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Ville de Paris


Ville de Paris à l'exposition de Paris 1878

Architecte(s) : Bouvard

Le pavillon de la ville de Paris présente un attrait égal aux Parisiens, aux visiteurs de la province et à ceux de l’étranger. En effet, personne ne connaît moins Paris qu’un Parisien, et personne n’est plus curieux de connaître la grande capitale que celui qui vit loin d’elle; c’est ce qui explique l’immense intérêt que tous éprouvent en voyant exposés à leurs yeux les merveilles de l’organisation de Paris, les mystères de Paris souterrain, et enfin le spectacle du Paris d’autrefois et de sa transformation graduelle à travers les âges.

On n’avait pas songé, tout d’abord, à cette exposition; dans le principe, le concours de la Ville devait se borner à une subvention de six millions, fournie par elle à l’Etat.

Un membre du Conseil municipal, l’honorable M. Viollet-Leduc, rapporteur de la Commission de l’architecture et des beaux-arts, exposa au Conseil les réflexions suivantes :
« Convient-il à la ville de Paris de se désintéresser, moyennant cette subvention, de tout ce qui doit contribuer à la splendeur aussi bien qu’aux résultats utiles et sérieux de cette solennité internationale? Doit-elle se borner à laisser voir aux étrangers ses monuments, ses parcs, ses voies si habilement percées, ses quais, ses ponts ? N’a-t-elle pas à montrer l’organisme, pourrait-on dire, de la grande Ville, comment procède son édilité, par quelle suite d’efforts et de travaux accumulés sont obtenus ces résultats, conséquences de labeurs persistants, suivis avec un esprit de, méthode?...

« En 1867, l’administration de la ville de Paris ne participa pas à l’Exposition et se contenta d’éblouir les étrangers par les résultats acquis, sans les inviter à se rendre compte des moyens à l’aide desquels ces résultats étaient obtenus.

« Elle eut tort, certainement. Satisfaite de donner une hospitalité splendide à tant de visiteurs, de les étonner par la promptitude de ses informations, de les distraire par la variété des plaisirs qu’elle leur offrait, elle ne se préoccupa pas de faire découvrir aux esprits sérieux par suite de quels labeurs ces merveilles avaient pu se produire. »

Après avoir rappelé le succès flatteur obtenu par la ville de Paris en 1873, quand elle figura à l’Exposition de Vienne, M. Viollet-Leduc annonça que M. Krantz mettait à la disposition de la Ville 3,430 mètres carrés pour son exposition et conclut à ce que le Conseil municipal voulût bien décider que la ville de Paris prendrait part à l’Exposition universelle de 1878 par l’envoi de plans et de modèles de ses principaux édifices publics, de documents relatifs à l’organisation des services municipaux, d’objets d’arts, etc., etc.

Un premier crédit de 397,000 francs fut alloué au Préfet de la Seine pour l’exécution du projet adopté. C’est ainsi que la ville de Paris a eu son pavillon, un véritable édifice monumental qui figure très-honorablement à côté des façades caractéristiques de la rue des Nations.


LE PAVILLON.

Il sépare les deux galeries consacrées aux beaux-arts ; long de 92 mètres sur 37 de large, il occupe en réalité, sur une longueur de 100 mètres, une superficie de 3,500 mètres.

Il est lui-même, en avant et en arrière, isolé de chacune de ces galeries par des jardins dont l’entretien est l’objet d’un soin continue et dont les fleurs sont fréquemment renouvelées; il est, du reste, à remarquer qu’à l’Exposition de 1878, l’horticulture s’est particulièrement distinguée ; elle sera de notre part l’objet d’une étude spéciale.

Voici la description du monument, œuvre de M. l’architecte Bouvard.

Nous avons donné plus haut ses dimensions, il ne nous reste qu’à indiquer sa forme, elle est rectangulaire ; c’est, du reste, la forme qui domine absolument, on le remarquera, dans les édifices situés à l'intérieur de l’Exposition et qui leur était d’ailleurs imposée par la forme même du palais.

Il a deux entrées, l’une à la façade sud, l’autre à la façade nord ; ce sont les entrées principales.

Sur chaque côté, se trouvent deux entrées reliées cette fois par un portique.

On voit par là combien la circulation y est facile et quel avantage cette disposition présente pour l’aération.

Les deux grands portiques formant entrée et sortie directes sont d’aspect tout à fait monumental; ils se composent de deux pilastres soutenant un dôme majestueux : les angles ont été arrondis et forment retrait, ce qui a permis de jeter de chaque côté au pied de l’édifice des massifs d’arbustes et des touffes de fleurs.

Le pavillon de la ville de Paris est exclusivement construit en fer et en brique.

Les vides laissés par la charpente métallique sont comblés avec de la brique de couleurs variées, des terres cuites et des faïences.

Il en résulte un bariolage pittoresque, une débauche de coloris qui rappelle un peu la façade italienne, un chatoiement de couleurs qui tire l’œil avant de le séduire et qui a besoin pour être apprécié qu’on prenne un peu le temps de l’étudier.

