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Bazar Tunisien


Bazar Tunisien à l'exposition de Paris 1878

Nous avons déjà parlé du café tunisien et de ses virtuoses. Le pavillon qui les recèle a pour annexes d’étroites galeries où se suivent et se ressemblent de curieux étalages d’étoffes éclatantes comme on n’en fait guère qu’à Tunis, de poteries, de plateaux de cuivre, de services à café orientaux, d'aiguières, de coffrets, de candélabres-appliques en bois peinturluré, de pipes en bois et en terre, de bouquins d’ambre et de verre, de poches à tabac, de tabac, de cigarettes, de miroirs, de sébiles, de bijoux archi-faux, de babouches, etc., etc., articles de Tunis et surtout articles de Paris vendus à des prix fabuleusement élevés.

Les Arabes et les Berbères qui trônent derrière ces étalages, mêlés de quelques beaux échantillons d’un type un peu différent de la race sémitique, le type juif, pour le dire en un mot, n’ont pas tous passé la Méditerranée. Il en est probablement qui, pour venir s’installer sur les hauteurs du Trocadéro, se sont donné la peine tout au plus de passer la Seine. Mais quelle activité cela donne à cette partie de l’Exposition! Quel pittoresque ! — C’est le coin des coins.

En vérité, le voyage du Trocadéro est à entreprendre. Quiconque y renoncerait n’aurait rien fait ni rien vu. Ajoutons, pour l’édification des personnes étrangères aux mœurs des pays qui y sont représentés, qu'elles n’y seront pas plus trompées qu’elles ne le seraient dans les bazars de ces pays mêmes, étant étrangères. Nous leur donnons donc le conseil de ne se priver à aucun prix de l’objet qui pourrait les tenter.

©L'Exposition Universelle 1878