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Arts Graphiques


Arts Graphiques à l'exposition de Bruxelles 1935

© E. Sergysels
Architecte(s) : F. Petit

A proximité immédiate du Pavillon des Arts décoratifs s'élevait le Pavillon des Arts graphiques, où se trouvaient réunis les instruments et procédés généraux des lettres, des sciences et des arts. D'une superficie de 2000 m2 environ, sa hauteur était proportionnée aux objets exposés, dont les dimensions restreintes exigeaient un cadre intime. Il était l'œuvre de l'architecte Fernand Petit; les fresques et les vitraux des halls avaient été réalisés d'après les cartons du peintre Armand Paulis; le sculpteur Bernard Callie avait exécuté pour le jardin deux figures allégoriques : « l'Inspiration » et « la Pensée ».

Les différentes classes se répartissaient de la manière suivante : un premier groupe se composait du papier, en tant que véhicule des manifestations des Arts et des Sciences; de l'imprimerie; de la librairie; de la photographie et de ses applications industrielles. Il occupait deux grands halls accessibles de l'Avenue Astrid par deux entrées circulaires dont les bas-côtés étaient réservés à la Presse; entre ces deux halls, la classe des instruments de bureau occupait le centre de la partie haute du pavillon, le terrain déclive ayant commandé la disposition en trois paliers.

Pour chacune de ces classes, les appareils les plus modernes, les accessoires les plus perfectionnés illustraient les progrès réalisés par l'industrie nationale. Les travaux typographiques et lithographiques; la photo-mécanique, l'héliogravure, la reliure y attiraient l'attention. Le Salon de la Presse belge, minutieusement ordonné, montrait au public le rôle de premier plan joué par notre presse dans la vie économique du pays. On y trouvait également une documentation éloquente relative à la résistance à l'occupant, durant la guerre et des numéros des premiers journaux parus au lendemain de l'armistice. Une intéressante collection de coupe-file, les photographies des fondateurs de l'Association Générale de la Presse belge, une série de documents illustrés sur l'histoire de la dynastie, complétaient cette attrayante exposition.

La Section du Livre, dans laquelle étaient représentées les principales maisons d'édition de Belgique, comportait une collection très riche et très variée : livres scolaires, atlas, livres d'images, livres artistiquement reliés, livres d'usage courant ; éditions de demi-luxe et de luxe, missels et livres de prières, autant d'aspects différents de l'édition, tant française que flamande.

Au palier intermédiaire voisinaient la classe des instruments de précision et celle de la chirurgie, groupées autour d'une rotonde où se trouvait la nacelle de l'aérostat, à bord duquel MM. Piccard et Cosyns accomplirent leur voyage dans les régions mystérieuses de la stratosphère.

Le palier inférieur était affecté à l'exposition de la monnaie et des médailles ; des machines en activité y frappaient des jetons artistiques commémorant l'Exposition et des pièces de 50 francs.

Une galerie couverte courait le long du bâtiment, entourant un bosquet de verdure aux aspects pittoresques.

L'ensemble de ce Pavillon permettait aux visiteurs de se rendre compte de l'importance de l'édition dans notre pays, dont les origines remontent très haut dans le passé ; car si Gutenberg est l'inventeur du caractère d'imprimerie, la Belgique, par ses illustres enfants Thierry Martens d'Alost et Jean Britto de Bruges, peut revendiquer une grande part dans la première diffusion de la pensée par le livre imprimé, successeur du livre manuscrit.

« L'Art et le faict d'imprimerie » ont atteint dans les anciens Pays-Bas, durant le XVIe et le XVIIe siècle, une haute réputation, dont la gloire de Christophe Plantin et de ses émules est le témoignage le plus éclatant.

C'est au XIXe siècle que l'édition connut en Belgique une période d'éclatante prospérité.

L'absence de réglementation internationale des droits d'auteurs rendait parfaitement licite la reproduction des œuvres de l'esprit sans l'autorisation de l'auteur : aussi, la contrefaçon des œuvres des auteurs français fit-elle la fortune des imprimeurs et éditeurs belges de 1815 à 1845.

Après cette époque, les industries du Livre durent s'adapter à des conditions nouvelles : l'imprimerie, travaillant pour l'exportation, se développa au détriment de l'édition.

En 1840, 760 ouvrages nouveaux sont publiés en Belgique. Ce chiffre atteint en 1880, 1176, en 1913, 3,245.

Puis c'est la période de guerre où la production est à peu près nulle. En 1919, la reprise se fait sentir avec 2302 ouvrages. Depuis lors, ce chiffre reste à peu près constant.

