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Hall Latéral de Droite


Hall Latéral de Droite à l'exposition de Bruxelles 1935

© L'Epi
Architecte(s) : Jos. Van Neck

Divisé en trois couloirs centraux et deux allées latérales, il réunissait les sections de la métallurgie, de l'industrie mécanique, de l'électricité, des mines et du matériel de mines. A l'entrée une énorme carte de Belgique était posée à plat sur le sol. Sur cette carte une quantité d'ampoules pointaient toutes les communes du royaume qui sont électrifiées, signalaient les endroits où la fourniture du courant est faite aux industries par les distributeurs privés, montraient les principales lignes à haute tension.

L'Union des Exploitations électriques achevait d'instruire le visiteur sur cet aspect à la fois social et industriel de notre pays, au moyen de graphiques et de dioramas.

La grosse industrie était représentée de façon particulièrement brillante : l'on pouvait voir d'énormes lingots en acier pesant jusqu'à 25 tonnes, des poutrelles aux profils divers, des fers U et T, des rails, des plaques d'appui, des tôles, des aciers spéciaux de construction, etc., etc. Une de nos principales usines exposait une grosse locomotive à accumulation de vapeur.

La plupart de nos charbonnages; les fabricants de conduites d'eau; les laminoirs possédaient aussi une participation remarquable. A côté des produits naturels ou manufacturés qu'ils exposaient, ils présentaient à l'aide de graphiques les diverses œuvres sociales dont ils sont les promoteurs.

Parmi les participations industrielles, celles des usines fabriquant du matériel minier méritent une mention spéciale.

Ce matériel exige une grande robustesse en même temps qu'une rare précision et qu'une maniabilité aisée. Qu'il s'agisse d'outils, de moteurs, de ponts, de grues, de châssis à molettes, etc., ils doivent être éprouvés par des réactions sévères en vue non seulement d'accroître la production mais aussi d'économiser l'énergie des travailleurs et de ménager leur santé et même leur vie.

Aussi certaines maisons belges se sont-elles spécialisées dans cette fabrication : locomotives industrielles de tous types et de toutes puissances, wagons spéciaux, automatiques ou non; grues, ponts-roulants, châssis à molettes, capes de descente en métal léger; tuyauterie d'exhaure de mine; haveuses électriques ou pneumatiques; barres de coup; marteaux piqueurs; appareillage électrique; câbles de sûreté, couloirs oscillants; moteurs à air comprimé pour ces couloirs; tuyauteries d'aérage.

La Belgique occupe, comme chacun le sait, une place de premier ordre dans le domaine de la métallurgie et de l'exploitation des richesses du sous-sol.

L'industrie du fer, qui remonte à la domination romaine, a pris son essor au début du XIXe siècle. C'est en effet en 1817 que furent créées les usines Cockerill.

A partir de 1830, certaines découvertes contribuèrent à lui donner une importance primordiale : la substitution du coke au bois comme combustible dans les hauts fourneaux; la création des premiers chemins de fer; les progrès de l'électricité et ceux de la technique, permirent l'utilisation des riches gisements de fer de la Lorraine et du Grand-Duché de Luxembourg.

L'industrie métallurgique belge comprend la fabrication de la fonte, celle de l'acier et celle du fer fini.

La première se traduit par une production de 2,745,000 tonnes en 1933 contre 690,000 en 1880.

La part de notre pays dans la production mondiale ressort à 5.58 p. c. environ.

62 hauts fourneaux existent en Belgique. Si par suite de la crise économique, 45 seulement étaient en activité en 1934, ils ont absorbé 2,471,520 tonnes de coke dont la presque totalité provient des cokeries indigènes et ont occupé à fin 1933, 4,359 ouvriers.

La fabrication de l'acier et du fer a pris une extension considérable depuis 1890. A la fin de l'année 1933 le nombre d'aciéries en activité était de 33, avec une consommation de fonte de près de 3 millions de tonnes dont 2.68 p. c. seulement de provenance étrangère et un personnel de 6,428 ouvriers.

Quant aux laminoirs, ils se chiffraient à 39 groupant 154 trains avec une main-d'œuvre de 19,327 ouvriers.
Les produits finis comportent des aciers marchands, des profilés spéciaux, des rails et traverses, des bandages et essieux, des poutrelles, vergées, aciers serpentes, grosses et fines tôles.

La coopération de la Belgique à la production mondiale de l'acier brut était en 1933 de plus de 4 p. c.
Certes, la crise qui étreint l'Univers a frappé l'industrie métallurgique belge, mais alors que de 1929 à 1933 la diminution de la production mondiale de fonte et d'acier a été de 47 p. a, le recul correspondant enregistré pour la Belgique seule ressort à 33.6 p. c.

Quant à l'industrie du zinc, elle est tributaire de l'étranger. Seuls les gisements de Moresnet et de Montzen produisent du zinc brut. Cette production s'est élevée en 1934 à 85,000 tonnes.

