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Espagne


Espagne à l'exposition de Paris 1878

Cette façade est surtout caractéristique en ceci qu’elle rappelle que l’Espagne n’a pas, n’a jamais eu d’architecture ; elle s’est, suivant l'expression d'un critique éminent, emparée sans façon des dépouilles du vaincu, du Maure, en un mot comme en cent; à peine y a-t-elle ajouté, par ci par là, le produit d’emprunts faits, avec réserve d’ailleurs, à l’Italie et à la France. Il s’ensuit que la façade espagnole est un élégant spécimen de cette architecture mauresque, avec ses colonnettes légères supportant toute une façade, ses arcades en fer à cheval dont la monotonie est habilement rompue par les arcades ogivales des galeries intermédiaires, dont ses architectes ont emprunté avec intelligence les éléments à l’Alhambra, à l'Alcazar de Cordoue et à divers autres édifices de la même époque.

Elle peint ses maisons des plus vives couleurs, a dit Victor Hugo en parlant de Grenade. Les peintures, les gaufrures, les sculptures, les faïences qui ornent la façade espagnole donnent une idée exacte de ce qu’elle faisait de ses palais. Les architectes madrilènes n’ont rien sacrifié à la fantaisie: on leur a demandé une façade caractéristique, et ils l’ont fournie en conscience et à leur gloire, après tout.

©L'Exposition Universelle 1878