Lorsqu'en 1880, la « Bibliographie Nationale » dressa un inventaire de notre production intellectuelle pendant le premier demi-siècle de notre indépendance, elle releva 80.000 titres. Après cette date et surtout de 1900 à 1914, la production augmenta : on nota 72.926 titres pour la période 1881 à 1914.

Sans rien négliger des progrès techniques, notre imprimerie ne s'est jamais départie de la recherche de la qualité ; et toute une Ecole d'illustrateurs, riche en talent, a doté l'édition nationale d'œuvres remarquables.

Les procédés modernes d'illustration sont d'une infinie variété : héliogravure, offset, typo-hélio, procédé utilisant les encres aquarelles, autant de méthodes de travail différentes qui ont donné à l'illustration un développement prodigieux.

Quant à la presse belge, ses traditions ne sont pas moins anciennes ni moins considérable le rôle qu'elle a joué dans l'activité nationale.

C'est en 1457 que les premiers imprimeurs de Mayence et de Strasbourg publièrent sur feuilles volantes les nouvelles importantes de la guerre contre les Turcs. En 1563 les « Notizie Seritte » publiées à Venise se payaient une « gazetta », pièce de monnaie vénitienne, d'où le nom de gazette qui s'étendit à tous les journaux.

En 1619, Abraham Verhoeven, d'Anvers publia quasi régulièrement ses « Antwerpsche Tijdingen ».

En France le premier journal fut le « Mercure français » qui vécut de 1644 à 1825; vint ensuite la « Gazette de France » fondée en 1672 par Théophraste Renaudot.

En Belgique « De Gazet van Gent » paraissant encore quotidiennement, compte aujourd'hui 266 années d'existence.


PRESSE BELGE.

L'Association Générale de la Presse belge est la représentation morale, organique et dûment qualifiée de la Presse quotidienne du pays. Cinq sections régionales assurent son rayonnement dans les neuf provinces. Une 6ième section, l'Union de la Presse Etrangère, réunit tous les journalistes de métier, correspondants des grands journaux des deux continents.

Pour assurer l'existence civile de ces organismes, pour servir la défense des intérêts professionnels et sociaux des membres de l'organisation, il a été constitué une Union professionnelle de la Presse belge, qui possède une maison de la Presse, gère le Fonds de Chômage, l'économat des achats en commun, édite le bulletin professionnel périodique « Le Journaliste », ainsi que l'Annuaire de la Presse belge.

Les propriétaires, directeurs et éditeurs de journaux ont constitué, en collaboration intime avec l'Association de la Presse belge, l'Entente des Directeurs de journaux de Bruxelles et la Fédération des Directeurs des journaux de province.

Tout en entretenant des relations étroites d'amitié, les journalistes sont groupés aussi selon leurs affinités politiques : Association des Journalistes catholiques; Association des Journalistes libéraux et Syndicat des Journalistes socialistes.

Signalons enfin les œuvres de solidarité et d'entraide; le conseil de conciliation et de discipline; l'Institut pour journalistes avec ses cours permanents et les divers groupements de spécialisation agissant sous l'égide de l'Association Générale.


LA PHOTOGRAPHIE.

L'industrie photographique prit naissance vers 1880. Avant cette époque les photographes devaient préparer eux-mêmes leurs plaques et leurs papier et ce n'est que longtemps après qu'ils abandonnèrent cette technique pour adopter l'émulsion au gélatino-bromure.

La guerre, en créant de nouvelles applications de .la photographie permit à celle-ci de prendre son plein épanouissement : la fabrication d'émulsions rapides; d'émulsions panchromatiques; d'émulsions sensibilisées aux radiations infra-rouge; les progrès de la microphotographie et de la photographie aérienne et astronomique; le développement de la radiographie, autant d'aspects divers de l'activité de cette industrie.

Parallèlement, elle créa un assortiment de papiers répondant aux exigences les plus rigoureuses : papiers de tons différents, supports teintés; papiers pour la reproduction de documents; pour l'enregistrement d'oscillations (employés en électrocardiographie); papiers radiographiques, inversibles, etc.

L'usage des appareils de précision pour l'essai des émulsions et des matières premières entrant dans leur composition, se généralisa rapidement. Le sensitomètre, le spectrographe, réservés auparavant aux laboratoires de recherches, furent introduits définitivement dans les laboratoires de contrôle. Le stalagmomètre (appareil pour mesurer la tension superficielle); l'ionomètre, le microscope et plusieurs autres appareils de précision rendirent et rendent encore chaque jour d'inappréciables services.

L'industrie photographique s'est ainsi résolument engagée dans la voie des techniques rationnelles dont le champ d'application ne cesse de s'étendre.

© Le Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Bruxelles 1935