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Nicaragua


Nicaragua à l'exposition de Paris 1878

L’exposition du Nicaragua, surtout agricole et ethnographique, est contenue dans une espèce de vaste cabane indigène faite de bambous gros comme le bras et couverte de chaume.

Cette exposition a été organisée par M. Menier, député de Seine-et-Marne, qui possède dans le pays une plantation de cacao d’une grande étendue, dont on peut à loisir étudier là les produits.

M. Menier est depuis des années, — on le sait,—le représentant officieux et très dévoué des intérêts de la république du Nicaragua en France.

« Exposition charmante ! s’écrie avec raison M. Philbert Brébant dans le XIXe Siècle, exposition très vraie et tout à fait originale. MM. Ménier, père et fils, ont placé les produits de ce pays dans un rancho, maison de l’indigène. C’est une petite butte de bambous, couverte de feuilles de palmier; aux fenêtres, larges et basses, se balancent, dans des caisses primitives, des orchidées aux milieu couleurs.

« Les murs sont tapissés de nattes de paille et de hamacs ornés de plumes ; des lianes de quarante centimètres d'épaisseur grimpent le long des murs.

« D’un côté, nous voyons le cacao de Valle ; d’un autre côté, ce sont les cafés, les cotons, les sucres, et surtout une splendide collection de bois du pays ; des bijoux d’un goût bizarre et charmant remplissent une vitrine.

« L’archéologie et l’ethnographie ne sont pas oubliées. Les idoles des antiques Mayas en lave noirâtre, de bonne conservation, objets bien précieux, occupent une place d’honneur dans ce pays, qui jouissait déjà, avant la conquête espagnole, d’une civilisations irrégulièrement avancée. L’ethnographie du pays est représentée par une cinquantaine de figurines des plus amusantes représentant tous les métier^, nationaux, le pêcheur, le chasseur, l’Aguadon (l’Auvergnat de l’endroit), le marchand, le portefaix, etc.; toutes ces petites statues sont de précieux spécimens des dispositions artistiques des Nicaraguayens et d’utiles documents à consulter pour l’homme de science européen. »

La céramique n’est pas une des parties les moins curieuses de cette exposition. On examine avec intérêt les poteries indigènes ; le vêtement et la joaillerie intéressent au même degré.

Les échantillons de minerai et les échantillons de bois sont de toute beauté ; nous ne croyons pas en avoir vu d’aussi beaux, surtout des échantillons de bois, dans aucun autre pays.

©Les Merveilles de l'Exposition de 1878