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Colonies Anglaises


Colonies Anglaises à l'exposition de Paris 1878

L’EMPIRE DES INDES. - ACHAT DU PAVILLON DU PRINCE DE GALLES.

L’exposition anglaise est remarquable à tous les points de vue ; il est même évident qu’elle constitue la fraction la plus importante de la section étrangère ; mais notre description ne serait pas complète si, avant de quitter le territoire britannique, nous ne rendions visite à ses colonies, qui ont tenu, toutes, à figurer à côté de la mère patrie.

Nous avons, dans notre description de la galerie d’Iéna, parlé de l’exposition de S. A. R. le Prince de Galles et partant de l’exposition indienne ; l’importance de cette exposition nous impose le devoir d’y revenir et de compléter ici les renseignements que nous avons précédemment donnés au lecteur.

D’après les derniers relevés officiels, la population totale de l’Inde se décompte comme il suit :
Sous l’administration anglaise... 191.018.412
États indigènes................... 48.233.978
Porssessions françaises et portugaises. 679.172
Total........ 239.931.562

La population de l’Inde anglaise s’élève à 62,002,461 hommes et 4,523,833 femmes et enfants.
Il nous semble intéressant de placer sous les yeux du lecteur le chiffre et la composition des ressources que l’Angleterre puise dans l’Inde. Les chiffres qu’on va lire représentent les revenus officiels des treize années comprises entre 1863 et 1877 :
Livres sterling
Revenu des terres...................... 267.332.603
Tributs, subsides et contributions des
États indigènes....................... 9.302.412
Contributions indirectes et forêts.... 35,568.550
Revenus, patentes et contributions
directes............................... 9.253.377
Douanes................................. 32.561.315
Télégraphes.............................. 2.922.690
Droits de procédure, successions,
amendes............................... 6.914.436
Éducation.................................. 480.251
Travaux publics......................... 10.376.570
Intérêts des sommes prêtées et des avances.................................. 4.310.064
Sel................................... 75.311.262
Opium................................... 100.182.054
Timbre................................ 30.206.782
Monnaie................................... 2.473.082
Postes.................................... 8.201.925
Recettes en subside pour les fonds de
retraite................................ 3.415.021
Marine, droits de pilotage, etc.'..... 4.018.037
Armée (retenue, congés, vente de matériel, etc.)........................... 11.782 314
Divers ............................... 10.642 848
Total des recettes.......... 631.315.643

M. le docteur George C. M. Birdwod, auteur de l’excellent Manuel de la section des Indes britanniques, auquel nous avons emprunté ces chiffres, donne encore sur, les Indes des renseignements utiles à noter.

Ainsi, la valeur des principales marchandises et autres appartenant à des particuliers ou au trésor et importées par mer dans l’Inde anglaise pendant les treize années que nous avons indiquées ci-dessus, est de 631,315,643livres sterling.

La valeur des principaux articles et autres de production ou de manufacture indienne, des marchandises étrangères et du trésor exportés de l’Inde anglaise dans les contrées étrangères par le commerce particulier, pendant le même laps de temps, s’est élevée à 763,023,333 livres sterling.

Voici maintenant la progression des lignes ferrées ouvertes depuis 1863:— en 1864, 2,962 milles; en 1865, 3,369; en 1866,3,567 ; en 1867,3,995; en 1868, 4,017; en 1869, 4,285; en 1870, 4,832; en 1871, 3,077; en 1872, 5,382 ; en 1873, 5,700; en 1874, 6,190 ; en 1875, 6,497, et en 1876, 6,498.

La poste, qui, en 1864, n’expédiait que 52,462,093 lettres, journaux, échantillons, etc., en a, en 1877, livré à la circulation 122,541,753.

Le réseau télégraphique a atteint une longueur de 16,649 milles.

Le commerce indien, qui remonte à une haute antiquité, puisque la Genèse en fait mention, a acquis sous l’impulsion anglaise un développement immense, et il faut vraiment admirer la fécondité de cette terre qui, depuis des siècles, ne cesse de fournir au commerce et à l’industrie des produits merveilleux et des richesses sans pareilles.

Nous n’avons rien à ajouter, au point de vue descriptif, aux lignes que nous avons écrites précédemment; nous nous bornerons à faire remarquer une fois de plus le grand sentiment à la fois artistique et religieux qui se révèle à chaque instant dans les productions indiennes.

Avant de quitter les Indes, donnons au lecteur quelques détails sur le richissime personnage qui vient d’acquérir le pavillon indien du prince de Galles.