Les frises ont des peintures très-intéressantes ; elles représentent la collection successive des armes de la ville de Paris depuis cinq siècles.

Enfin, sur les grands panneaux qui entourent le portique, on lit des noms flamboyants : — Poussin, Philibert de Lorme, Goujon, Le-sueur, Pujet, Nanteuil, etc., etc.

La ville de Paris, on le voit, est reconnaissante envers ses grands hommes.

Nous ne dirons rien des portes latérales ; leurs dimensions sont moindres naturellement que celles des entrées principales; nous dirons seulement qu’elles sont du même style, et nous saisirons cette occasion de faire remarquer que le style général de l’œuvre ne se dément pas un seul instant dans une seule des parties de l’édifice.

On se souvient qu’autrefois l’horloge de l'Hôtel de Ville était la grande régulatrice de l’heure à Paris et que l’horloge de la Bourse ne comptait pour rien auprès d’elle au point de vue de l’exactitude.

La ville a tenu à reprendre cette excellente .tradition et son pavillon possède au frontispice de la porte d’entrée une horloge modèle de précision qui est en communication constante avec l’Observatoire de Paris.

Elle est donc seule irréfutablement d’accord avec le méridien.

Il faut espérer, ainsi que le bruit en a couru, que le pavillon de la ville de Paris sera conservé et transporté sur un autre emplacement.
L’originalité de sa conception lui confère le droit de vivre.


DISPOSITION INTÉRIEURE.

La disposition intérieure du pavillon est très-simple.

A chaque porte, une salle assez spacieuse ayant à sa droite et à sa gauche des salons pour divers usages que nous allons indiquer.

En entrant par la porte qui regarde le nord, vous trouvez à votre droite le salon réservé au préfet; à votre gauche, celui occupé par la commission de l’Exposition.

En sortant par la porte sud, devant laquelle s’élance du milieu des jardins le splendide bronze de Mercié : Gloria victis! vous trouvez à droite le salon où se réunissent les membres du conseil municipal, — quand ils viennent, — et à gauche la bibliothèque, dont nous aurons à nous occuper tout spécialement, car elle offre un grand intérêt.

Le corps du bâtiment se compose de salles aménagées pour les besoins des diverses expositions.

Il est, on le voit, facile de s’orienter.

L’exposition de la Ville de Paris comprend les divisions suivantes : — travaux historiques, beaux-arts, service des eaux et égouts, enseignement primaire, architecture, assistance publique, préfecture de police, etc., etc.


LES BEAUX-ARTS.

Commençons notre visite et, puisque les beaux-arts s’offrent les premiers à nous, étudions-les sans désemparer.

Les spécimens des beaux-arts exposés par la ville de Paris comprennent sept divisions : — 1° peinture moderne et ancienne; 2° vitraux; 3® sculpture; 4° gravure en taille-douce; 5° albums; 6° tapisseries; 7° la peinture ancienne ou exposition rétrospective.

La peinture moderne se compose en grande partie de sujets religieux, autrement dire d’esquisses des peintures décoratives exécutées par des artistes pour diverses églises.

Nous ne ferons que les mentionner, puisque le lecteur les connaît probablement ou en tout cas a la facilité de les aller voir là où elles se trouvent; — ce sont : — la Légende de saint Laurent, par M. Balze, église de Saint-Laurent; plusieurs peintures de M. Barrias, (église de la Trinité) ; l'Éducation de la Vierge, de M. Bertrand (Saint-Louis d’Antin); de M. Bonnat, le Christ en croix, la Justice entre les mains de l'innocence, les Génies, la Force et la Justice, sujets qui décorent la salle des assises au palais de justice, et saint Vincent de Paul prenant les fers d'un galérien; ce dernier tableau est à Notre-Dame.

Cette exposition, on le voit, est un véritable musée des copies.

Continuons. Après plusieurs copies des peintures décoratives de M. Cazes, pour l’église Saint-François-Xavier; de M.Boulan, pour la mairie du XIIIe arrondissement; de M. Cornu,pour la chapelle de la Compassion à Saint-Boch, voici une belle composition de M. Michel Dumas pour l’église de Clignancourt : l’Ensevelissement de saint Denis ; voici les peintures décoratives de M. Duval-Le-camus pour la chapelle décorative du Sacré-Cœur à Saint-Sulpice; le Christ et les lépreux de M. Glaize (Blancs-Manteaux) ; la Vierge à douze ans, de M. Lafond (Saint-Louis en l’île) ; l’Ange de la pureté, de M.Landelle (Saint-Sulpice) ; la Demande en mariage, la Célébration, la Famille, de M. Emile Levy (mairie du VIIe arrondissement); deux panneaux de M. Henry Levy pour l’église Saint-Merry : — la prédication de saint Denis, saint Denis au tombeau; puis la sainte Geneviève de M. Vincent, pour l’église de Bosny.

Enfin, deux tableaux historiques très-intéressants, de M. Robert-Fleury, qui figurent dans la grande salle du Tribunal de commerce : — Le chancelier de l'Hospital instituant les juges-consuls et Louis XIV dictant à Colbert l’ordonnance du commerce.

