Retour - Liste Pavillons

Textiles


Textiles à l'exposition de Bruxelles 1935

© E. Sergysels
Architecte(s) : Julien De Ridder

Le pavillon des Textiles, de 4,000 m2 de superficie, construit selon les plans de l'architecte J. De Ridder, comprenait trois ailes s'étendant à front de l'Avenue du Centenaire, de l'Esplanade des Grands Palais et de l'Avenue Astrid et développait une façade de 150 m2, flanquée à ses deux extrémités de tours de plus de 20 mètres de hauteur. Vers les jardins de la Section belge, le pavillon présentait une façade de même développement couronnée de terrasses en jardins. De jolis parterres, des pièces d'eau, des pergolas, des sculptures constituaient de ce côté une oasis de verdure, d'où le regard embrassait les frondaisons du Parc Forestier par delà la Section française.

Couvertes d'un enduit de grain de nuance marine claire et crème, de bandeaux de métal chromé, de motifs décoratifs délicatement fouillés, d'une frise lumineuse originale, les façades s'ornaient vers l'Esplanade des Grands Palais d'une large entrée encadrée de superbes céramiques dues au talent de M. Hellemans. Cette entrée donnait accès à une cour d'honneur au milieu de laquelle se dressait la très belle figure « le Drap », œuvre du statuaire Oscar Declerck. De cet atrium, l'on pénétrait dans le pavillon même où régnait en maîtresse la Fée Electricité.

Le grand hall, bordé des vitrines des maisons de haute couture, fourrures, chapellerie, etc., était occupé au centre par la joaillerie, l'orfèvrerie, l'industrie diamantaire. Une série inestimable de pierres et de joyaux éblouissait le regard. Un diorama animé montrait un gisement diamantifère en exploitation, tandis qu'un atelier d'ouvriers diamantaires permettait d'assister aux opérations de la taille, à la loupe, des facettes d'une pierre.

Parmi les pièces rares, l'on remarquait le plus petit brillant du monde, et, d'autre part, l'une des plus grandes perles, le « Glory of California », pesant 112 grains. Plusieurs joyaux en brillants, notamment un étincelant panneau portant le chiffre des Souverains, retenaient l'attention.

De ce hall, où les effets d'éclairage les plus heureux accroissaient encore l'attrait des articles créés pour satisfaire la coquetterie féminine et qui était animé, à différents moments, par la présentation de modèles, le visiteur pénétrait dans celui du vêtement, où se dressaient les stands de nos principales maisons de confections pour hommes et pour dames, et ceux de la lingerie et du matériel de la couture. Ce hall se terminait par une curieuse verrière de verre noir dans laquelle étaient enchâssés comme des joailleries anciennes, trois très beaux vitraux de l'artiste peintre L. Crespin.

L'ensemble de cette partie du Pavillon dégageait une impression profonde d'art et de luxe. La haute couture était représentée par quelques-unes des plus importantes firmes belges. Tout ce que le génie d'habiles créateurs et d'artistes à conçu pour satisfaire aux exigences de la mode y était présenté avec une maîtrise exceptionnelle. Un de nos grands couturiers avait reconstitué de la façon la plus heureuse une « Journée Bruxelloise en 1900 » : l'on y admirait un groupe d'élégantes de l'époque parées de leurs plus beaux atours, tandis que dans une autre vitrine, le public voyait se dérouler une soirée mondaine en 1935.

En passant du hall central vers la gauche, on rencontrait successivement la collectivité des coiffeurs et parfumeurs, abritée sous une coupole baignée d'une lumière rose éclatante, la Section de la lingerie pour hommes et pour dames, dans un cadre riant; celles de la dentelle et de la bijouterie de fantaisie, rivalisant d'ingéniosité dans la présentation; celles de la fourrure; de la broderie et de la passementerie — depuis les rubans légers jusqu'aux chasubles pieuses — des chapeaux, des fleurs artificielles; des sacs à main, parasols et parapluies; des plumes; des boutons, boucles et garnitures, etc.

La Section des industries textiles proprement dites, comprenant les collectivités de la soie artificielle; de la soie naturelle, du coton, du lin, des blanchiments et apprêts, de la corderie et ficellerie, de la laine et du matériel pour textiles offrait le plus vif intérêt.pour le visiteur. C'est qu'en effet la fabrication des tissus et la production des matières premières y était montrée de façon particulièrement vivante. Ici une grande allégorie animée représentait « le Textile habillant le Monde »; là une presse automatique, toujours en mouvement, montrait comment on imprime les ramages d'une pièce de soie.

Cette section, fort importante, des textiles, reliée aux autres groupes du Pavillon, possédait deux entrées directes, l'une d'elles, donnant sur l'Avenue Astrid, était surmontée d'un agrandissement photographique de 10 x 2 mètres, dû au talent de M. Sergysels; l'autre donnant sur les jardins de la Section belge, s'ouvrait sous une très belle figure en bas-relief « La Femme au Rouet » dû, comme « le Drap », au ciseau de M. Oscar Declerck.

C'est le 18 mai que fut inauguré le Pavillon des Textiles. La cérémonie était présidée par M. Raymond Vaxelaire, Président du Groupe qu'entouraient MM. Hirsch, Max Wolfers, Alten-ioh, Smets, Bâillon, Eeckelaers, Bernheim, le comte de Hemptinne, Présidents des diverses sections. Elle était honorée de la présence de M. Van Isacker, Ministre des Affaires Economiques.

M. R. Vaxelaire prononça le discours d'ouverture et rendit hommage à l'architecte du Pavillon. Le baron Casier de ter Beken, président du Groupe XX rappela à son tour le rôle important des Flandres dans l'histoire de l'industrie textile belge. M. le Vicomte Yvan Simonis montra quelle était la situation actuelle des industries textiles.

M. Van Isacker, après avoir de son côté montré combien l'industrie textile est essentiellement belge, exprima l'opinion qu'elle est et demeure une de nos grandes espérances.

Quelques jours après, M. Van Isacker revenait inaugurer dans le même pavillon la section des diamants et des pierres précieuses.

M. Lipschutz, Président de la classe des Bijoux, lui en fit les honneurs ainsi qu'aux personnalités belges qui l'accompagnaient. Des discours furent prononcés par M. Raymond Vaxelaire et par le Ministre.

Le samedi 22 juin eut lieu une grande journée des Textiles. L'organisation en avait été confiée à M. Maurice Guelton, Administrateur de la Bourse aux Textiles, lequel était assisté dans sa mission de MM. Jules Bertrand, Ernsst Dubois, Alexis Carbonez et Hubert Van Genneken.

© Le Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Bruxelles 1935