L’histoire a été trop bien et trop spirituellement racontée dans le Figaro par les deux aveugles, pour que nous ne leur laissions pas la parole :
«Il y a dans la foule des Crésus qui visitent l’Exposition, une certaine quantité de citoyens capables de s’offrir des bibelots de prix, mais il y en a peu qui puissent s’arrêter devant le pavillon d’un prince royal et dire :
« — Cette babiole me plaît, je l’achète.

« C’est le cas d’un millionnaire anglais que nous voulons présenter à nos lecteurs. Débarqué dans les Indes orientales, il y a quelque vingt ans, sans autre fortune qu’une volonté de fer et une rare intelligence des affaires, il y amassa une centaine de millions qu’il rapporta en Angleterre, où il mange ses revenus en homme qui sait tirer de l’argent toutes les nobles jouissances possibles.

«Notre héros a eu l’honneur de recevoir l'héritier présomptif de la couronne d’Angleterre, dans une circonstance dont le récit nous ramène à l’Exposition.

« Tout le monde a remarqué dans le grand péristyle du palais du Champ de Mars une statue colossale du prince de Galles, en bronze. Cette statue a été faite et fondue aux frais de sir Albert Sassoun (ai-je dit que mon personnage se nomme ainsi ?). Lorsqu’elle fut érigée sur la place du village voisin du magnifique domaine du nabab, le prince de Galles vint en personne assister à la cérémonie, dîna au château, et montra, par la bonne grâce et la sympathie qu’il daigna témoigner à sir Sassoun, combien il approuvait les distinctions et les marques d’estime que sa mère avait données à son hôte pour sa bienfaisance et ses hautes aptitudes.

« Sir Sassoun a expédié la statue du Crown'-Prince à Paris, et a obtenu qu’elle y fût bien placée. L’héritier du trône britannique semble, de son piédestal, dominer sa magnifique collection indienne et, — sans vouloir dénigrer l’œuvre du sculpteur, — il a l’air de dire au public :
«—J’espère que voilà de jolies choses! Elles montrent comment mes sujets entendent la manière de me recevoir lorsque je vais les visiter.

« Il faut dire que sir Sassoun, — en matière de collections, — en possède qui éclipsent les plus connues. Une légende, que nous né pouvons contrôler, raconte que dans l’une des galeries de ses nombreux hôtels, se trouve, sous un verre, un shilling auquel l’heureux nabab doit la vie. Alors qu’il voyageait dans les jungles, porteur d’une somme énorme qu’il était allé quérir au chef-lieu voisin, il reçut, sur son cheval, une secousse formidable dans le côté. Il porta la main au point contusionné et y trouva dans la déchirure de son gousset une balle qui s’était aplatie sur un shilling.

«Ses gens, qui étaient peut-être du complot, simulèrent une grande fureur contre l’assassin lorsqu’ils virent que leur maître n’avait pas été atteint, mais rien ne permet d’affirmer qu’ils n’étaient pas complices et n’eussent pas partagé le magot avec le meurtrier, dont un petit disque de cuivre déjoua les projets.

« On rappelle que sir Sassoun eut, au sujet de cet événement, un mot d’une philosophie charmante :
« — J’avais, dans une poche, cent mille francs qui ont attiré sur moi la mort, et c’est une pièce de vingt sous qui m’a sauvé la vie. Décidément, les petites sommes sont les plus utiles.

« Lorsque sir Sassoun est arrivé à Paris il a pris un professeur de français et, en trois semaines, il en savait assez pour se faire comprendre. Faites-en autant après vingt et un jours d’étude de la langue anglaise. Le Crésus britannique a, comme on pense, de belles relations à Paris. Son ami le plus intime est le comte N. de Camondo, qui a su lui faire les honneurs de Paris en homme de goût et d’esprit.

« Vous avez certainement croisé sir Sassoun dans la galerie dos Nations qu’il affectionne particulièrement. Son long séjour aux Indes lui a cuivré le teint et lui a donné des faux airs de rajah. Ses yeux ont les regards alanguis de ces riches seigneurs que l’on voit traverser les rues de Calcutta dans des palanquins éblouissants, ou voguer dans des barques dorées sur les flots sacrés du Gange.

« Arrivé devant le pavillon anglais, dit
« le pavillon du prince de Galles, » sir Sassoun s’arrêta dernièrement et demanda à le visiter.

« Puis, son examen fini :
« — Combien ce pavillon ? dit-il.