Dans la collection de la peinture ancienne, nous trouvons un tableau de Louis Boullongne, retrouvé dans l’ancien presbytère de Saint-Nicolas du Chardonnet : Antoine recevant Cléopâtre.

Les disciples d'Emmaüs, d’Antoine Coypel (église Saint-Merry) ;

Jésus au Jardin des Oliviers, d’Eugène Delacroix ;

Les vainqueurs de la Bastille, de Paul Delaroche, qui étaient à l’ancien Hôtel de Ville, dans la salle du Trône ;

Sainte Geneviève, un carton de vitrail de Flandrin, pour Saint Germain des Prés;

Le martyre de saint Hippolyte, par Steim, pour Notre-Dame de Paris ;

Les prévôts des marchands, les échevins et les officiers du corps de ville, en habits de cérémonie, implorant sainte Geneviève pour la cessation de la famine, par Largillière ;

La sainte Catherine, d’Eustache Lesueur (Saint-Etienne du Mont) ;

Les disciples d'Emmaüs, de Ristout (Saint-Leu) ;

Enfin, l’Adoration des Mages, de Carie Van Loo (Saint-Eustache).

Nous avons dû nous borner à citer simplement ces œuvres qui, depuis si longtemps connues, échappent par leur supériorité à l’appréciation contemporaine.


SCULPTURE, GRAVURE, VITRAUX, TAPISSERIES, ETC.

Parmi les sculptures exposées, nous citerons principalement : — le Bossuet de Barrias qui est à la Sorbonne ; la Sécurité de M. Chapu ; cette statue est à la préfecture de police ; la Loi, de M. Duret (palais de Justice) ; la Vigilance, de M. Gruyère (préfecture de police) ; l’Anacréon et la Sapho, de M. Guillaume, (Hôtel de ville); l’Enfance de Bacchus, de M. Aimé Millet.

Nous ne noterons que pour mémoire le Gloria victis de M. Mercié, que nous verrons à notre sortie dans le jardin sud.

La gravure en taille-douce reproduit une grande partie des œuvres que nous venons d’énumérer.

Nous nous bornerons à citer quelques noms : MM. Bertinot, Bridoux, Danguin, Devaux, Dubouchet, Levasseur, Martinet, Moïse Outvvaithe, Poncet, Salmon, Wilman, etc., etc., figurent parmi les exposants.

La gravure de médailles comprend les jetons de municipalités, les jetons de présence.

Viennent ensuite les albums qui reproduisent des gravures, lithographies, photographies, etc., etc., relatives à la Ville et qui vont se retrouver sur notre parcours.

Parmi les tapisseries, deux nous frappent particulièrement ; ce sont de grands panneaux qui représentent Paris au XVIIe siècle et Paris au XVIIIe siècle.


L’EDILITE PARISIENNE

Quand on pénètre dans la première grande salle, on voit à sa droite, appliquées aux murs, de longues tables chargées de livres et d’albums que le public peut consulter à loisir.

L’administration a eu l’attention de faire placer auprès de ces tables des chaises qui permettent au public de lire commodément.

Ces volumes donnent l’explication des divers services de Paris et des moyens employés pour assurer leur efficacité et leur régularité.

Les albums forment le corollaire des volumes en ce sens qu’ils représentent l’explication dessinée en face de l’explication écrite.

Nous allons les parcourir et nous leur emprunterons leurs détails les plus intéressants.


L’HYGIENE A PARIS

Dans une agglomération aussi considérable que celle que présente Paris, l’hygiène ne peut se maintenir dans les conditions voulues qu’à l’aide d’une surveillance incessante.

Cette surveillance est exercée par la Commission des logements insalubres.

La salubrité publique peut être compromise par deux causes : — 1° cause extérieure, telle que agglomération d’immondices dans les cours, enclos, fosses, puisards, etc.; 2° cause intérieure, telle que agglomération excessive d’habitations dans un espace trop restreint.

Ces deux faits ne sont pas tolérés. Voici le chiffre des abus que la commission de la salubrité a eu à réprimer de 1857 à 1869 :
Années Délits
1857 369
1858 355
1859 373
1860 1656
1861 2915
1862 3020
1863 3072
1864 3393
1865 4160
1866 3611
1867 3007
1863 2411
1869 2275

Dans les cas où des réparations sont jugées nécessaires par la commission et où le propriétaire s’y refuse, elles sont exécutées à ses frais par les agents de la Ville.


LES TRAVAUX DE PARIS

Les travaux de Paris comprennent deux divisions : — 1° la voie publique, les promenades et les constructions qui les bordent ; 2° les travaux d’architecture et des beaux-arts.

Le personnel se compose de 892 agents et revient à 2,543,350 francs.

Dans les vingt arrondissements de Paris, il y a 82,293 arbres et 7,219 bancs.

10 agents et 105 ouvriers veillent à leur conservation.


