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Eaux et Forêts


Eaux et Forêts à l'exposition de Bruxelles 1935

© E. Sergysels
Architecte(s) : Henry Profiter

Erigé à l'angle des Avenue Astrid et des Frondaisons, derrière un massif de beaux peupliers, le Pavillon des Eaux et Forêts (architecte Henry Profiter), comprenait trois grandes divisions : la participation officielle du Ministère de l'Agriculture, la Chasse et la Pêche. Le Pavillon était construit entièrement en bois belges : les façades extérieures en « bastaings » d'orme, la couverture en bardeaux de mélèze refendus, 4es lambris et les plafonds en épicéa, platane, frêne, francpicard.

A l'avant-plan, une rotonde de 11 mètres de diamètre abritait une série d'aquariums peuplés par les collections des pisciculteurs belges. Cette exposition se prolongeait le long du vestibule d'entrée. Ingénieusement illuminée, elle permettait de voir évoluer librement les diverses espèces de la faune aquatique du pays.

Des stands étaient consacrés aux engins de pêche, aux appareils, au matériel d'élevage.

De ce vestibule, une large baie donnait accès à la salle de la Chasse où, sous des vitrines, étaient exposés les produits réputés de l'armurerie nationale. Garnie sur tout son pourtour de trophées de chasse, cette salle était complétée par un diorama représentant « La Chasse aux Canards », du peintre De Kat.

Grâce à la collaboration des chasseurs, les , plus belles pièces de tableaux de chasse s'y trouvaient réunies. Dans la catégorie des « Brocarts », deux des pièces exposées représentaient des records à l'actif de la Belgique : celui de la hauteur avec 32 cm. 1/2, celui de la bizarrerie avec un 14 pointes.

Ces splendides trophées témoignent des résultats obtenus, grâce aux mesures rationnelles adoptées par les maîtres de Vénerie. On tire à présent à balles; d'autre part, l'amélioration de la nourriture sous toutes ses formes, la régénération du gibier par l'introduction de sang nouveau, la constitution de grandes réserves, ont considérablement enrichi notre cheptel giboyeux.

L'entomologie, les grains, les champignons, etc., étaient également représentés dans cette salle.

Un passage surbaissé la séparait de celle réservée à la participation du Ministère de l'Agriculture. A l'intersection des deux ailes, la reconstitution d'un coin de forêt ardennaise, avec sa faune et sa flore particulière, montrait au visiteur la plupart de nos animaux-gibiers, ainsi que leurs ennemis les plus dangereux. Les animaux étaient classés sous trois rubriques :
1) la faune forestière belge : cerf, sanglier, marcassin, faisan, lapin, perdrix, gelinotte, bécasse, chevreuil, coq de bruyère, lièvre, hermine, putois, furet, blaireau, renard, merle noir, fauvette à tête noire, verdier;
2) les ennemis du gibier : loutre, hobereau, hibou moyen, duc, cheviche, faucon, émerillon, coucou, buse cendrée, buse pas-su e, crécerelle des clochers, faucon pèlerin, épervier commun, buse vulgaire, chat sauvage, fouine, hermine, martre, putois, blaireau, renard, belette, écureuil, pie, geai;
3) les ennemis du poisson : héron cendré, cigogne blanche, loutre, milouin, huitrier, foulque, grue, poule d'eau, avocette, putois, martin-pêcheur, chevalier gambette, chevalier pointillé, chevalier sylvain, buzard Saint-Martin, corneille mantelée, buzard des marais, cormoran, milan royal, butor étoile, barge rousse, mouette rieuse, merle d'eau.

Des graphiques indiquaient les richesses forestières de chaque province; des spécimens de nos diverses espèces de bois, une documentation suggestive sur la lutte contre les maladies des arbres, une série de vitrines consacrées aux insectes nuisibles faisaient de ce pavillon un centre particulièrement instructif.

La plus récente statistique forestière, celle de 1930, indique que nos forêts ont une superficie totale de 21,000 Ha, dont 39,380 Ha de futaie pleine feuillue comprenant la forêt de Soignes et celles des Ardennes; 82,410 Ha de taillis sous futaie; 99,420 Ha de futaie résineuse, disséminée en massifs d'étendues variables depuis les Dunes jusqu'au sommet des Hautes-Fagnes; 590 Ha de semis et plantes feuillues, 39,200 Ha de taillis simples situés dans les Basses et Moyennes Ardennes.

Sans y comprendre, les massifs du pays annexé, l'étendue résineuse a augmenté de quelque 20,000 Ha de 1910 à 1930; elle a d'ailleurs passé de 30,130 Ha en 1895 à 55,490 Ha en 1910.

Le Ministère de l'Agriculture a, depuis 1885, boisé de grandes étendues de terrains incultes délaissés par les usagers, agrandi l'aire forestière, enrichi la forêt en augmentant le nombre et les dimensions des arbres.

L'Administration des Eaux et Forêts a créé 13 inspections forestières se partageant 46 cantonnements, répartis en un nombre varié de brigades qui comprennent chacune plusieurs triages.

L'ensemble des agents forestiers comporte environ 750 préposés. Ces emplois sont conférés à ceux qui ont obtenu un certificat de capacité en sylviculture. Les Inspecteurs, sous-directeurs et gardes généraux doivent être porteurs du diplôme d'ingénieur agricole ou agronome délivré par les Instituts de Gembloux, Louvain et Gand.

Cette Administration possède également la gestion générale des affaires de chasse et celle des rivières,- la surveillance de la pêche lui appartient. Souvent déjà, elle a pourvu au peuplement des rivières en jeunes poissons. Elle a organisé en outre un service de consultations aux particuliers pour tout ce qui relève de la sylviculture, ainsi qu'un service spécial des expériences scientifiques en matière forestière.
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Le Pavillon des Eaux et Forêts fut inauguré le 23 mai par M. De Schrijver, ministre de l'Agriculture, qui fut reçu par M. Charles Terlinden, président du groupe.
En réponse à son allocution de bienvenue, le Ministre exprima son admiration pour le magnifique ensemble réalisé dans ce Pavillon, et qui donnait un aperçu complet de la faune de nos forêts et de nos plaines, dans un cadre tout à fait approprié.

© Le Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Bruxelles 1935