Le zinc laminé dont la production annuelle varie de 45,000 à 55,000 tonnes, a occupé en 1934, 6 usines et 870 ouvriers.

Les carrières, de leur côté, sont particulièrement prospères en Belgique. Les principaux bassins d'exploitation existant dans le pays sont formés par les Carrières de Porphyre et de Grès, qui livrent principalement des pavés pour chemins de tous genres et des pierrailles pour routes et bétons; par les carrières de pierres de bâtiment, de pierres à chaux, etc.

Les carrières souterraines sont au nombre de 206 utilisant normalement les services de 2,216 ouvriers; les carrières à ciel ouvert de 710 occupant 28,911 travailleurs.

Ce sont les moellons, pierrailles et ballast qui viennent en tête de la production, avec 4 1/2 millions de tonnes; puis dans l'ordre d'importance les craies et marnes pour les fabriques de ciment; la chaux; le ciment naturel; la terre plastique; la dolomie; les pavés en porphyre; les dalles et carreaux en calcaire, etc.

En 1930 la valeur de toutes les productions des carrières s'élevait à 931,060,000 francs.

Quant à l'exportation, elle atteignait en 1930, 383 millions de francs pour les ciments; 102 pour les plaques et carreaux en fibrociment; 83 pour la chaux; 51 pour les pierres concassées et 88 pour les ouvrages en marbre ou autres pierres taillées.

Mais ce n'est pas seulement dans le domaine de l'exploitation des carrières que notre pays s'est fait un renom à l'étranger, c'est dans celui de la fabrication du ciment. Cette industrie y est fort ancienne. Au début du XIXe siècle, on y fabriquait du ciment romain par la cuisson, dans des fours, des rogons argilocalcaires qu'on rencontre dans les environs de Boom et aussi du ciment naturel à l'aide de calcaires argileux existant dans la région de Tournai.

C'est en 1824 que l'Anglais Aspdin inventa le ciment artificiel sous le nom de ciment Portland.
Ce n'est que vers 1870 que les usines de fabrication de ciment Portland s'ouvrirent en Belgique. Mais cette industrie ne tarda pas à prendre un essor remarquable dans notre pays au point qu'il existe actuellement 31 fabriques dont 30 sont pourvues de fours rotatifs.

Les matières utilisées sont la craie et l'argile dont il existe des gisements considérables dans le pays. Certaines usines emploient en mélange avec de l'argile ou du schiste des calcaires durs; d'autres des mélanges de calcaires argileux.

De nombreux progrès ont été réalisés dans la préparation des matières premières; dans le système des fours et dans les appareils de mouture.

La production du ciment Portland, qui était de 150,000 tonnes en 1890, a atteint 3,200,000 tonnes en 1929. Si dans la suite la crise a diminué les chiffres de la production, en revanche la capacité de celle-ci s'est accrue au point qu'actuellement le chiffre annuel en est de 4 millions de tonnes environ.

Toutes les usines produisent du ciment de toute première qualité. Certaines ont entrepris avec succès la fabrication de ciments spéciaux, tels ceux à durcissement rapide et à haute résistance.

Sur les 3,200,000 tonnes de ciment produites en 1929 par la Belgique, 2 millions ont été exportées, ce qui représente un chiffre d'affaires d'environ 192 millions de francs.

Cette industrie contribue d'autre part à l'activité d'un grand nombre d'industries connexes; celle des transports, du charbon, de la barillerie, du papier, du jute, de la construction et de l'électricité.

Le pourcentage de la production belge dans la fabrication du ciment artificiel est de l'ordre de 4 p. c.
En ce qui concerne l'exploitation minière, le bassin houiller belge occupe une superficie de 1,400 kilomètres carrés. Il est partagé en deux fractions : le gisement occidental comprenant les bassins de Mons, du Centre et de Charleroi; le gisement oriental à cheval sur la Meuse, englobant Liège et s'étendant jusqu'à la frontière hollandaise. Plus récemment un nouveau gisement a été mis en exploitation dans la Campine.
Le bassin belge est divisé en six districts qui sont : le couchant de Mons, le Centre, Charleroi - Namur, Liège et le Limbourg.

Les mines belges sont reliées au réseau fluvial français par la Sambre, au port de Rotterdam par la Meuse, à Bruxelles et à Anvers par l'Escaut et ses affluents.

L'industrie houillère a utilisé en 1934 une moyenne mensuelle de 125,114 ouvriers, fond et surface réunis. La production totale de la houille fut pendant cette année de 26 millions 365,760 tonnes.

Les industries dérivées de la houille sont très importantes en Belgique. C'est ainsi que pendant l'année 1934, la production du coke s'est élevée à 4,363,230 tonnes, tandis que celle des agglomérés, briquettes et autres a atteint 1 million 350,770 tonnes.

© Le Livre d'Or de l'Exposition Universelle de Bruxelles 1935