L’ECLAIRAGE DE PARIS

L'éclairage de Paris se fait au moyen de 37,064 becs de gaz qui consomment annuellement 158,931,587 mètres cubes.

Ils rendent une recette ordinaire de 43,326,127 fr. 15 centimes, sur laquelle revient à la Ville, à titre de bénéfice, la somme de 8,300,000 fr.

Un détail peu connu, croyons-nous : — il existe encore à Paris 450 lanternes éclairées au pétrole et à l’huile de colza.


LES MAISONS ET LES CHAUSSÉES.

Il y a à Paris 70,000 maisons qui logent 1,851,792 habitants.

La hauteur des maisons n’est pas laissée au libre arbitre des propriétaires.

Une ordonnance ancienne avait fixé cette hauteur à llm,70, 17m,55 au maximum.

Le 27 juillet 1858, une ordonnance a autorisé à construire jusqu’à la hauteur de 20 mètres, mais à la condition que les maisons n’eussent pas plus de cinq étages, entre-sol non compris.


LA VOIE PUBLIQUE.

La voie publique comprend : 1° les chaussées pavées; 2° les chaussées empierrées.

Il y a à Paris 5,820,400 mètres carrés de chaussées pavées, entretenues par 371 cantonniers, dont 42 chefs et 229 paveurs ; — et 1,808,200 mètres carrés de chaussées empierrées, entretenues par 415 cantonniers, dont 25 chefs et 390 cantonniers.

Le balayage de la voie publique s’exerce sur une surface de 14,500,000 mètres carrés 11 coûte 2,802,000 francs par an.

Les balayeurs se décomposent ainsi :
2,200 hommes gagnant de 2 fr. 50 à 4 fr.
950 femmes — de 1 fr. 20 à 1 fr. 25
30 enfants — 0,20 cent, par jour.

Le service municipal emploie en outre-190 balayeuses mécaniques, qui coûtent 1.000 fr. d’acquisition et 200 fr. d’entretien par an.

Elles balayent 5,500 mètres à l’heure, co qui représente le travail ordinaire de dix ouvriers.

L’enlèvement des immondices se fait chaque matin de 6 à 8 heures en été, et de 7 à 9 heures en hiver, au moyen de 520 tombereaux traînés par 980 chevaux et qui représentent une capacité de 1,700 mètres cubes.

Le nombre des chiffonniers, quoique diminué beaucoup depuis que le dépôt des immondices sur la voie publique a été interdit, est cependant aujourd’hui encore de 7,000, autorisés par la Préfecture.

A ce chiffre, il convient d’ajouter un nombre à peu près égal de chiffonniers non autorisés.

Le gain moyen de ces hommes peut être évalué en totalité à 20,000 francs par jour, soit 7 à 8 millions par an.


L’ARROSAGE DE PARIS

L’arrosage de la voie publique se fait au moyen des tonneaux et de la lance.

Le tonneau d’arrosage est d’une contenance qui varie entre mille, onze cents et treize cents litres.

La largeur d’arrosement est de 4m,50 et la longueur de 450 à 600 mètres, soit 2,000 à 2,800 mètres de superficie. Les prises d’eau sont espacées en conséquence.

Avec un bon tonneau, on peut entretenir 20.000 mètres carrés de surface pavée et 10.000 mètres carrés de surface pierrée.

La lance, pourvue d’un conduit de 12 à 14 mètres, a une longueur de jet de 12 mètres par une pression de 15 mètres.

Elle arrose 20,000 mètres en 35 minutes.

L’arrosage quotidien se fait à Paris par 322 tonneaux, qui usent 5,957 mètres cubes d’eau.

Ils coûtent 240 francs par jour, dans cette somme est compris le salaire du conducteur.

Les surfaces arrosées à la lance représentent 2,327,000 mètres cubes.


L’EAU A PARIS

La longueur des rues de Paris est de 865,863 mètres ; la longueur des conduites publiques d’eau est de 1,431,000 mètres.

Le volume d'eau de rivière, apporté quotidiennement à Paris, se décompose ainsi :
105.000 mètres cubes par le canal, de l’Ourcq ; 80,000 par la Marne ; 88,000 d’eau de Seine par les machines du Port à l’Anglais, de Maisons-Alfort, du pont Austerlitz, Chaillot, Auteuil et St-Ouen ; 43,000 de la Marne par les machines de St-Maur.

Total de l’eau de rivière : — 316,000 mètres cubes, auxquels il faut ajouter 6,000 mètres cubes fournis par les puits artésiens.
Le volume d’eau de source se décompose comme il suit :
1.000 mètres cubes par Arcueil ; 20,0C0 parlaDhuis; 12,000 par St-Maur; 60,000 par la Vanne ; au total 93,000.
Total général des eaux amenées quotidiennement à Paris : — Quatre cent quinze mille mètres cubes.
Il nous paraît intéressant de placer sous les yeux du lecteur le • tableau suivant qui indique les variations de la consommation de l’eau potable suivant les saisons :
mètres cubes.
Janvier 423
Février 445
Mars 457
Avril 480
Mai 481
Juin 311
Juillet 544
Aout 524
Septembre 498
Octobre 478
Novembre 461
Décembre 454

