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Monaco


Monaco à l'exposition de Paris 1878

D’architecture moderne, avec des réminiscences mauresques, le pavillon de la principauté de Monaco, qui s’élève dans le parc du Champ-de-Mars, près du pavillon espagnol, offre à l'extérieur un aspect plein de gaieté et d’éclat. Une balustrade de pierre entoure l’édifice, et entre cette balustrade et le pavillon on a planté un jardin, un vrai jardin monégasque où les palmiers, les oliviers, les lauriers, etc., balancent à plaisir leurs ramures exotiques.

Ce pavillon est précédé sur la façade d’un porche-vérandah de style mauresque sous lequel s’ouvrent les portes d’entrée ; la décoration générale est polychrôme; le toit est surmonté d’un belvédère vitré.

Au centre de la vaste salle où Ton pénètre, après avoir franchi le seuil de ce charmant petit palais, est creusée dans le sol, peu profondément, une fontaine mauresque, élégamment décorée de tuiles peintes sur ses bords plats, d’où s’élancent plusieurs jets d’eau répandant alentour une fraîcheur agréable — en été—et sur lesquels retombent gracieusement les feuilles d'un gigantesque palmier. Des vitraux de couleur atténuent à l’occasion l’ardeur des rayons du soleil, ne laissant pénétrer à l’intérieur qu’une lumière douce et voilée, très-favorable aux objets exposés.

En levant les yeux vers la partie supérieure du mur à gauche, on aperçoit d’abord un beau portrait de la mère du prince actuellement régnant; puis, tout autour, s’étend la série complète des princes de Monaco, depuis Grimaldi 1er jusqu’au prince Charles III, portraits exécutés en terre cuite sur fond bleu et entourés de cadres aux ornements héraldiques également en terre cuite d’une exécution parfaite. Le portrait de la princesse seul est peint à l’huile.

L’exposition de la principauté, réunie dans ce pavillon, se compose tout d’abord des produits agricoles, des céréales magnifiques, des olives avec les huiles que l’industrie en tire, des conserves de fruits, des essences et des parfums extraits des fleurs de ce pays privilégié ; puis ce sont des objets de fantaisie ou d'ornement en bois d’olivier curieusement travaillés, sculptés et incrustés avec beaucoup d’art, et des ivoires sculptés. Les artistes monégasques excellent dans la sculpture sur ivoire. Nous remarquons plusieurs cadres et des articles divers qui sont en ce genre de véritables chefs-d’œuvre, des plaques d’ivoire avec des fleurs sculptées en bas relief, profondément fouillées, qui sont des merveilles de délicatesse et de fini.

Mais c’est surtout dans la céramique que Monaco triomphe. Il y a là des vases, des buires, des assiettes, des statuettes d’une élégance de forme et d’un éclat de couleur qu'il est à peine possible de surpasser. Les motifs d’ornement des vases sont généralement des fleurs et des fruits modelés en haut-relief, en guirlandes, en bouquets, ou isolés, mais toujours d’une coloration chaude qui convient aux fruits et aux fleurs de ces contrées bénies du ciel.

Signalons enfin un beau modèle réduit de la cathédrale de Monaco.

La plus grande partie des objets exposés appartient à la Société industrielle et artistique de Monaco, aux efforts de laquelle d’ailleurs l’organisation de cette belle exposition est presque entièrement due.

©L'Exposition Universelle 1878