'hygiène en général, ainsi que l'équipement économique de la Colonie et la diffusion de l'enseignement. Des mesures récentes ont eu pour objectif de réduire le coût de la vie dans la Colonie.

Les produits exportés du Congo Belge et du Ruanda-Urundi sont soumis au paiement de droits de sortie, fixés d'après leur nature et leur valeur. Les bases imposables sont déterminées périodiquement, en tenant compte des cours et des frais de réalisation.

Par application de la Convention signée à Saint-Germain-en-Laye, le 10 septembre 1919, aucun traitement différentiel n'est imposé aux marchandises et produits, à l'entrée ou à la sortie.

© Le Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Bruxelles 1935