Une partie de ces eaux de rivière et de source est distribué dans la ville par : 59 fontaines monumentales, 224 bornes à repoussoir, 30 fontaines de puisage, 26 fontaines marchandes d’eau filtrée, 30 fontaines de puisage, 556 bornes-fontaines, 4,500 bouches sous trottoir, 2,610 bouches pour les tonneaux, 2,900 bouches pour les lances, 200 bouches à incendies (dont 120 pour pompes à vapeur), 155 bureaux de stationnement, 681 jeux d’urinoirs ; une autre est absorbée par 152 établissements de l’État, 14 établissements départementaux, 83 de l’assistance publique, 49 édifices religieux, 247 écoles et collèges, 167 établissements municipaux divers, les bois de Boulogne et de Vincennes et les Champs-Elysées, 50 squares, enfin 38 abonnements de services privés (chemins de fer, etc.).

La compagnie des eaux compte environ, parmi les particuliers, 37,889 abonnés.

Les eaux de Paris, d’après le dernier relevé, rapportent : 5,914,448 fr. 85 c.


LES ÉGOUTS.

Après avoir lu dans les collections de la Ville les détails qui précèdent, on éprouve un intérêt bien plus vif à voir les modèles réduits des appareils destinés à la conduite des eaux, du gaz, etc., etc.

Très-curieux le grand modèle en plâtre représentant le grand collecteur ; on est frappé de l’épaisseur de sa maçonnerie ; il faut bien qu’il en soit ainsi, et cette solidité a sa raison d’être, si Ton songe à la grande masse d’eau que le conducteur convoie en tout temps, à la masse effrayante qu’il lui faut supporter les jours d’orage quand il doit débarrasser Paris de toute la masse d’eau de pluie qu’il a reçue.

Autant pour assurer le service que dans l’intérêt de l’hygiène et pour empêcher que des émanations dangereuses, résultat de stagnations infectantes, remontent dans la Ville, le grand collecteur est maintenu dans un état continuel d’extrême propreté.

Quiconque a visité les égouts, quiconque a parcouru ce Paris-souterrain dont les rues portent le nom du Paris supérieur, a pu se convaincre de ce fait que la propreté des dessous de la capitale est égale au moins à celle des dessus.

Le nettoyage du grand collecteur s’opère d’abord au moyen du bateau que vous voyez exposé, et qui s’appelle bateau-vanne.

C’est un immense bateau en cuivre, sur chaque sabord, une plate-forme en bois le met en communication avec la chaussée de l’égout.

A l’avant, une forte tige métallique transversale, ^munie à chaque extrémité d’une poulie placée horizontalement et touchant de chaque côté au mur de l’égout ; de la droite et de la gauche du bateau, partent, en flanc, deux autres longues et fortes tiges destinées à maintenir la tige conductrice.

Grâce à ce mécanisme, non-seulement le bateau suit constamment la même direction, mais sa marche se trouve accélérée et il est conduit facilement par un homme muni d’un croc.

A l’arrière, une large et épaisse planche de bois, ayant la forme du conduit, chasse devant elle, par l’impulsion du bateau, les matières qui tendraient à séjourner.

Un autre moyen est encore employé. Voyez cette immense sphère en bois, c’est ce qu’on appelle la boule.

Elle est, au moyen d’une chaîne, tirée d’une extrémité à l’autre du grand conducteur ; grâce à son poids, qu’augmentent et la résistance de l’eau et celle des matières, sa force est considérable et elle débarrasse facilement l’égout.


LES GRANDS RÉSERVOIRS.

On a eu l’heureuse idée d’exposer une bâtisse reproduisant exactement, mais en réduction, cela va sans dire, les grands réservoirs de Montrouge; ce spectacle, inconnu complètement de la majorité du public, attire beaucoup les visiteurs.

On ignore généralement que les établissements hydrauliques peuvent être visités absolument comme les monuments publics; il suffit pour cela d’adresser à la direction des eaux une demande qui est toujours accueillie.

Nous conseillons à nos lecteurs de se procurer ce plaisir, ils assisteront à un spectacle à la fois curieux et grandiose; ils peuvent, au surplus’ s’en faire une idée en petit, en observant le modèle réduit exposé par la ville de Paris.

Vous entrez dans l’établissement de Montrouge; du dehors vous n’avez vu qu'un immense carré formé par des murs assez élevés; la grille s’ouvre, vous n’apercevez qu’une petite maison de modeste apparence, élevée de trois étages au plus; autour de la maison, — qui est le logement de l’administration, — une plaine immense, couverte de gazon verdoyant, avec quelques parterres, quelques bouquets d’arbres et plusieurs kiosques.

Vous vous demandez où vous êtes, vous vous demandez surtout où sont les eaux, car vous n’en découvrez pas une goutte.

Votre curiosité va bientôt être satisfaite ; on vous donne un guide qui vous emmène à travers la plaine. Nous vous avons parlé de parterres. Au milieu de chacun d’eux, se trouve une ouverture fermée par de forts barreaux croisés. Ce sont des jours destinés à éclairer les réservoirs.

