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Egypte


Egypte à l'exposition de Paris 1878

Le pavillon égyptien s’élève derrière les constructions de la Suède et de la Norvège, dans le parc du Trocadéro, non loin de la porte Delessert. C’est une maison du Caire, une maison égyptienne type, fort simple, dans ce style popularisé par la peinture et le dessin dont une description minutieuse serait bien inutile. A l'intérieur, il se compose de deux parties distinctes. La première est consacrée aux produits et aux monuments de l’Égypte moderne; la seconde, qui est la plus importante , contient les magnifiques collections d’antiquités, trésors de l’art dont l’Égypte est si riche.

Les murs de cette galerie sont tendus de peaux de lions et d’autres grands fauves africains et ornés de trophées d’armes, d’instruments de musique et autres d’une fabrication ancienne et grossière, mais très-curieuse. On y voit une carie immense où sont représentées les principales explorations de l’Afrique; des lignes tracées en couleurs différentes indiquent la route suivie par les divers voyageurs, et tout près sont accrochés les portraits de Cameron, de Livingstone et de Stanley. Deux autres tableaux donnent une idée peu encourageante des mœurs féroces des races nègres de l’intérieur de l’Afrique et de la variété ingénieuse qu’ils savent apporter dans l’exercice de leurs cruautés. C’est donc avec un sentiment de délivrance qu’après avoir contemplé à loisir ces représentations de scènes familières on arrive dans la section de ce pavillon où tout parle en des termes si éloquents des progrès de la civilisation en Égypte , comme dans la salle consacrée à l’histoire et à la géographie du canal de Suez.

Le tracé du canal est figuré sur une carte immense qui couvre toute la surface du mur; la position des villes d’Alexandrie, Damiette, Rosette, le Caire est indiquée avec soin sur cette carte, ainsi que le cours du Nil. Un grand panorama en relief du canal et des terres appartenant sur les deux rives à la Compagnie de Suez est placé sur une table qui s’étend d’un bout à l’autre de la salle. On y voit des navires à voiles et à vapeur arrivant de la Méditerranée à Port-Saïd, s’engageant dans le canal, passant devant Ismaïla, traversant le lac Timsah et, laissant à droite le Sérapéum, poursuivant leur route vers Suez, et enfin entrant dans la mer Rouge. Ces plans et ces cartes sont des chefs-d’œuvre de précision et d’exactitude.

A ce palais qui renferme, comme on le voit, une exposition d’un intérêt peu commun, est annexé un bazar où l’on vend des tapis et des étoffes d’une grande richesse, et aussi des babouches brodées ou pailletées, des narghilés et des chiboucks, enfin le contingent abondant, papillotant et varié des inévitables bibelots qui font la gloire et la fortune des bazars africains et orientaux, surtout de ceux du Trocadéro.

©L'Exposition Universelle 1878