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Uruguay



L’exposition de la république de l’Uruguay inspire une grande sympathie au visiteur, auquel elle révèle un peuple soigneux, doux, laborieux, sachant profiter des richesses que la providence a prodiguées à son sol.

M. Juan-José Diaz, chargé d’affaires de l’Uruguay, a rédigé sur ce pays une notice à laquelle nous allons emprunter quelques détails de nature à édifier le lecteur :

l’industrie pastorale.

L’industrie pastorale constitue la principale ressource de la république de l’Uruguay : c’est elle qui fournit en très-grande partie les moyens d’échange avec l’Europe et qui alimente pour ainsi dire exclusivement le commerce d’exportation. Cette industrie, il y a un quart de siècle, se bornait presque à l’élève et à l’exploitation des bêtes à cornes, des chevaux et des mulets. Mais, depuis lors, une industrie nouvelle a surgi : l’élève du mouton, en vue de la production de la laine, est devenu d’une importance toujours croissante. On a importé un grand nombre de brebis mérinos de race française (Rambouillet) et de race allemande (Negretti), de South-down, Leicester, Lincoln, etc. Dès lors les troupeaux ont acquis, à divers degrés, une amélioration sensible. En 1860, on estimait en chiffres ronds, leur valeur à 38 millions de piastres, ou environ, 205 millions de francs.

La fortune publique consiste presque exclusivement en terres agricoles, moutons, bœufs, chevaux et mulets.

Par exemple, l’Uruguay est obligé d’importer presque tous les articles de fabrication et même un grand nombre de produits comestibles.

Depuis quelques années, certains symptômes semblent indiquer que l’industrie agricole aurait quelque tendance à se substituer à l’industrie pastorale.

LES PRODUITS MANUFACTURÉS.

Les principaux produits manufacturés sont : la farine, l’extrait de viande, la colle forte, le savon, la bougie, les cuirs tannés et corroyés, les briques, les tuiles, les meubles, l’ébénisterie et les chapeaux, la chaussure et le vêtement. Il y a dans le pays plus de cent moulins : ceux de Montevideo ont, à eux seuls, fabriqué, en 1873, plus de 62,000,000 do livres de farine. Les tanneries et les forges sont très-nombreuses : trois établissements très-considérables pour la fonte du cuivre fonctionnent à Montevideo.

Les articles d’exportation consistent principalement en peaux salées et séchées, extraits de viande, viandes conservées, bœufs, laines chandelles, bougies, colle forte, savon, plumes, poils, peaux de mouton, farine, foin, peaux de veaux marins, mulets, huiles, fruits, os et cendres d’os, chaux, pierre à chaux, ardoises, marbre, carne tœsajo (viande salée et séchée), crin, suif et graisse.

La fabrication des chapeaux a, de son côté pris, depuis quelque temps, une extension considérable.

LES MINES.

La république de l’Uruguay a été largement dotée par la nature de richesses minéralogiques à la formation desquelles se prête admirablement sa constitution géologique. On y rencontre des mines de plomb argentifère, de cuivre, d’antimoine, d’argent et d’or : ces dernières se présentent surtout dans les départements qui confinent au Brésil. On y recueille des quartz aurifères qui donnent des pépites d’un remarquable volume.

Les cours d’eau, qui descendent de la Cochilla-Grande, charrient de l’or en poudre, objet de lavages très-productifs. Le cuivre est récolté dans les rivières Cuareim et Arapey et dans les départements de Maldonado et de Minas. On exploite dans ces deux départements des mines d’or, d’argent et de plomb, ainsi que dans le département de Tacuarembo.

On trouve le charbon de terre dans les circonscriptions de Maldonado, Minas et Cerro-Largo.

Quant au fer, il peut être extrait de diverses régions du pays. Sa qualité est supérieure; en majeure partie aimanté, il donne a l’analyse de 70 à 73 pour 100 de minerai.

Coup d’œil général.

Ce que nous venons de dire indique suffisamment au lecteur la nature des produits exposés par la république de l’Uruguay ; nous n’avons donc plus que peu de mots à ajouter.

L’enseignement, — dans l’Uruguay, l’instruction primaire est gratuite et obligatoire, — est représenté par des ouvrages d’enseignement, par des ouvrages divers, notamment par les publications de la Société des amis de l'éducation populaire.

Dans la classe de la librairie, nous remarquons d’intéressants ouvrages émanant de l’association rurale ; les cartes géographiques sont remarquables.

Les soies, les laines, les échantillons géologiques sont, cela va sans dire, remarquables ; les spécimens de céréales et de fromages sont d’une qualité qui ne peut se rencontrer que dans un pays voué comme l’Uruguay à l’agriculture et à l’élevage du bétail.

©Les Merveilles de l'Exposition de 1878