Vous arrivez à un des kiosques, on vous montre un petit escalier en colimaçon ; vous descendez, l’ombre se fait autour de vous ; sans vous en rendre compte, vous ralentissez le pas ; enfin, vous avez mis le pied sur le sol ; vous sentez une grande fraîcheur, et il vous faut quelque temps pour distinguer ce qui vous entoure.

Bientôt, vous vous accoutumez à la lumière blafarde qui descend par les jours dont nous avons parlé plus haut et qui se répand dans cet immense sous-sol, diffusée par les eaux dont la surface fait miroir.

Alors, vous commencez votre visite et le guide vous montre les conduits géants, conduits de réception et conduits d’émission.

Il vous fait plonger le regard dans ces immenses réservoirs où se conserve le trop-plein des eaux reçues ; car vous saurez que le service des eaux de Paris est organisé de telle sorte, que le nombre de mètres cubes d’eau amenés chaque jour à Paris est de beaucoup supérieur à celui qu’exige la consommation quotidienne. 11 en résulte que si, par un hasard impossible, une ou plusieurs des conduites alimentaires venaient à manquer par suite d’accidents, les dégâts seraient réparés avant que le service ait eu seulement besoin d’être modéré.


LE NOUVEL HOTEL DE VILLE.

Le relief du nouvel Hôtel de ville a été exécuté par MM. Villement et Deperthes ; on sait que le plan adopté est l’œuvre de M. Ballu.

M Ballu, tout en conservant en principe l’ancien modèle, a corrigé ce qu’il avait d’étroit et de défectueux dans certaines de ses parties ; il l’a grandi et a augmenté son aspect monumental.

Le pavillon du milieu avance de deux mètres environ sur le reste de l’édifice ; les deux pavillons des angles ont la même avance ; il en résulte un tout harmonieux d’un grand effet.

Le pavillon de l’horloge est d’une incomparable grandeur; au-dessus de la porte d’honneur, nous retrouvons avec plaisir la Statue de Henri IV, les statues de la Force, de la Tempérance, de la Justice et de la Vérité.

A droite et à gauche de l’horloge, deux dates : 1533 et 1873.

C’est le 15 juillet 1533 que fut posée par Pierre Viole, prévôt des marchands, la première pierre de la maison de ville qui devait remplacer la maison aux piliers, devenue insuffisante; cette maison datait d’Étienne Marcel. La maison de ville ne fut achevée qu’en 1628, espérons que notre nouvel Hôtel de ville n’attendra pas aussi longtemps sa reconstruction.

La place de l’Hôtel-de-Ville a été également l’objet des préoccupations de l’architecte, qui a voulu que l’aspect de la place répondît à celui du monument.

Deux statues se faisant face et placées sur de larges trottoirs semblables à ceux existant autrefois, débarrasseront cette immense place de l’aspect un peu banal qu’elle présentait.


LES RÉDUCTIONS EN PLATRE ET AUTRES.

Puisque nous avons examiné la réduction en plâtre de l’Hôtel de Ville, examinons les autres. Elles sont curieuses à tous les points de vue, surtout en ce qu’elles révèlent très-complètement l’esprit architectural moderne, qui tend de plus en plus à se singulariser, enfin à avoir son type à lui, son type créé, son type spécial.

Notez que chaque genre de construction a son type trouvé et trouvé définitivement. On pourra le perfectionner, on ne le changera pas.

Voulez-vous un type de bibliothèque ? voici la bibliothèque de l’école de droit. Il semble même qu’un progrès se trouve là déjà. Nous trouvons les salles de lecture plus hautes, mieux aérées.

Comme type de marché, voici les marchés et abattoirs de la Villette, modèles .du genre. Vous voyez là mis à exécution le résultat des études faites par les hommes compétents depuis de longues années.

Comme type de mairie, voici les mairies des XIe, XVe et XIXe arrondissements. Une réflexion à ce propos : — Depuis quelque temps, les architectes tendent à réduire ce genre de constructions à un type à peu près uniforme. Les mairies, qui autrefois étaient une coquetterie pour les villes comme pour les arrondissements, y perdront beaucoup. Il ne faudrait peut-être pas leur appliquer systématiquement l’uniformité qui convient aux hôpitaux, aux marchés* aux écoles, etc., etc.

Signalons en passant un morceau très intéressant dû à l’initiative des ponts et chaussée ; c’est le modèle, plan, coupe et élévation d’une section de boulevard.

Les maisons, les chaussées, le boulevard avec ses arbres, ses bancs,ses kiosques, tout est d’une irréprochable exactitude.

La coupe qui fait face au public représente les conduits souterrains qui distribuent l’eau et le gaz nécessaires aux maisons et à la voie publique.

A droite et à gauche, les maisons sont coupées par derrière, ce, qui permet de suivre, depuis le sous sol jusqu’au dernier étage, la distribution des eaux et du gaz, le service d’écoulement des eaux ménagères, ainsi que celui des fosses d’aisances.

