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Russie


Russie à l'exposition de Paris 1878

Toute en bois, comme les façades norvégienne et suédoise, avec des ornements excessivement et élégamment fouillés, telle se présente à nous la façade russe.

En somme, une grande originalité et par suite un grand succès de curiosité.

Longue de 40 mètres et profonde de cinq, elle reproduit exactement celle de la maison où naquit Pierre le Grand, à Kolomna, ville voisine de Moscou, et l’escalier de bois qui conduit au premier étage est emprunté au Kremlin. C’est, en un mot, le type de la maison du boyard, appelée téréma, par opposition à l’isba, demeure du paysan russe.

La construction en bois s’applique en Russie, disent MM. Lamarre et Léger, non-seulement aux villages, mais à la plupart des constructions rustiques; ainsi, sur les grandes lignes de chemins de fer, les stations sont en bois ; aux environs des grandes Villes, de ravissantes villas en bois s’élèvent au milieu des forêts ou des jardins. L’architecture du bois a acquis en Russie un Véritable style national et se prête à une décoration fort élégante ; il suffit, pour s’en convaincre, de comparer la façade russe avec les chalets suisses, dont le type bien connu manque malheureusement à l’Exposition.

M. Viollet-Leduc, dans son livre sur l’art russe, dit : « Sans parler du caractère poétique des chansons nationales en Russie, du goût si prononcé du paysan russe pour la musique, il suffit de citer la recherche particulière qui préside au décor de sa demeure, de son mobilier modeste et peu varié, de ses simples et grossiers tissus. En parcourant les villages de la Grande-Russie, on se plaît à regarder les bordures à dessins multicolores, souvent d’une légèreté charmante, qui ornent les serviettes, les nappes, les chemises et autres produits du même genre de travail rustique des villageois russes... La même ornementation caractéristique se retrouve dans les chariots, les traîneaux et les bateaux des paysans russes. Le vêtement national de l’un et l’autre sexe porte un cachet d’élégance ; les couleurs vives y dominent, sans offenser l’œil par trop de bigarrures ; simple et même grossier dans ses éléments, le costume russe présente de l’harmonie et se prête facilement, moyennant de légères modifications, aux exigences du goût le plus épuré. »

©Les Merveilles de l'Exposition de 1878