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Ministère de l'Intérieur



Comme la ville de Paris et comme le ministère des travaux publics, le ministère de l’intérieur a voulu avoir un pavillon à lui, et il s’est installé au long de l’avenue de la Mothe-Piquet, presque en face de l’Ecole militaire. Nous en parlerons ici en détail, son exposition rentrant par sa nature dans l’ordre d’idées qui nous occupe en ce moment.

On y voit des plans, des cartes, des modèles réduits ou non, des reproductions de procédés divers, qui vous mettent au courant des rouages principaux de l’administration générale et des administrations particulières, des institutions d’utilité publique : établissements pénitentiaires et de bienfaisance, prisons, colonies agricoles, asiles d’aliénés, etc., des complications du système vicinal, des richesses historiques des archives départementales, etc.

Parmi les cartes, nous noterons la nouvelle carte de France dressée par le service vicinal; la carte pénitentiaire, indiquant les maisons centrales, maisons de force, de correction, de détention, d’arrêt, de justice, les colonies pénitentiaires, la carte de la charité en France.

L’exposition du service des aliénés offre un intérêt tout particulier.

On a exposé, à côté des modèles en relief et des plans donnant tous les détails d’organisation de nos principaux asiles, tels que Charenton, Sainte-Anne, la Ville-Evrard, Saint-Yon, Vaucluse, les travaux exécutés par les pensionnaires de ces maisons : broderie, fleurs artificielles, couture pour les femmes; menuiserie, serrurerie, etc., pour les hommes.

On trouve que cette exposition a quelque chose de touchant, quand on réfléchit que ce sont de pauvres fous qui en ont fourni les éléments.

L’exposition des colonies pénitentiaires, celles de Mettray et de la Corse notamment, n’est pas moins instructive.

Voici maintenant les maisons centrales, Gaillon, Poissy qui expose un modèle en grandeur naturelle d’une cellule de prisonnier, du type nouveau, garnie de son chétif mobilier.

Viennent ensuite les établissements de bienfaisance : l’asile du Vésinet avec sa cellule confortable; le service des enfants assistés, les crèches, les sociétés de charité maternelle, de patronage des condamnés libérés, de secours mutuels, de sauvetage, etc., puis les établissements d’éducation des Jeunes-Aveugles et des Sourds-Muets, avec les instruments de leur éducation, les procédés divers employés pour leur apprendre à lire, écrire, travailler, etc.

Il y a aussi des plans d’établissements et de travaux d’utilité publique exécutés par diverses villes ou communes; une exposition des règlements municipaux, de registres des délibérations de quelques conseils généraux.

L’exposition du service des archives départementales nous présente des reproductions à l’héliogravure de cent soixante-douze manuscrits rares et curieux ayant trait à l’histoire des provinces françaises du VIIe au XVIIIe siècle.

Le plus ancien de ces documents est un authentique des reliques de saint Monulphe, trouvé dans la châsse qui contenait ces reliques, à Notre-Dame de Chartres.

Parmi les plus curieux, nous citerons une lettre de Salomon de Caus aux échevins de Rouen, relative à la construction d’un pont (1618) ; le texte de la capitulation de Luxeuil, signé Turenne (1642), et enfin une quittance de Molière, datée de Pezenas (1656).

©Les Merveilles de l'Exposition de 1878