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Autriche - Hongrie


Autriche - Hongrie à l'exposition de Paris 1878

L’Autriche-Hongrie représente seule au Champ de Mars l’architecture allemande.

La façade qu’elle a faits construire se compose d’une suite d’arcades dont les cintres reposent sur des colonnettes accouplées. Les tympans et les frises sont décorés en grisaille.

Bien que cette composition, en raison de sa recherche et des emprunts déguisés qu’elle semble avoir fait, au point de vue de la décoration, à l’afféterie italienne, ne soit pas entièrement à louer, il faut reconnaître cependant qu’elle ne manque point de distinction.

Nous croyons cependant devoir dire que cette façade a été construite plutôt pour servir de galerie artistique.

Les statues qui couronnent la corniche, dit M. Clovis Lamarre, sont des figures allégoriques dues à M. Baer, sculpteur autrichien. D’énormes mâts, au haut desquels flottent, d’un côté l’étendard autrichien jaune avec l’aigle noir à deux têtes, de l’autre les couleurs hongroises, horizontale, rouge, blanc et vert, se dressent aux deux extrémités, où sont également ménagés des bureaux pour chaque section.

On a placé sous les arcades des statues de plâtre bronzé ou de marbre blanc dont quelques-unes attirent l’attention. Voici l’Orfèvrerie, de Kundmann, gracieuse jeune femme contemplant une aiguière ; Beethoven, par Zumbusch, gigantesque personnification de ce grand génie musical. Les cheveux sont en désordre, le front est inspiré, l’artiste est enveloppé dans des draperies larges et bien étoffées. Albrecht Durer, le vieux maître de l’école allemande,par Schmidgruber : il est revêtu d’une vaste pelisse, aux revers de fourrure ; pensif sous ses longs cheveux, il tient une toile à la main. Au centre, trône une statue en pied de l’empereur d Autriche, au milieu d’un massif de fleurs et d’arbustes; le souverain a le type qu’on lui connaît, le front élevé, les joues garnies d’épais favoris ; il est en uniforme et a la main appuyée sur son épée ; de chaque côté, deux femmes allégoriques de Kundmann lui tendent des couronnes.

D’autres statues sont placées à droite de l’empereur, ce sont Michel-Ange Buonaroiti, par Wagner, magnifique marbre blanc qui représente l’artiste italien rêveur, le ciseau en main, et superbement enveloppé dans un manteau d'où émergent des jambes puissantes. Prométhèe, de Zumbusch, figure quelque peu tourmentée, nous montrant le demi-dieu antique sur son rocher; posté derrière lui, un vautour impitoyable allonge la tête pour lui ronger le foie. Enfin le sculpteur Lax garnit la dernière arcade avec la Science, femme-génie, ailée, tenant d’une main une couronne, de l’autre un flambeau.

Les panneaux intérieurs sont tapissés de plans d’architecture, et ornés çà et là de quelques bustes. Nous avons remarqué particulièrement le projet de concours d’un monument pour François Déak. C’est un mausolée d’un grand caractère, entouré de tor-. chères presque fantastiques : Ex tumulo vita est, comme dit la légende. L’architecte

Eméric Steindlex pose un projet de nouvel opéra pour Budapest, et la restauration du château de Vajda-IIunxad ; Louis Ranscher, l’école normale de Budapest, un café-restaurant à Zurich, et l’hôtel de ville de Grossenbain, en Saxe.

Dans les cadres de l’architecte Ray, on admire surtout le palais de l’administration des chemins de fer hongrois, et l’hôtel de ville de Kecskemet, dont la magnifique tour centrale surmonte une entrée triple et massive ; la vue d’ensemble, qui est très-belle, est égayée par une foule de groupes en costumes indigènes.

©Les Merveilles de l'Exposition de 1878