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Danemark


Danemark à l'exposition de Paris 1878

Architecte(s) : Vilhem Dahlerup

La façade qui forme l’entrée de l’exposition industrielle danoise est l’œuvre de M. Vilhem Dahlerup. Elle porte au fronton les armes du Danemark, le chiffre du roi Christian IX et sa devise :
Avec Dieu, pour le droit et l'honneur.

L’architecte s’est appliqué à caractériser, dans cette composition, le style de la Renaissance en Danemark à la fin du XVIe siècle et au commencement du XVIIe siècle.

Bien qu'il existe encore, en Danemark, de belles églises du moyen âge, ce sont cependant les grands châteaux et les édifices laïques de cette période de la Renaissance, aux temps des rois Frédéric II et Christian IV, qui constituent l’ornement le plus considérable de l’architecture danoise.

Il faut citer, en première ligne, le château de Kronborg, sur la côte de file de Seeland, à l’entrée du détroit; le vaste château royal de Frederiksborg, dans le nord de l’ile; celui de Rosenborg, à Copenhague, et la Bourse de cette ville.

Les visiteurs ont pu se faire une idée de ce dernier monument en examinant, à l’entrée de l’exposition des beaux-arts, les dessins et les plans de restauration dus à l’architecte, M. Amberg.

La Bourse est construite en briques et en grès ; elle est surmontée d’une flèche élégante et originale formée par trois dragons dont les queues sont enlacées. M. Dahlerup s’est servi de ce motif d’ornementation, combiné avec le trident de Neptune, pour composer la décoration de l’exposition maritime du Danemark dans la galerie des machines et des produits agricoles.

Le style de la Renaissance, que rappelle la façade danoise, est arrivé dans le pays non pas directement de l’Italie, mais d’Allemagne et des Pays-Bas par importation. Pour venir de son berceau jusqu’aux bords de la Baltique, cet art avait fait un long et pénible chemin, et il faut bien reconnaître que ceux qui l’avaient transmis lui avaient déjà fait perdre de son grand caractère et de sa pureté. Si les architectes danois n’ont pas réussi à lui restituer ces qualités, au moins ont-ils su acclimater la Renaissance dans leur pays en l’appropriant au caractère national, à la nature du pays et aux tendances d’un peuple qui avait conservé dans ses mœurs tant de traditions du moyen âge et de la féodalité. Il est impossible de ne pas leur attribuer ce mérite, lorsque l’on contemple le château de Kronborg se dressant avec tant de fierté au-dessus de la mer, ou le château de Frederiksborg, l’un des plus riches palais de l’Europe, bâti au milieu d’un lac et en pleine forêt.

Frederiksborg fut incendié en 1859 ; mais il a été rebâti dans le même style les années suivantes, ce qui a fourni aux architectes et aux décorateurs une nouvelle occasion de s’assimiler cet art de la Renaissance danoise.

©Les Merveilles de l'Exposition de 1878