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Alsace-Lorraine



Parmi les constructions du Trocadéro qui méritent d’être visitées, malgré leur apparence modeste, nous signalerons deux simples maisonnettes qui s’élèvent derrière le palais algérien et qui constituent en fait des annexes, et bien intéressantes, de notre exposition algérienne. Ce sont des maisons concédées aux colons alsaciens-lorrains qui, après la ratification du traité de paix de 1871, ont opté pour la France et ont accepté la proposition qui leur fut alors faite d’aller s’établir en Algérie.

Avec une maison de cette sorte, meublée très-sommairement mais d’une manière convenable, ainsi qu’on en peut juger, et pourvue d’une batterie de cuisine suffisante, le colon recevait une paire de bœufs et les instruments aratoires les plus indispensables ; en outre, pendant tout le temps qu’il demeurait sans travail ou que son travail restait improductif, une somme de un franc cinquante centimes était allouée à chaque membre de la famille du colon et, s’il y avait lieu, un franc à chacun des enfants.

Ce système, pratiqué avec sagesse par la société protectrice des Alsaciens-Lorrains, a produit les meilleurs résultats, comme on peut s’en convaincre par la lecture du rapport de son président, M. le comte d’Haussonville, déposé sur la table du gardien. Cette exposition a donc un double intérêt : un intérêt purement rétrospectif, mais d’une nature encore puissante, et l’intérêt qui s’attache nécessairement à un grand exemple à suivre à l’occasion. — Or l’occasion ne serait peut-être ni bien longue ni bien difficile à trouver.

©L'Exposition Universelle 1878