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Cuivres


Cuivres à l'exposition de Paris 1878

Architecte(s) : J.-J. Laveissière et fils

Lorsque, partant du grand vestibule d’honneur, on suit la galerie consacrée aux machines, qui longe l’avenue de La Bourdonnaye, on se trouve en présence d’une exposition étrange. On voit de gros tubes de cuivre braqués dans toutes les directions comme des télescopes ; puis au milieu, sur un haut support, une énorme sphère de cuivre; au-dessous et tout autour d’immenses bassins de cuivre, etc.; tout cela disposé d’une façon si ingénieuse que l’attention des visiteurs est forcément sollicitée.

A quoi peut servir cette grosse boule? Et ces gros tuyaux ?

Telle est la question que chacun se pose. Nous-même avons été passablement intrigué, et il est probable que, sans l’obligeance des auteurs de cette curieuse exposition, MM. J.-J. Laveissière et fils, nous serions encore à nous demander :
— A quoi cela sert-il?

De MM. Laveissière et de leur industrie, nous ne dirons rien ; tout le monde connaît l’importance de cette maison pour la fabrication des métaux. Une réclame lui serait inutile; aussi nous ne lui en voulons pas faire.

Ces gros tubes sont des tuyaux de cuivre sans soudure. C’est, paraît-il, un vrai tour de force, tant pour l’exécution que pour les dimensions qu’on est parvenu à leur donner. Ils sont d’un emploi précieux dans les constructions navales. Comment sont-ils fabriqués? Nous serions fort embarrassé de le dire, et nous avouons que nous n’avons pas songé à nous en enquérir.
Quant à la sphère, représentant un globe terrestre, qui surmonte la jolie colonne composée d’un faisceau de tubes de laiton qui lui sert de support, elle est formée de deux pièces, deux coupoles énormes qui dépassent, comme dimensions, tout ce qui a été fait jusqu’ici, mais qui ont, paraît-il, leur usage dans l’établissement des appareils destinés à la fabrication du sucre.

Enfin tous ces cuivres de formes diverses, qui complètent cette exposition, ne sont que la reproduction de pièces d'exécution difficile et de modèles pratiques usités pour les foyers de locomotives, la marine et, en un mot, pour toutes les industries qui nécessitent l’emploi du cuivre.

N’ayant pas à faire un examen technique, nous nous bornons à constater que de cette exposition, composée uniquement d’objets manufacturés de la façon la plus large , mais strictement industrielle, MM. Laveissière ont su faire quelque chose d’attrayant et d’agréable à l’œil. Il faut avouer que ce n’était pas chose facile, car l'industrie métallurgique est bien terne et bien sérieuse; elle n’offre pas de bien grandes ressources aux combinaisons artistiques.

©L'Exposition Universelle 1878