Retour - Liste Pavillons

Alimentation


Alimentation à l'exposition de Bruxelles 1935

© E. Sergysels
Architecte(s) : Charles Verhelle

Œuvre de l'architecte Charles Verhelle, le Palais de l'Alimentation était l'un des plus vastes de l'Exposition. Il couvrait une superficie de 5,000 m2 et était situé à l'angle du boulevard du Centenaire et de l'avenue Coloniale, face aux jardins du
Pavillon de la France.

Les façades, traitées en lignes sobres étaient entièrement polychromées. A front de celle donnant sur l'avenue Coloniale, une tour d'une trentaine de mètres de hauteur était décorée à sa base de deux puissantes figures symboliques dues au ciseau des sculpteurs Jacobs et Wolf.

D'autre part deux bas-reliefs, oeuvres des statuaires Vriens et Delnest et représentant les produits de la terre et de la mer, ornaient l'entrée principale.

Le long de la façade donnant sur le boulevard du Centenaire courait une spacieuse terrasse d'où les consommateurs jouissaient d'une vue incomparable sur les escaliers d'eau et les jardins.

Quatre grandes sections occupaient ce Palais : la Brasserie belge à gauche; la section des exposants divers située immédiatement derrière et en contrebas; la collectivité de la Confiserie à droite et, derrière celle-ci, l'industrie du sucre.

Chacune de ces sections était divisée elle-même en plusieurs parties :
La Brasserie contenait une vaste salle de débit où les meilleures bières du pays étaient dégustées et dont les murs étaient ornés de devises célèbres et de chansons célébrant les bières nationales.

A gauche, séparée des consommateurs par de grandes glaces brillamment illuminées, une cave-modèle montrait au public la façon dont la bière doit être soutirée et comment doit être agencée et organisée une bonne cave.

Le visiteur pouvait ainsi suivre tout le chemin parcouru par cette boisson, depuis le tonneau jusqu'à son verre.

Chacune de nos brasseries, dans un ordre déterminé par le tirage au sort, fournissait à tour de rôle 6 hectolitres de bière.

Une seconde partie de la Collectivité de la Brasserie comprenait une salle ornée de dioramas et d'appareils de brassage. Une petite salle de brassage permettait au public d'assister à la fabrication de la bière.

Enfin les divers appareils utilisés dans cette industrie, ainsi que des stands réservés aux houblonniers et aux diverses industries connexes complétaient la présentation.

Dans la partie du Palais consacrée aux exposants divers, ceux-ci s'étaient groupés par genre de production, permettant ainsi au visiteur d'avoir une vue d'ensemble de telle ou telle industrie alimentaire. On y voyait les stands des eaux minérales, des produits laitiers, du cidre, du café, des épiceries, des vins, liqueurs et spiritueux, de la charcuterie, de la meunerie, etc.

Dans le hall d'entrée principale, servant de salon d'honneur, on pouvait admirer deux magnifiques panneaux décoratifs, composés par les artistes peintres L. Devos et J. Van Noten. Plus loin, dans une grande fosse aux murs de céramique, fonctionnaient, sous les yeux du public, les machines transformant le sucre, le cacao, etc., en produits finis tels que chocolats, pralines, drops, sucres d'orge, etc.

Cette vaste salle de près de 2,000 m2 était éclairée par de vastes verrières donnant sur le boulevard du Centenaire et sur l'avenue Coloniale. Un élégant tea-room agrémentait la section des chocolatiers, biscuitiers et confiseurs.

Du côté de l'avenue Coloniale, une salle aux parois recouvertes de bois précieux et ornée d'une énorme sphère lumineuse servait de cadre à la section de l'industrie sucrière et de la raffinerie.
C'est le 7 mai 1935, que le Palais de l'Alimentation fut inauguré en présence de M. Van Isacker, ministre des Affaires économiques, des dirigeants de l'Exposition et des organisateurs de la section.

M. Martougin, président du groupe, ouvrit la série des discours en remerciant les personnalités présentes et en rendant un hommage particulier à M. Max.
La première expérience d'une section belge en pavillons séparés, dit-il, voulue par le comte van der Burch, est concluante. Aujourd'hui chaque industrie expose dans une ambiance appropriée. Et pour le public, soumis jadis à un véritable supplice de Tantale, on a supprimé les vitrines. Non seulement il voit fabriquer les produits, mais il peut y toucher, il peut y goûter, en acheter...
M. Van Isacker se réjouit du concours loyal apporté au Gouvernement par les industries de l'alimentation, dans la lutte contre la hausse des prix.
Il félicita chaleureusement les organisateurs de la participation et leur souhaita le plus vif succès.
M. Max clôtura la série des discours. Après avoir rendu justice aux qualités éminentes d'organisateur de M. Martougin, il vanta l'excellence de nos produits et termina par ces mots longuement applaudis : « Donnons, en bons Belges, l'exemple du patriotisme de l'estomac ».

© Le Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Bruxelles 1935