« — Mais il n’est pas à vendre, il appartient à l’héritier de la couronne d'Angleterre.

« —Est-ce une raison ?

« — Sans doute.

« — Non, télégraphiez à Londres ; dites au prince que sir Sassoun serait heureux et fier de posséder une construction où celui qui sera roi s’est reposé... Quant au prix, celui de Son Altesse sera le mien !

« Et voilà comment, moyennant cent cinquante mille francs, le pavillon du prince de Galles, démonté et remonté pièce par pièce au mois d’octobre, ornera un des parcs de sir Sassoun en Angleterre. »


LE CANADA.

Le premier groupe de l’exposition du Canada comprend les peintures, sculptures, gravures sur médailles, dessins et modèles d’architecture, gravures et lithographies ; il n’offre rien de saillant. La façade du Canada ne mérite pas davantage une mention spéciale. C’est un grand chalet sans prétention et qui ne doit être considéré que comme un splendide échantillon des bois canadiens.

En revanche, nous n’avons que des éloges à donner au deuxième groupe, en ce qui concerne l’enseignement ; les Anglais, et les Américains encore plus peut-être, sont très-soucieux de répandre l'instruction, et chez eux l’art de l’enseignement a réalisé de sérieux progrès.

La librairie, l’imprimerie, la papeterie, la photographie ne diffèrent ni en mieux ni en pis des produits anglais que nous venons d’analyser.

Mais nous rencontrons l’originalité dans le mobilier, les tissus et naturellement les produits indigènes.

Dans le mobilier, nous trouvons beaucoup de ces chaises à bascule, si chères aux Américains et qui commencent à se répandre en Europe.

Signalons encore de beaux spécimens des écluses du Canada, des cuirs, des collections de poissons, et enfin un magnifique damier, composé de 26,000 morceaux extraits de 32 sortes de bois du Canada.

Ce dernier est l’œuvre de M. Edmond Lemieux, à Ottawa (Ontario).

Dans la classe du chauffage, on remarque des poêles en fonte d’un agencement particulier ; ils ont deux galeries vitrées, ce qui permet de se rendre compte à toute heure et sur-le-champ de l’état de combustion.

Les meubles sont particulièrement larges et commodes ; on trouve en grand nombre ces sièges à bascule qui se prêtent si bien à la forme du corps humain et le reposent en le balançant mollement.

Les draps du Canada méritent une mention, ils sont beaux et fermes ; les chaussures sont d’une grande solidité.

Le caoutchouc est très-utilisé pour l’habillement, et remarquons qu’il est d’une qualité supérieure.

Le ministère de l’instruction publique au Canada expose des spécimens de costumes de sauvages, qui excitent vivement la curiosité des visiteurs. Ces sauvages figurent dans la classe de l’habillement, quoique leur façon de se vêtir soit passablement primitive.

La classe 43, qui contient le produit de l’exploitation des mines et de la métallurgie, offre beaucoup d’intérêt ; on y voit du phosphate de chaux, de la houille, du minerai de cuivre, du granit, des fers, des ocres, des ardoises, des minerais de fer, du marbre, des échantillons de pétrole, etc.

Les bois du Canada, dont chaque espèce est représentée, frappent parleur beauté.

Cette exposition, en somme, est fort bien comprise ; chacun des produits canadiens est sous les yeux du visiteur, qui peut se rendre compte ainsi de la richesse et même de la nature du sol.

Les chasseurs et les pêcheurs» s’arrêtent avec intérêt dans la classe 45, où se trouvent non-seulement les engins de leurs confrères canadiens, mais encore des spécimens du gibier et du poisson indigènes.

Les céréales, les viandes et les poissons, enfin les vins, bières, eaux-de-vie, bière de gingembre, eaux-de-vie de grains, complètent cette exposition soigneusement organisée.

Mentionnons encore une intelligente innovation postale que nous voudrions bien voir imiter en France.

Quand vous voulez recommander une lettre, au lieu de perdre au guichet de poste autant de temps qu’il en faudrait pour prendre un mandat ou charger une lettre*, vous achetez un timbre spécial que vous appliquez sur l’enveloppe, et le facteur chargé de la distribution remet votre missive avec les précautions voulues.


LAGOS, LE CAP DE BONNE-ESPÉRANCE, L’ILE MAURICE , SEYCHELLES.