Quand nous aurons noté quelques réductions en plâtre d’églises nouvelles, notamment de l’église Saint-Joseph, rue.Saint-Maur, il ne nous restera plus qu’à parler d’un intéressant modèle, celui de l’entrepôt, construit à Bercy pour remplacer les petites baraques du quai, qui étaient, ainsi que les maisons riveraines, si fréquemment éprouvées par les crues de la Seine.

Cet entrepôt, construit presque entièrement en fonte, affecte la forme d’un immense hangar. Il sera très-aéré, la circulation y sera facile. Quand on l’a vu, on ne peut plus que considérer avec pitié le lourd entrepôt en pierre de la rive gauche.

Deux modèles de ponts : le pont de Courbevoie et le pont de la Grande-Jatte attirent ensuite les regards.

Enfin, l’instruction publique expose des réductions des établissements scolaires de la Ville.

On voit un modèle de magasin scolaire destiné à contenir tous les objets nécessaires à l’instruction des enfants, puis un modèle d'école primaire normale et un modèle de salle d'asile communale.


LA PRÉFECTURE DE POLICE.

La Préfecture de police expose d’abord des spécimens du système photographique qu’elle, a organisé depuis quelques années et qui a rendu de si grands services pour la découverte des criminels. On se souvient que c’est à ce procédé qu’on a dû l’arrestation de Moyaux, qui avait jeté sa petite fille Jeanne dans un puits de Bagneux.

La partie de cette exposition qui nous a paru le plus intéressante, est celle qui représente, en grandeur naturelle, ces postes de sauvetage établis sur les rives de la Seine et qui portent l’inscription bien connue : — Secours aux noyés.

Voici l’excellent lit sur lequel on place le noyé, complètement dépouillé de ses effets ruisselants d’eau, puis le coussin destiné à être placé sous ses reins ; voici la baignoire dans laquelle on placera le malade pendant deux ou trois minutes, cinq au plus; c’est là qu’au besoin on lui donnera des douches.

A côté de la baignoire, voyez cette large plaque en cuivre; c’est l’appareil caléfacteur qui sert à rappeler la chaleur vitale et à rétablir la circulation du sang.

Mais on n’en use qu’avec mesure, en vertu de l’axiome qui dit : — Il est dangereux de rappeler la chaleur trop rapidement.


LES SAPEURS-POMPIERS.

L’exposition des pompiers est très-complète. Le visiteur y trouve tous les spécimens et tous les renseignements désirables , grâce aux soins de M. le colonel Saint-Martin et de M. le capitaine-ingérieur Detalle, qui ont présidé à l’installation de cette exposition.

Une magnifique pompe à vapeur attire d’abord les regards ; si l’invention n’est pas nouvelle pour d’autres pays, elle est chez nous d’application récente et n’en excite que plus notre curiosité.

La pompe à vapeur, outre la rapidité avec laquelle son attelage lui permet de se porter sur le lieu d’un sinistre, offre en outre l’avantage de porter avec elle tous les accessoires nécessaires au sauvetage, tels que tuyaux, lances, sacs à eau, caisse d’outils, etc., etc.

A côté d’elle figure la pompe ordinaire, autrement dite pompe à bras. Voici le chariot d’incendie, avec tous les instruments qui peuvent devenir nécessaires, puis le tonneau d’incendie.

Entre autres appareils curieux, on remarque l’appareil employé pour les feux de caves.

Sur une table, figurent des documents intéressants que le public peut consulter : le manuel du pompier, les règlements divers concernant le régiment des pompiers, enfin une curieuse statistique des incendies.

L’exposition photographique n’est pas moins riche en curiosités que le reste de l’Exposition.

Elle représente divers postes et casernes, et, ce qui est plus intéressant que tout le reste, des vues prises sur le vif au cours de plusieurs incendies.

D’autres photographies représentent les périlleuses manœuvres que nos braves pompiers exécutent avec autant d:adresse que d’abnégation.


LE PAVILLON DES ALIÉNÉS.

C’est à l’asile de Ville-Evrard que nous sommes redevables de cette partie de l’exposition parisienne.

Le sujet est triste, c’est vrai, mais le visiteur se retire charmé de voir avec quelle, sollicitude on traite les hommes affligés de la plus cruelle des affections, et la vue des travaux étonnants exécutés par ces malades prouvent en outre, que si la guérison ne récompense pas toujours la peine du médecin, du moins les efforts de celui-ci ne sont pas toujours perdus.

Le premier objet qui frappe le regard , parce qu’il est le plus volumineux, est un pan de cellule capitonnée. L’armature de la cellule , composée d’une sorte de matelas élastique, mais assez résistant, garantit contre sa fureur le malheureux qui voudrait se briser la tête contre les murs.
A côté, on voit une baignoire recouverte d’une forte toile solidement fixée et qui ne laisse disponible que juste l’espace nécessaire à la tète du malade.

Ce système a pour objet de maintenir dans le bain le malade récalcitrant.

