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Automobile


Automobile à l'exposition de Bruxelles 1935

© E. Sergysels
Architecte(s) : Henry Profiter

L'industrie Belge de l'Automobile et du Cycle disposait d'un Pavillon situé en face des Grands Palais et des pièces d'eau, à l'angle des avenues du Centenaire et Charlotte et occupant une superficie de 3,500 m2.

Ce pavillon, dont le style et la présentation remarquables étaient dûs aux conceptions de M. l'architecte Henry Profiter abritait les classes 102 et 103. Il se composait de deux halls en façade, l'un à front de l'avenue Charlotte pour les voitures de tourisme et les carrosseries et qui contenait en outre une curieuse rétrospective de celles-ci; l'autre, à front de l'avenue du Centenaire, pour les poids lourds, motos et vélos. Ces sections, décorées de vitraux exécutés par les peintres verriers Walther Vosch et Jean Timmermans d'après les cartons de l'artiste-peintre Mark F. Severin, étaient reliés à l'avant par un porche monumental, formé d'un bas-relief dû au statuaire War van Asten et à l'arrière par une galerie circulaire abritant les accessoires, les pièces détachées, les pneus, etc. Cette disposition circulaire laissait ainsi la place disponible pour un jardin intérieur qui donnait à l'ensemble un air dégagé et coquet. Les vitrines d'une longueur de 33 m. 60 étendaient tout leur développement sans aucun pilier ni colonne.

La traction routière électrique constitua le premier essai de mécanisation des véhicules routiers jusqu'au moment où, en 1902, le moteur à explosion, inventé par le Belge Lenoir, vint révolutionner les méthodes de construction.

En Belgique, à un Salon du Cycle en 1895, on exposa deux voitures carrossées chez nous, mais possédant un moteur Benz à essence, d'origine allemande.

Au début du XXe siècle, des constructeurs belges avaient entamé la construction de châssis et des carrossiers belges s'étaient évertués à donner au nouveau véhicule un habillage qui s'assortît à sa construction, à sa destination et à sa vitesse.

La guerre amena une nouvelle révolution dans la technique de la construction des châssis. Dès 1920 l'usage de l'automobile particulière et industrielle se répandit avec une rapidité croissante.

Actuellement on compte en Belgique 25 véhicules à moteur par 1,000 habitants.

L'automobile rapporte en moyenne chaque année au Trésor Public environ 1 milliard de francs, soit le 1/10 du budget total de la Belgique. De ce chiffre l'Etat distrait 300 à 325 millions de francs par an pour l'entretien des routes, qui servent d'ailleurs à tous les autres véhicules.

D'autre part, les automobilistes belges dépensent en moyenne pour l'achat, l'entretien, le garage et l'usage de leurs voitures et camions environ 3 milliards de francs par an, ce qui permet de vivre à près de 3,000 entreprises et alimente plusieurs dizaines de milliers d'ouvriers et d'employés.

La Belgique n'a pu songer à la fabrication en grandes séries, seule rémunératrice. L'importance minime du marché belge qui n'absorbe que 10,000 à 20,000 voitures par an et l'existence de barrières douanières à l'étranger ont obligé l'industriel à réduire ses prix de revient par d'autres procédés : achat de licences étrangères ou montage à l'aide d'éléments fournis par l'extérieur et sélectionnés. Cette situation a développé chez nous les usines de construction de roues, de ressorts, d'appareillages électriques, de phares, de glaces, d'engrenages, de pièces de fonderies, de draps spéciaux, de pneumatiques, etc., qui pour une grande part représentent maintenant la véritable industrie belge de l'automobile.

Mais elle n'aurait pas pu vivre des besoins de la seule construction nationale actuelle. Aussi a-t-elle cherché et trouvé un débouché rémunérateur dans les importantes usines de montage de marques étrangères installées chez nous et qui utilisent, elles aussi, un personnel belge considérable.

Un récent accord belgo-américain a développé encore l'activité de ces usines.

Cependant une industrie belge, de réputation mondiale et jadis florissante : la carrosserie, n'a pas bénéficié de ce mouvement de reprise. La fabrication en série a enlevé aux carrossiers belges toute possibilité d'affaires avec la clientèle courante et ne leur a laissé comme clientèle que les acheteurs indigènes opulents et quelques chalands étrangers, pour lesquels la Belgique est restée la partie de la carrosserie de grand luxe d'un goût inégalé.

L'Histoire du Sport automobile en Belgique peut se résumer en une série d'épreuves, dont la principale est sans contredit celle du circuit de Francorchamps, le plus beau d'Europe, comportant des virages courts et larges, des descentes et des côtes, de longues lignes droites et permettant de très grandes vitesses moyennes, puisque certaines voitures ont couvert les 14 km. 864 du parcours à 155 km. 102 à l'heure de moyenne.

Chaque année, les épreuves qu'y organise le Royal Automobile Club de Belgique y attirent des foules cosmopolites.

Le Grand Prix de Belgique des 24 heures réunit annuellement une quarantaine de concurrents, parmi lesquels les conducteurs en renom, pilotant les engins les plus récents.

Le Grand Prix d'Europe eut lieu en Belgique en 1925 et en 1930. Quant au Grand Prix de Vitesse, il fut aussi l'occasion de performances remarquables.

© Le Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Bruxelles 1935