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Grue Voruz


Grue Voruz à l'exposition de Paris 1878

La grue est une combinaison ingénieuse du treuil et de la poulie, servant à élever de pesants fardeaux pour les transporter, grâce au pivot sur lequel elle tourne, à une couche distance. Le progrès industriel, après avoir substitué, dans la manœuvre de la grue, la force hydraulique à la force musculaire de l’homme, a fini, sans consentir à l’abandon de l’un ni de l’autre de ces deux moteurs, par y appliquer la vapeur. Cette application a été réalisée en Angleterre par sir W. Armstrong, qui y avait d’abord appliqué la force hydraulique, sans parler de divers perfectionnements de construction, et en France par MM. Claparède et autres. Des modifications utiles, suggérées par l'expérience, ont été depuis apportées à cette machine; la grue Voruz, que nous avons vue fonctionner à l’Exposition, près de la porte Rapp, a profité de tous ces perfectionnements.

Cette machine, très-simple de construction, pèse 35,000 kilogrammes. Elle se compose d’un pivot central en fer pesant 9,000 kilogrammes, enfermé à 5 mètres de profondeur dans un massif de maçonnerie. La plaque qui le termine à sa sortie du sol supporte d’un côté une chaudière à vapeur, de l’autre le levier, au centre les diverses parties du treuil, qui peut être manœuvré à bras d’homme ou par la vapeur suivant le cas : à bras d'homme à l'aide d’une simple manivelle, ou par la vapeur actionnant deux pistons dont les cylindres sont placés sur le côté du massif de maçonnerie, lesquels agissent sur des manivelles qui mettent en mouvement l’arbre du treuil. Une chaîne énorme glisse sur des cylindres disposés le long de la flèche et vient s’enrouler sur le treuil.

La flèche de levage de la grue Voruz a 7 mètres 50 de portée, de sorte qu’en prenant à 7 mètres 50 à droite ou à gauche, un wagon chargé, de 10,000 kilogrammes pesant, comme nous le lui avons vu faire, elle peut le transporter à une distance égale du côté opposé, lui faisant accomplir ainsi un trajet total de 15 mètres dans l’espace; mais elle peut également Je déposer en chemin, le tenir suspendu ou le remettre au lieu où elle l’a pris, suivant la fantaisie du mécanicien.

C’est en vérité un instrument bien puissant et bien docile.

©L'Exposition de Paris 1878