L’exposition de Lagos n’est pas bien considérable, mais elle n’en intéresse pas moins ; les sculptures sur bois sont curieuses ; nous en avons remarqué une qui représente une femme offrant au roi des noix de coco et le roi partant pour la guerre avec ses femmes et ses soldats.

Dans la classe de la musique, les tambours de guerre constituent tout le bilan musical du pays; c’est bien peu.

La céramique, le vêtement, les armes figurent en petite quantité et n’ont point d’utilité hors du pays.

La terre à pipe, le minerai de fer et de plomb composent toute l’industrie extractive ; le riz et le maïs sont les seuls produits alimentaires ; les chasseurs livrent au commerce des dents d’éléphant, de sanglier, d’hippopotame et des peaux de léopard.

Le Cap de Donne-Espérance est assez riche en ce qui concerne les beaux-arts. Ses peintures et ses dessins intéressent, car ils représentent des sites, des paysages locaux, de la flore locale.

Dans les classes de l’imprimerie et de la librairie se trouve une intéressante collection, c’est celle des journaux de la colonie.
Dans la classe de la photographie, on remarque de curieux types, ce sont les indigènes de Damaraland.

Trois exposants ont envoyé de la soie moulinée.

La maroquinerie, la tabletterie, la vannerie, le vêtement, les armes sont purement indigènes.

En fait de produits bons pour l’exportation, nous remarquons les minerais de cuivre, de manganèse, de fer, de plomb, le charbon de terre, les pépites d’or, le cobalt, des diamants du Cap, des œufs d’autruche, des plumes, de la cire, des peaux de léopard et de loutre, de l’aloès, des laines, du tabac, des cigares, du savon, des cuirs, des blés, seigle, avoine, farine, et enfin des vins et des eaux-de-vie.

Vile Maurice est peu représentée au point de vue des arts, de l’imprimerie et du mobilier.

Son exposition est plus complète en ce qui concerne les produits de l’extraction.

Nous voyons, dans les vitrines, des minéraux de Maurice, des coraux, des bois, de l’aloès, les eaux minérales de Champ-De-lort, des fécules de manioc et du tapioca, des sucres, cafés, vanille, girofle, etc.

Seychelles n’expose que des granits, des écailles de tortues, des spécimens de serpents, scorpions, caméléons, cigares, tabac, riz, maïs, amidon de manioc, poivre, cannelle, chocolat, cacao, conserves et enfin rhum.


VICTORIA. — QUEENSLAND.

Les beaux-arts, l’enseignement, l’imprimerie et la librairie sont assez bien représentés à Victoria.

Les produits de Victoria consistent en fils et tissus de laine peignée et de laine cardée, en flanelle, vers à soie, soies grèges, châles, dentelles, plomb, étain, antimoine, or, pierreries, quartz, lin, bois, savons, bougie, paille, amidon, froment, farines, graines diverses, beurres, fromages, épices, vinaigre thé, etc., etc.

Les vins figurent en grande quantité à cette exposition. Il faut remarquer aussi une intéressante collection d’armes indigènes.

Queensland a 669,520 milles carrés de superficie ; le pays jouit d’un climat tempéré, il a de riches pâturages ; aussi y compte-t-on jusqu’à 1,985,809 bœufs, vaches, taureaux, 7,421,810 moutons et 130,429 chevaux.

Queensland produit annuellement pour 1,499,576 livres sterling, et, en 1877, la colonie a atteint avec son exportation 3 millions 857,376 livres sterling.

Les produits indigènes sont l’antimoine, le marbre, l’or, le coke, le granit, l’étain, la plombagine, les laines, le mohair, des bois, du savon, du blé, du maïs, du sucre, du café et des vins.


LES AUTRES COLONIES.

Nous serons plus bref en ce qui concerne les autres colonies, et nous dirons sommairement :
La Jamaïque, la plus grande des Antilles anglaises, a un revenu de 572,686 livres sterling. Les exportations se sont élevées en 1876 à 11,519,015 livres sterling, tandis que l’importation a atteint seulement 1,700,253 livres sterling.

Le sucre et le rhum sont les deux principales sources de richesse pour la colonie. Le chiffre d’affaires, en ce qui concerne le rhum seulement, dépasse 300,000 livres.

La Jamaïque expose une grande quantité de produits du sol, d’échantillons de bois et de couleurs; dans la classe de la pêche, on remarque une caisse de tortue séchée pour faire de la soupe.

Les échantillons de riz, de sucre et de rhum sont naturellement très-nombreux.