Parmi les objets les plus curieux, nous remarquons une bouche artificielle pour l’alimentation forcée des aliénés. Il arrive souvent que les aliénés, soit par la nature de leur folie, soit par cet esprit de contradiction et de taquinerie inséparable des affections de ce genre, refusent toute nourriture ; on a recours, dans ce cas, à la bouche artificielle, et, quand le malade est bien convaincu que la résistance est inutile, il y renonce de lui-même.

Un nouveau système de camisole de force attire l’attention. Il a pour objet de diminuer la faculté de mouvoir les bras qui était laissée au malade par les anciennes camisoles.

Dans le nouveau système, les manches sont fixées par devant au pantalon. Si le malade veut lever trop brusquement les bras, il en résulte pour lui une telle gêne dans les jambes qu’il les abaisse aussitôt.

L’inventeur de ce système voulait obtenir le minimum de résistance ; il y est arrivé.

Quand on examine tous ces objets, quand on se -rend compte des excès, des dangers que révèle la nature des mesures préventives prises contre les malades, on les croirait incapables de donner la plus petite preuve d’intelligence, à moins qu’elle ne s’appliquât au mal.

Il est loin, cependant, d’en être ainsi. La preuve, c’est que l’asile de Ville-Evrard a pu exposer des objets positivement remarquables et fabriqués par ses pensionnaires.

Ainsi, nous remarquons une jardinière en acajou massif, une garniture de cheminée en fer forgé, avec chenets, pelles et pincettes, style Louis XV, des serrures, etc., etc.


LA BIBLIOTHÈQUE.

Nous voici parvenus au bout du pavillon.

A notre gauche, se trouve le salon du Conseil municipal et à, notre droite la bibliothèque.

Entrons dans la bibliothèque et voyons les curiosités qu’on a mises à notre disposition.

Observons d’abord à notre droite ces boîtes chargées de fiches. -Ce sont les fiches des bibliothèques des mairies, autrement dit des bibliothèques municipales.

Ces fiches sont intéressantes à consulter, et on voit avec plaisir que les bibliothèques municipales, — institution récente et utile s’il en fut, — se sont enrichies en peu de temps.
Sur la table centrale, nous remarquons le plan de Paris de Turgot, 1739 (l’ouvrage est original), le plan de Verniquet, un atlas, de 1790.
Sur les rayons de la bibliothèque, figure entre autres l’histoire générale de Paris, ouvrage complet et précieux s’il en fut.

Au surplus, puisque nous parlons ici de documents historiques, nous ne saurions mieux faire que d’énoncer sommairement tous ceux qui se trouvent dans le pavillon de la ville de Paris et que le public n’aura jamais l’occasion de consulter plus librement ni plus à son aise :
Topographie historique du vieux Paris ; plan de Paris en 1830; monographie du bassin de la Seine ; les anciennes bibliothèques de Paris; les armoiries de la ville de Paris; le livre des métiers; les jetons de l’Échevinage parisien ; enfin les registres de Paris antérieurs à 1789.

Planches : — Outra les deux plans énoncés plus haut::— plan de Quesnel, 1609 (reproduction) ; le vieux Louvre et le château des Tuileries ; l’Abbaye et le bourg Saint-Germain; les miniatures du missel de Juvénal des Ursins.

Ajoutons à cette nomenclature nombre de vitrines disséminées dans le pavillon et contenant des vues de monuments de Paris, des objets antiques du moyen âge provenant de fouilles exécutées dans le sol parisien, puis les jetons et médailles de l’édilité parisienne.

Citons aussi dans le compartiment de l’Assistance publique : — Les plans originaux de l’Hôtel-Dieu, de* Saint-Louis, de Saint-Jacques-enfin un antiphonaire, etc;,; etc.


L’ANNEXE DE LA VILLE DE PARIS

Toute l’exposition de la Ville de Paris ne se trouve cependant pas enfermée dans ce pavillon, moins' éblouissant encore par sa splendeur que par les merveilles qu’il renferme.

La Ville a dû reporter au parc du Trocadéro l’exposition de ses plantations.

Elle a dû aussi placer sur la berge de la Seine les spécimens en grandeur naturelle des égouts, conduites, etc., etc.

On y trouve un modèle exact du grand égout collecteur tel que nous l’avons décrit plus haut.

La visite de cette annexe complétera pour le lecteur les notions théoriques acquises par la lecture des documents officiels.

Le lecteur connaît maintenant l’ensemble de l’Exposition ; il a visité toutes les curiosités extérieures, il s’est promené dans les parcs, il a parcouru le Trocadéro et a fait le tour du Champ de Mars.

Nous pouvons donc l’introduire dans le palais môme et lui montrer les merveilles commerciales et industrielles qu’il renferme.

Nous avions eu tout d’abord la pensée de visiter en premier lieu notre section, on nous pardonnera ce moment d’orgueil français; mais nous avons songé que c’eût été manquer de courtoisie, et qu’en ce moment laFrance se doit avant tout à ses hôtes.

Nous commencerons donc notre visite par la Section étrangère.

©Les Merveilles de l'Exposition de 1878