La Guyane britannique, qui n’a qu’un revenu de 2,500,000 livres, expose beaucoup d’ouvrages fabriqués par les Indiens, pots, hamacs, etc.

Les échantillons de sucre et de rhum composent presque uniquement cette exposition, assurément fort intéressante pour les spécialistes.

L’ile de la Trinité, — 300,000 livres de revenu, — expose des aquarelles qu’on regarde avec plaisir, ainsi que des photographies et des cartes géographiques.

Les produits forestiers sont d’une grande richesse. Les échantillons d’acajou abondent, ainsi que les lauriers et les amandiers de mer.

Les autres objets exposés sont le cacao, la vanille, la cire et le miel.

L’ile de Ceylan, —revenu 12,500,000 fr.,— a un commerce très-développé ; les arts libéraux, l’enseignement, l’imprimerie, le mobilier y sont représentés.

On remarque des ouvrages en cuir très-bien travaillés, des nécessaires de toilette en bois de calamandre sculptés à Kalutara. La joaillerie est riche et dénote beaucoup de goût.

Viennent ensuite des bois de charpente, des nattes d’herbes, des chapeaux, des sacs indigènes, des écailles d’huîtres à perles, des cigares, des tabacs, des outils agricoles, des exemplaires du journal le Lakrivikirana, etc.

Les Straits Settlements, — revenu 320,090 livres, — exposent 67 espèces différentes de bois de penang et 76 racines médicales.

La Nouvelle-Galles du Sud, — revenu 12,435,829 livres sterling, —fut la première colonie des Anglais en Australie.

Les arts y fleurissent, à en juger par les tableaux, les dessins, les gravures exposés. L’impression se fait également remarquer.

Parmi les produits du sol figurent des lingots d’étain pur, des sections de couches de houille, du quartz aurifère, du minerai d’étain, du schiste, etc., etc.

La laine, le ricin, la soie figurent ensuite à côté du maïs, du froment, de la viande concentrée, et enfin de nombreux échantillons de vins.

La Nouvelle-Zélande n’offre que peu d’intérêt; les seules choses que nous trouvions à signaler sont un herbier de la contrée et des photographies de chefs Maori et aborigènes.

Nous en dirons de même des Iles Fidji, qui exposent uniquement deux balles de coton longue soie de la récolte de 1877.

L’Australie méridionale a un commerce très-considérable. En 1876, l’exportation s’est élevée à 116 millions de livres sterling.

Les beaux-arts sont représentés par neuf exposants ; dans la classe de la géographie on remarque une très-belle carte de l’Australie du Sud.

Peu de choses à dire du mobilier et du vêtement.

L’industrie extractive est représentée par de riches échantillons de minerais d’or, d’argent et de cuivre ; à côté se trouvent des spécimens de tous les bois : un peu plus loin, des collections d’histoire naturelle, puis de nombreux échantillons de laine.

Les confitures, le kummel, le marasquin, le bitter, le curaçao, etc., figurent en assez grande quantité ; mais les boissons fermentées occupent de beaucoup la plus importante place dans l’exposition australienne.

En 1876, l’Australie du Sud a exporté 49,717,900 livres sterling de blé.

L'Australie occidentale expose de riches échantillons de soies, et une énorme quantité de spécimens des mines; on voit là des roches, des gypses et des minerais de toutes sortes qui constituent la partie la plus importante de cette exposition.

Les produits forestiers viennent ensuite.

Les colonies anglaises ne seront pas mal partagées en matière de récompenses.

Nous sommes heureux de pouvoir annoncer dès aujourd’hui que le jury a accordé :
A la Guyane anglaise : 7 médailles d’argent, 17 de bronze et 27 mentions honorables ; à la Trinité, 2 médailles d’argent, 12 de bronze, 2 mentions honorables; au groupe malais, 4 médailles d’argent, 7 de bronze, S mentions honorables; aux Seychelles, 2 médailles d’argent, 5 de bronze, 3 mentions honorables ; à l’Australie occidentale, 1 diplôme d’honneur, 1 médaille d’argent, 8 de bronze, 4 mentions honorables ; à la Jamaïque, 1 médaille d’or, 13 d’argent, 12 de bronze et 11 mentions honorables ; à l’île Maurice, 1 grand prix, 6 médailles d’or, 8 d’argent, 10 de bronze et 4 mentions honorables ; enfin à l’Inde, 2 diplômes d’honneur, 7 médailles d’or, 14 d’argent, 23 de bronze et 10 mentions honorables.

©Les Merveilles de l'Exposition de 1878